Le ZCTU plaide auprès du Parlement et de la Commission des droits alors que les cas de torture liés aux amendements constitutionnels s’intensifient

Maria

Le ZCTU plaide auprès du Parlement et de la Commission des droits alors que les cas de torture liés aux amendements constitutionnels s'intensifient

Le Congrès des syndicats du Zimbabwe (ZCTU) a plaidé en faveur de l’intervention de la Commission des droits de l’homme du Zimbabwe (ZHRC) et du Parlement face à l’augmentation des cas d’enlèvements et de torture ces dernières semaines.

Des rapports récents indiquent une recrudescence de la violence politique suite à la publication au Journal officiel du projet de loi d’amendement constitutionnel n° 3. Le projet de loi propose de prolonger les mandats présidentiels et législatifs de cinq à sept ans et de passer à un système d’élections parlementaires pour la présidence.

Au cours du week-end, des hommes armés masqués, apparemment accompagnés de policiers, ont pris d’assaut les bureaux de l’Assemblée constitutionnelle nationale (ANC) et agressé le chef du parti, le professeur Lovemore Madhuku, ainsi que plusieurs membres qui s’opposaient aux amendements constitutionnels.

Un certain Lazarus Chacha, membre de Defend the Constitution Platform (DCP), aurait été pris pour cible à Gokwe et contraint de se cacher à la suite d’une « chasse aux sorcières » contre les opposants au projet de loi. Plus tôt, le 17 février, un membre non identifié du Forum des défenseurs constitutionnels (CDF) aurait été enlevé et gravement torturé avant d’être abandonné dans un commissariat de police.

Les bureaux du chef du CDF, Tendai Biti, ont été encerclés par des policiers, parmi une série d’autres vagues de rapports violents.

Dans une déclaration lundi, le secrétaire général du ZCTU, Tirivanhu Marimo, a plaidé pour une intervention urgente du Parlement et du ZHRC, exprimant ses profondes inquiétudes face à la récente torture et à l’enlèvement du professeur Madhuku et d’autres membres de la NCA par des agents présumés de la sécurité de l’État.

« Les actions des agents de sécurité présumés constituent une violation directe et flagrante de la Constitution du Zimbabwe, qui est la loi suprême du pays. La Constitution du Zimbabwe garantit le respect, la protection, la promotion et la réalisation des droits et libertés énoncés dans la Déclaration des droits », a déclaré Marimo.

Il a rappelé au gouvernement que de tels événements avaient conduit à une visite au Zimbabwe de la commission d’enquête de l’Organisation internationale du travail (OIT) en 2009 concernant les violations de la liberté d’association au Zimbabwe.

« Il est profondément inquiétant que des schémas similaires apparaissent à plusieurs reprises au cours du régime actuel et continuent d’apparaître. Le Zimbabwe ne peut pas prétendre de manière plausible à des réformes tout en revenant à des méthodes qui ont été condamnées au niveau international.

« Enfin, le ZCTU exhorte le Parlement et la Commission des droits de l’homme du Zimbabwe à exercer des fonctions de surveillance et à protéger les citoyens contre la torture », a ajouté Marimo.