L’Église orthodoxe éthiopienne se bat pour l’autonomie et l’identité

Maria

Ethiopian Orthodox Church

Avant hier, alors que j’étais assis à regarder la conférence de presse organisée par l’Église orthodoxe éthiopienne de Tewahedo, dirigée par Sa Grâce Abune Abraham, un profond sentiment de tristesse et de frustration m’a envahi. La gravité de la situation à laquelle est confrontée notre ancienne et vénérée église était palpable, mais remarquablement absente de la télévision nationale. Cette omission est un rappel brutal de la situation actuelle en Éthiopie, où la chaîne nationale, financée par les impôts du peuple, est apparemment devenue le porte-parole du régime d’Abiy. Pendant ce temps, des millions de personnes souffrent de famine, de guerre et d’escalade de la violence, et le coût des produits de première nécessité monte en flèche, laissant beaucoup d’entre eux incapables de se permettre ne serait-ce qu’une miche de pain. À l’opposé, la télévision éthiopienne (ETV) se préoccupait de montrer le Premier ministre Abiy Ahmed et son entourage se promenant tranquillement dans une station balnéaire, profitant du paysage, apparemment inconscients des difficultés auxquelles la nation est confrontée. Cette juxtaposition entre l’indifférence apparente du gouvernement à l’égard des luttes de l’Église et la lutte de l’Église contre ces défis n’était pas seulement décourageante mais appelait à une réflexion sur le paysage politique et social actuel de notre pays.

L’Église orthodoxe éthiopienne, pierre angulaire de l’identité nationale et phare de résilience spirituelle depuis des siècles, se retrouve dans des eaux turbulentes face aux défis posés par le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed. Cette crise a été mise en lumière lors d’une récente conférence de presse d’Abune Abraham, archevêque de l’Église orthodoxe éthiopienne de Tewahedo (EOTC) et administrateur du bureau national. Ses paroles, chargées d’émotion et d’urgence, faisaient écho à la profonde détresse ressentie par de nombreuses personnes au sein de l’Église et au-delà.

Au cœur de ce conflit se trouvent les allégations d’ingérence gouvernementale dans les affaires religieuses et administratives de l’Église. Les informations faisant état de tactiques de répression et d’intimidation contre le clergé, ainsi que de tentatives d’infiltration des rangs de l’Église avec des loyalistes du gouvernement, ont suscité de sérieuses inquiétudes parmi les fidèles. Ces actions, perçues comme des violations directes des alliances et des traditions de longue date de l’Église, représentent non seulement une atteinte religieuse mais aussi une attaque contre un élément vital du patrimoine culturel éthiopien.

L’importance historique de l’Église orthodoxe éthiopienne dans la formation de l’identité de la nation ne peut être surestimée. Ses racines s’étendent profondément dans les annales de l’histoire éthiopienne, ce qui en fait un symbole de continuité et d’endurance dans le paysage politique en évolution de la nation. Cette confrontation actuelle avec le gouvernement évoque des souvenirs de procès passés, notamment de l’époque d’Ahmad ibn Ibrahim al-Ghazi, dit Gragn Mohamed. Ses campagnes du XVIe siècle ont provoqué une dévastation généralisée, affectant gravement l’Église et ses fidèles. Aujourd’hui, beaucoup craignent la répétition d’un chapitre aussi sombre de l’histoire, où l’essence même de la spiritualité et de la culture éthiopiennes est menacée.

Malgré ces défis de taille, la réponse de l’Église orthodoxe éthiopienne a été marquée par un engagement inébranlable envers ses principes et ses traditions. Des dirigeants comme Abune Abraham sont devenus des piliers de force, ralliant les fidèles dans une position collective contre les pressions extérieures. Leur détermination témoigne de la résilience historique de l’Église, qui a survécu et prospéré à diverses époques de bouleversements politiques et sociaux.

La crise actuelle transcende la simple discorde religieuse ; c’est l’emblème d’une lutte plus large pour l’âme d’une nation. L’Église orthodoxe éthiopienne est depuis longtemps plus qu’une institution religieuse ; c’est un gardien de la culture, de la langue et de l’histoire éthiopiennes. Son rôle dans l’unification de la diversité de la société éthiopienne a été crucial. En tant que tel, le conflit avec le gouvernement ne porte pas seulement sur la défense de l’autonomie religieuse, mais également sur la préservation d’un héritage qui fait partie intégrante du mode de vie éthiopien.

Cette période tumultueuse de l’histoire de l’Éthiopie est souvent décrite comme un tunnel sombre, dont beaucoup aspirent à la lumière à son extrémité. Au milieu de l’incertitude et des conflits, l’Église, avec ses moines, son clergé et ses laïcs dévoués, reste une lueur d’espoir. Leurs prières et leur foi inébranlable sont considérées comme essentielles pour surmonter ces défis et ouvrir la voie à une nouvelle ère de paix et de stabilité.

En conclusion, la confrontation entre l’Église orthodoxe éthiopienne et le régime d’Abiy est plus qu’un conflit religieux ; c’est un moment déterminant dans l’histoire de la nation. Il symbolise une lutte pour la préservation d’un patrimoine culturel et spirituel qui constitue le fondement de l’identité éthiopienne depuis des siècles. La résilience de l’Église, incarnée par des dirigeants comme Abune Abraham, offre l’espoir d’un avenir où règnent la paix et l’harmonie, ramenant la nation sur la voie de l’unité.

(Pour toute correspondance ou demande de renseignements, l’écrivain peut être contacté à contact@togolais.info)