Le président somalien dialogue avec le secrétaire général de l’ONU au milieu de la crise HOA

Maria

President of Somalia

Hassan Sheikh Mohamud, président de la République fédérale de Somalie, a entamé une conversation téléphonique avec le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres.

Le porte-parole des Nations Unies l’a révélé mercredi sur son site officiel.

« Le Secrétaire général s’est entretenu aujourd’hui avec Son Excellence Hassan Sheikh Mohamud, Président de la République fédérale de Somalie, à sa demande », a écrit le porte-parole.

Le président somalien a exprimé l’inquiétude de son pays concernant le protocole d’accord signé entre le gouvernement éthiopien et le gouvernement du Somaliland, annoncé le 1er janvier 2023.

M. Antonio Guterres aurait affirmé la position du Conseil de sécurité concernant la Somalie. Le porte-parole a cité ses propos selon lesquels « … le Conseil de sécurité a affirmé à plusieurs reprises son respect pour la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’unité de la Somalie ».

Cependant, le Secrétaire général l’a exhorté à éviter toute action susceptible d’aggraver davantage les tensions dans la région.

« Le Secrétaire général espère que toutes les parties s’engageront dans un dialogue pacifique et constructif et s’abstiendront de toute action susceptible d’aggraver davantage la situation », selon le communiqué du bureau du porte-parole.

Hassan Sheikh Mohamud a convoqué une réunion d’urgence du cabinet peu après l’annonce du protocole d’accord entre l’Éthiopie et le Somaliland cette année. La Somalie considère le protocole d’accord comme une violation de la souveraineté somalienne.

Cette semaine, il s’est rendu en Érythrée, où il a effectué une visite de travail de deux jours. Eritrean Press, une source d’information érythréenne, l’a cité disant qu’il avait informé le président érythréen Isaias Afeworki de la guerre menée par la Somalie contre Al-Shabaab. Il aurait également déclaré : « … Je suis également venu informer Son Excellence de la dynamique récente de la région. Notre région est une région très volatile. Je suis juste venu partager avec lui les perspectives de la Somalie sur la région. C’est donc un partage d’informations et un briefing que nous faisons fréquemment… »

Avant son voyage en Érythrée, Hassan Sheikh Mohamud aurait reçu une délégation égyptienne. Le média turc Anadolu Agency a rapporté que « Hassan Sheikh Mohamud a reçu une invitation officielle à se rendre en Égypte ».

La délégation égyptienne aurait exprimé « le soutien « inébranlable » du Caire à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la Somalie. Il y a eu des rapports dans le passé selon lesquels l’Égypte aurait déployé des efforts diplomatiques pour obtenir une base militaire en Somalie. La Turquie dispose déjà depuis plusieurs années d’une base militaire en Somalie.

L’Éthiopie et le Somaliland n’ont pas encore conclu l’accord exprimé dans le protocole d’accord, qui devrait être conclu dans un mois. Si le projet est achevé, l’Éthiopie obtiendra 20 kilomètres de terres côtières au Somaliland pour une base militaire et à des fins commerciales maritimes sur la base d’un bail de 50 ans. En échange, l’Éthiopie renoncera à une partie de ses actions dans des actifs nationaux comme Ethio-Telecom, entre autres, et reconnaîtra le Somaliland comme pays souverain. Le Somaliland existe depuis plus de trente ans en tant qu’État non reconnu. Selon des informations locales, des manifestations ont lieu dans certaines parties du Somaliland pour s’opposer à l’accord avec l’Éthiopie.

Cette évolution a provoqué des tensions sans précédent dans l’histoire récente de la région. Les craintes d’un conflit militaire grandissent alors que la Somalie semble faire l’objet d’une mobilisation politique, diplomatique et militaire. Les acteurs étatiques comme l’Égypte semblent vouloir saisir l’occasion d’engager militairement l’Éthiopie. Selon des informations non confirmées, le gouvernement éthiopien aurait déplacé des troupes le long de sa frontière avec la Somalie.

L’Éthiopie a déclaré que la réaction des différents acteurs au protocole d’accord n’était pas inattendue. Les États-Unis et l’Union européenne ont appelé à une résolution pacifique du différend entre l’Éthiopie et la Somalie.