Les entreprises publiques dépassent leurs objectifs de dividendes de quarante-six pour cent

Maria

Entreprises publiques

Les entreprises publiques du Ghana sont en passe de distribuer des dividendes nettement supérieurs aux prévisions pour 2025, ce qui marque un changement potentiel dans les performances des entités longtemps critiquées pour leurs pertes persistantes et les ponctions fiscales sur le trésor national.

Selon les données du rapport budgétaire 2026 analysées par le High Street Journal, le gouvernement a collecté 1,35 milliard de GH¢ de dividendes des entreprises d’État à la fin du mois de septembre 2025, dépassant déjà de quarante-six pour cent l’objectif pour l’ensemble de l’année de 932 millions de GH¢. À trois mois de la fin de l’exercice financier, les projections indiquent que le total des dividendes collectés pourrait atteindre 1,47 milliard de GH¢, soit cent cinquante-huit pour cent du budget initial.

Cette performance marque un changement radical par rapport aux schémas historiques où les entreprises d’État nécessitaient des plans de sauvetage répétés du gouvernement et contribuaient de manière minime aux revenus nationaux. Pendant des décennies, la plupart des entreprises publiques ont fonctionné à perte tout en accumulant des dettes substantielles qui ont fini par retomber sur les contribuables.

Le gouvernement attribue ce revirement à son programme de réinitialisation, qui met l’accent sur la discipline budgétaire et la responsabilité au sein des institutions publiques. Le président John Dramani Mahama a averti dès le début de son mandat que les entreprises publiques devaient atteindre l’efficacité et la rentabilité sous peine d’en subir les conséquences, signalant ainsi une cessation de la tolérance d’une sous-performance chronique.

L’amélioration des résultats en matière de dividendes offre au gouvernement une flexibilité budgétaire supplémentaire à un moment où la mobilisation des recettes reste essentielle pour financer les infrastructures, l’éducation et les soins de santé sans emprunts excessifs. Lorsque les entreprises publiques génèrent des bénéfices plutôt que des pertes, ces fonds sont versés au Fonds consolidé pour les services publics au lieu de s’ajouter à la dette nationale.

Le gouvernement prévoit que les dividendes et autres recettes non fiscales continueront de croître, atteignant potentiellement plus de 31 milliards de GH¢ d’ici 2029, selon les cadres budgétaires à moyen terme. Cependant, les observateurs se demandent si les performances de 2025 représentent une transformation durable ou reflètent des facteurs temporaires.

Les données historiques dressent un tableau qui donne à réfléchir à l’optimisme actuel. Le ministre des Finances, Cassiel Ato Forson, a révélé en août 2025 que seules trois entreprises publiques ont versé des dividendes en 2024, contribuant collectivement à seulement 28,7 millions de GH¢. Le rapport sur la propriété de l’État de 2024 a montré que les entreprises publiques ont enregistré une perte nette accrue de 9,67 milliards de GH¢, contre 7,14 milliards de GH¢ en 2023, malgré la croissance des revenus.

Le secteur de l’électricité est à lui seul confronté à d’énormes déficits, les dettes accumulées nécessitant un soutien important du gouvernement. Des entités telles que la Compagnie d’électricité du Ghana et le COCOBOD ont historiquement généré des pertes qui compromettent la stabilité budgétaire, selon les analystes politiques.

Les critiques, y compris les organisations de politique économique, ont toujours appelé à des réformes globales des entreprises publiques avec des plans de restructuration clairs, des calendriers et des conditions pour la poursuite du soutien budgétaire. Ils soutiennent que sans remédier aux faiblesses fondamentales de la gouvernance, l’amélioration des performances pourrait s’avérer éphémère.

La question à laquelle sont confrontés les décideurs politiques et les citoyens est de savoir si les progrès récents reflètent des changements culturels et opérationnels permanents au sein des entreprises d’État, ou s’ils résultent de facteurs ponctuels qui pourraient ne pas persister au-delà de 2025. Le gouvernement insiste sur le fait que le programme de réinitialisation donne la priorité à la transformation durable des entreprises publiques, passant du statut d’entreprises perpétuellement déficitaires à celles de contributeurs productifs au développement national.

Les défenseurs de la transparence soulignent l’importance de publier des données détaillées sur les performances des entreprises publiques, notamment sur les entités spécifiques qui ont contribué à la manne des dividendes et sur les améliorations opérationnelles qui ont stimulé la rentabilité. Une telle divulgation permettrait de faire la distinction entre le véritable succès des réformes et les ajustements comptables ou les ventes d’actifs qui génèrent des revenus temporaires sans améliorer les opérations sous-jacentes.

Alors que le Ghana cherche à maintenir la stabilité macroéconomique dans le cadre de son programme soutenu par le Fonds monétaire international, une rentabilité constante des entreprises publiques pourrait atténuer considérablement les pressions budgétaires et réduire les besoins d’emprunt. Les années à venir révéleront si 2025 marque le début d’une nouvelle ère pour les entreprises d’État ou s’il s’agit simplement d’une exception dans une longue histoire de performances décevantes.