Le système fiscal du Ghana est confronté à une réforme urgente pour stimuler les recettes et une croissance durable

Maria

Le système fiscal du Ghana, longtemps critiqué pour son inefficacité, reste un obstacle important au développement du pays.

Malgré certains efforts de réforme du système, les progrès ont été lents et le pays continue de lutter pour générer les revenus nécessaires à la croissance nationale.

Le prochain gouvernement sera confronté au défi crucial de mettre en œuvre des changements substantiels qui élargiront l’assiette fiscale, rendront le système plus équitable et augmenteront les recettes globales.

L’un des problèmes clés est l’étroitesse du filet fiscal. Les travailleurs du secteur formel, notamment les enseignants, les infirmières et les fonctionnaires, supportent une charge fiscale disproportionnée, tandis que de nombreux travailleurs du secteur informel – comme les commerçants, les maçons et les coiffeurs – échappent complètement à l’impôt. Ce déséquilibre est évident lorsque l’on compare la charge fiscale d’un enseignant gagnant 2 500 GHS par mois à celle d’un maçon gagnant 10 000 GHS par semaine, qui ne paie souvent que peu ou pas d’impôts. Le système ne parvient pas à suivre efficacement les revenus du secteur informel, en grande partie à cause d’une mauvaise application, d’une méfiance généralisée et d’un manque de mécanismes garantissant que tous les travailleurs contribuent équitablement.

Au-delà des défis individuels, le système fiscal du Ghana est en proie à des inefficacités systémiques, notamment une corruption généralisée, une évasion fiscale et des procédures administratives obsolètes. Même si des discussions ont eu lieu sur la numérisation du processus fiscal, la mise en œuvre de ces réformes a été lente. Par conséquent, le Ghana reste trop dépendant des prêts étrangers, ce qui ne fait qu’aggraver les difficultés financières du pays. Le plan de sauvetage du FMI de 2022, par exemple, a imposé des conditions sévères qui ont encore exacerbé les conditions de vie des citoyens ordinaires. Pour se libérer de ce cycle de dépendance, le Ghana doit se tourner vers lui-même et se concentrer sur l’augmentation de la génération de revenus nationaux.

L’une des voies les plus prometteuses pour augmenter les revenus réside dans le secteur du tourisme du pays, qui contribue déjà environ 2 milliards de dollars par an. Avec les bons investissements et un marketing stratégique, le Ghana pourrait doubler ce chiffre. D’autres pays, comme le Royaume-Uni, l’Afrique du Sud, le Kenya, le Maroc et le Rwanda, ont réussi à exploiter la puissance de leurs atouts naturels et culturels pour générer des milliards de dollars de revenus touristiques. Le Ghana peut suivre ce modèle en élargissant ses programmes « Detty Décembre », qui attirent les Afro-Américains, les Britanniques et les Européens. Si le Ghana parvenait à diversifier ses événements au-delà d’Accra, à améliorer ses infrastructures et à s’associer avec des compagnies aériennes pour des forfaits de voyage à prix réduits, le pays pourrait connaître une croissance significative de ses revenus touristiques.

En outre, les monuments historiques du Ghana, tels que le château de Cape Coast, pourraient être enrichis de visites virtuelles et d’autres expériences numériques pour attirer un public mondial. La promotion de l’écotourisme, l’exploitation de la diaspora africaine et l’amélioration des stratégies de marketing pourraient conduire à une augmentation significative des revenus du secteur. Les experts estiment que les revenus du tourisme pourraient atteindre plus de 4 milliards de dollars par an, créant ainsi des milliers d’emplois et stimulant les économies locales.

Le Ghana possède également d’abondantes ressources naturelles – or, pétrole et cacao – qui restent sous-exploitées. Les contrats actuels du pays avec les sociétés multinationales ne parviennent souvent pas à garantir que le Ghana bénéficie pleinement de ses ressources. Par exemple, transformer localement le cacao en chocolat plutôt que d’exporter des fèves brutes générerait bien plus de valeur et de revenus pour le pays. Bien que ces opportunités soient bien connues, le rythme de leur mise en œuvre a été lent.

Un outil sous-utilisé pour élargir l’assiette fiscale est la Ghana Card, qui pourrait être liée aux dossiers fiscaux pour faciliter le suivi des travailleurs des secteurs formel et informel. Pour améliorer la conformité, le gouvernement pourrait simplifier les systèmes fiscaux pour les petites entreprises et les travailleurs indépendants tout en offrant des avantages tels que l’accès à des prêts ou à une assurance maladie. De plus, l’adoption de systèmes numériques pour réduire la corruption et améliorer la transparence du processus de perception des impôts est essentielle pour moderniser le système.

Pour rétablir la confiance dans le système fiscal, les citoyens doivent tirer des avantages tangibles de leurs impôts sous la forme de meilleures infrastructures publiques, telles que des routes, des écoles et des hôpitaux améliorés. Démontrer des résultats visibles encouragera le respect des règles et favorisera un plus grand sens de la responsabilité civique. Il est également crucial que le gouvernement tienne les grandes entreprises et les petits commerçants également responsables de leurs contributions fiscales, garantissant ainsi que le fardeau soit partagé équitablement au sein de la société.

En fin de compte, la réparation du système fiscal du Ghana nécessitera un leadership fort et décisif. Le gouvernement doit prendre des mesures audacieuses pour élargir le filet fiscal, améliorer la transparence et sensibiliser le public à l’importance de payer des impôts. Si ces réformes sont mises en œuvre efficacement, le Ghana peut générer les revenus nécessaires pour stimuler une croissance durable et réduire sa dépendance aux prêts étrangers.

Alors que le pays se tourne vers l’avenir, il existe une opportunité indéniable de transformer son système fiscal et de libérer tout le potentiel de son secteur touristique. Avec un leadership et un engagement adéquats, le Ghana peut tracer la voie vers l’indépendance économique et le développement durable. Le moment est venu d’agir.