Les partis d’opposition du Tigré forment un pacte pour un changement radical

Maria

Les partis d’opposition du Tigré forment un pacte pour un changement radical

Quatre partis d’opposition enregistrés dans la région éthiopienne du Tigré ont récemment dévoilé une alliance révolutionnaire visant à susciter un changement fondamental dans la région. Le « Pacte pour un changement radical » signifie l’importance d’un changement transformateur plutôt que d’une simple réforme.

La coalition comprend le Tigray Independence Party, Arena Tigray for Sovereignty and Democracy, Salsay Woyane et Tigray National Shengo, comme le rapporte DW Amharic.

Dans un communiqué de presse commun depuis Mekelle, la capitale du Tigré, ces partis ont souligné les graves crises politiques, économiques et sociales qui ravagent la région (et on peut affirmer sans se tromper que des conditions similaires existent dans le reste de l’Éthiopie). Ils ont critiqué le groupe politique actuel au pouvoir dans la région, le accusant de se livrer à des luttes de pouvoir et à des activités illicites au lieu de s’attaquer à ces questions urgentes.

Des accusations de traite d’êtres humains contre des membres de l’administration régionale du Tigré ont été soulevées par les quatre partis d’opposition constituant le « Pacte pour un changement fondamental », selon un rapport du DW Amharic.

Dejen Mezgebe, président du Parti pour l’indépendance du Tigré, a accusé les autorités du Tigré d’être impliquées dans le vol de métaux restants de guerre et d’aide alimentaire, passant désormais au trafic d’êtres humains avec les Érythréens et les jeunes de la région du Tigré.

Arena Tigray, un autre parti d’opposition de la région, a révélé dans son enquête régionale que la sécheresse et la famine s’aggravent. Amdom Gebreselassie, président d’Arena Tigray, a déclaré que les dirigeants politiques et militaires du TPLF se réunissaient depuis longtemps malgré l’escalade de la famine dans la région, selon le rapport du DW Amharic.

L’alliance souligne la nécessité d’une administration de transition globale au Tigré pour relever les défis multiformes de la région. Ils s’engagent à persister dans une lutte « légale et pacifique » pour susciter un changement significatif.

Cette évolution vers un changement radical représente une rupture avec l’histoire récente de l’Éthiopie, principalement axée sur la réforme du défunt « Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien » (EPRDF).

En 2018, Abiy Ahmed a pris ses fonctions de Premier ministre éthiopien, défendant un programme de réforme. Cependant, après cinq ans, l’instabilité politique persiste, exacerbée par des crises sécuritaires généralisées. Sur le plan économique, le coût de la vie dans le pays est devenu insupportable pour des millions de personnes et l’Éthiopie a atteint un point où elle est incapable de faire face au paiement des intérêts de la dette extérieure. Le mandat d’Abiy Ahmed a également été témoin de conflits dévastateurs dans les régions de l’Afar, de l’Amhara et du Tigré. La guerre dans la région d’Amhara se poursuit alors que le gouvernement d’Abiy Ahmed reste intransigeant pour résoudre le conflit par le dialogue.