Le sommet des États voisins du Soudan appelle à un cessez-le-feu immédiat et à un dialogue national

Maria

Le sommet des États voisins du Soudan appelle à un cessez-le-feu immédiat et à un dialogue national

bokena

Le sommet des dirigeants des pays voisins du Soudan – à savoir la République centrafricaine, le Tchad, l’Égypte, l’Érythrée, l’Éthiopie, la Libye et le Soudan du Sud – s’est terminé.

Il a eu lieu le 13 juillet 2023, dans la capitale égyptienne, Le Caire.

Les dirigeants ont appelé à un cessez-le-feu immédiat, à la fin de l’ingérence étrangère dans les affaires intérieures du Soudan et à un dialogue national inclusif entre les partis politiques au Soudan.

Ils ont également recommandé que le dialogue accorde la priorité aux aspirations et à la prospérité du peuple soudanais.

Le sommet a recommandé la mise en place d’un mécanisme ministériel dont la première réunion se tiendra à N’Djamena. Il est chargé d’élaborer un plan d’action visant à mettre fin aux combats au Soudan, notamment en communiquant directement avec les partis politiques au Soudan. Il est dit qu’il fonctionnera en complémentarité avec les mécanismes existants de l’UA et de l’IGAD.

L’aspect crise humanitaire du conflit est également évoqué et le sommet appelle la communauté internationale à y faire face.

Les sept pays qui ont participé au sommet ont publié une déclaration commune. Il est présenté ci-dessous :

A l’invitation de SE Abdel Fattah El-Sissi, Président de la République Arabe d’Egypte, les chefs d’Etat et de gouvernement de la République Centrafricaine, du Tchad, de l’Erythrée, de l’Ethiopie, de la Libye et du Soudan du Sud, en présence du Président du La Commission de l’Union africaine et le Secrétaire général de la Ligue des États arabes, se sont réunis au Caire le 13 juillet 2023 pour participer au « Sommet des États voisins du Soudan ». Ils ont discuté de divers aspects de la situation au Soudan et ont délibéré sur les solutions possibles pour sortir de la crise. Les dirigeants se sont mis d’accord sur ce qui suit :

Exprimant leur profonde préoccupation face aux affrontements militaires en cours et à la détérioration continue de la situation sécuritaire et humanitaire au Soudan. Les dirigeants ont appelé les parties au conflit à désamorcer la situation et à s’engager à un cessez-le-feu immédiat et durable pour mettre fin à la guerre et éviter de nouvelles pertes de vies civiles soudanaises innocentes et la destruction de biens.

Affirmant leur plein respect pour la souveraineté, l’unité et l’intégrité territoriale du Soudan. Les dirigeants ont convenu que le conflit actuel est une affaire intérieure soudanaise et ont souligné la nécessité de mettre fin à toute ingérence extérieure dans la crise. De telles ingérences prolongent le conflit et entravent les efforts visant à contenir son escalade et à parvenir à un règlement concerté qui rétablira la stabilité et la sécurité au Soudan.

Réitérant l’importance de préserver l’État soudanais et ses institutions, et d’empêcher la fragmentation du pays, ou la descente dans le chaos qui pourrait conduire à la propagation du terrorisme et du crime organisé, et d’autres impacts graves sur la sécurité nationale des États voisins et l’ensemble de la région la stabilité.

Soulignant qu’il est absolument prioritaire de formuler une approche globale pour faire face à la crise actuelle et à ses ramifications humanitaires, y compris en ce qui concerne les personnes déplacées à l’intérieur du pays et l’afflux croissant de réfugiés fuyant le conflit vers les États voisins, une situation difficile qui crée une pression croissante sur les ressources des pays voisins États. Les dirigeants ont appelé la communauté internationale et les pays donateurs à assumer leur responsabilité en respectant les promesses faites lors de « l’événement d’annonce de contributions au niveau ministériel pour soutenir la réponse humanitaire au Soudan et dans la région », auquel ont participé les États voisins du Soudan le 19 juin 2023.

Exprimant sa profonde préoccupation face à la détérioration de la situation humanitaire au Soudan et condamnant les attaques répétées contre les civils, les établissements de santé et les services publics. Les dirigeants ont également appelé la communauté internationale à intensifier ses efforts pour fournir une aide humanitaire cruciale et à remédier aux pénuries urgentes de vivres et de fournitures médicales au Soudan, afin d’atténuer les graves difficultés causées par la crise aux civils innocents.

Accepter de faciliter l’entrée de l’aide humanitaire fournie au Soudan par les territoires des États voisins, en coordination avec les agences et organisations internationales compétentes, et de promouvoir fortement l’établissement d’un passage sûr pour l’acheminement de l’aide vers les zones les plus touchées et les plus vulnérables. Dans ce contexte, les dirigeants ont exhorté les différentes parties soudanaises à fournir la protection nécessaire à l’aide et au personnel humanitaires et à faciliter leur mission d’assistance aux personnes dans le besoin.

Soulignant le besoin pressant d’une solution politique pour arrêter le conflit en cours. À cette fin, les dirigeants ont appelé à un dialogue national inclusif et global entre les parties soudanaises, donnant la priorité aux aspirations et à la prospérité du peuple soudanais à travers le rétablissement de la stabilité et de la sécurité dans le pays.

Accepter de former un mécanisme ministériel composé des ministres des Affaires étrangères des États voisins du Soudan pour coordonner les efforts communs visant à résoudre le conflit actuel. Le Mécanisme Ministériel tiendra sa première réunion à N’Djamena et sera mandaté pour prendre les mesures suivantes :

Élaborer un plan d’action comprenant des mesures pratiques pour arrêter les combats et parvenir à une solution globale à la crise grâce à une communication directe avec les différentes parties soudanaises, en complémentarité avec les mécanismes existants, y compris l’IGAD et l’UA.

Discuter des mesures nécessaires pour faire face à l’impact de la crise sur l’avenir de la stabilité, de l’unité et de l’intégrité territoriale du Soudan, ainsi que pour protéger et préserver les institutions nationales du Soudan. Le mécanisme ministériel discutera également des mesures visant à contenir les effets négatifs de la crise sur les États voisins et conviendra d’un mécanisme d’acheminement pour fournir une aide humanitaire et des secours au peuple soudanais.

Le mécanisme ministériel présentera ses recommandations au prochain sommet des États voisins du Soudan.

Source : Shabaït