Le gouvernement éthiopien a ciblé les journalistes avant de se concentrer sur les organisations civiques


Toronto – L’Autorité éthiopienne des organisations de la société civile (ACSO) aurait suspendu deux organisations civiques de premier plan, invoquant leur implication présumée dans des activités portant atteinte à l’intérêt national et leur incapacité à maintenir la neutralité politique.
Le Centre pour l’avancement des droits et de la démocratie (CARD) et le Association pour les droits de l’homme en Éthiopie (AHRE) ne sont plus autorisés à opérer dans le pays.
CARD a confirmé la suspension et a nié s’être engagée dans des activités dépassant son mandat. Dans un communiqué publié vendredi, l’organisation a révélé avoir reçu une lettre de l’ACSO le 14 novembre. La lettre faisait état d’un « manque de neutralité politique » et accusait la CARD de mener « des activités jugées contraires aux intérêts du pays ».
Le communiqué critique également l’ACSO, affirmant qu’elle « n’a pas suivi les procédures juridiques requises, telles que la fourniture d’une notification préalable du problème ou la conduite d’une enquête transparente ».
Le Association pour les droits de l’homme en Éthiopie (AHRE) n’a pas encore commenté la suspension.
Selon un reportage de Wazema Radio, l’ACSO a envoyé des lettres distinctes aux deux organisations. Ces lettres les accusaient de graves violations de la loi, notamment de parti pris politique et d’activités jugées préjudiciables à la population et à l’intérêt national.
Wazema Radio a également indiqué que plus de deux organisations avaient été suspendues, bien que les entités supplémentaires n’aient pas été nommées.
Les critiques soutiennent que les suspensions peuvent elles-mêmes violer la loi, car l’ACSO est accusée de contourner les procédures légales décrites dans ses propres dispositions pour de telles actions.
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