Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, dit à son peuple d’attacher sa ceinture pour revendiquer un port sur la mer Rouge. Il a déclaré que la question de la mer Rouge est « une question d’existence ». Il a insisté sur le fait que l’Éthiopie devrait devenir propriétaire de Sea Gate de manière très pacifique et basée sur des concessions mutuelles. Cependant, il n’a pas dit un seul mot sur ce que son gouvernement ferait si sa méthode de « concessions mutuelles » pour acquérir le port ne fonctionnait pas.
Que signifie la « question de l’existence » ? Ne vivons-nous pas sans port ni porte maritime depuis plus de trois décennies ?
De nombreux Éthiopiens pensent ces jours-ci que si la « demande pressante d’une porte de la mer » n’aboutit pas par les moyens dits de « concessions mutuelles », le gouvernement sortira sûrement son sabre de son fourreau pour allumer la guerre avec l’Érythrée (à Dieu ne plaise). « Ensuite, les jeunes pauvres seront fouettés pour marcher vers la mer Rouge pour prendre le contrôle dudit port ». C’est ce à quoi nous nous attendons tous. Allez mec, arrête de rêver !
Cependant, il est très difficile d’être certain que ces pauvres Éthiopiens, privés de leur droit de vivre dans leur propre pays, iront sur le champ de bataille. Il est très naïf de la part de certaines personnes de supposer que les Éthiopiens vont scander des cris de guerre et prendre les armes contre leurs frères voisins. Parfois, nos dirigeants nous donnent du mal à nous inciter à mourir pour ceci et cela… Les nouveaux responsables envisagent de déployer les pauvres jeunes Ethiopiens pour qu’ils meurent afin qu’ils puissent rester plus longtemps sur leur trône.
Attention, ces Éthiopiens dont on a besoin pour verser leur sang sont ceux qui ont été privés de l’accès à l’université. Il s’agit probablement de ceux à qui on a interdit d’entrer à Addis-Abeba ou de ceux qui ont été déplacés de force de leurs foyers… Oui, ce sont « nous tous » qui n’avons pas été autorisés à porter notre drapeau national lors de la célébration d’événements publics…
Le Premier ministre a déclaré qu’il avait abordé le sujet du « Port » non pas en tant que représentant du peuple (député), mais en tant que celui qui aime son pays. Je ne pense pas que cet argument soit suffisamment fort pour convaincre notre peuple. Un dirigeant qui aime sa nation ne déclarera jamais une guerre ouverte à son peuple. Celui qui aime son pays ne restera pas silencieux lorsque des Ethiopiens seront massacrés par milliers et par millions dans diverses régions de leur pays. Un dirigeant qui affirme vivre dans son pays ne bombardera jamais des civils innocents, des enfants, des mères et des personnes âgées. Un dirigeant qui aime son pays ne divisera pas son peuple selon l’appartenance ethnique. Celui qui dit œuvrer au développement de sa nation ne restreindra pas la libre circulation de « son » peuple. Il ne fera pas de son ancien pays la risée…
Bien que le Premier ministre ait élaboré cet agenda du « port », il n’a donné aucune indication au peuple sur certaines questions très importantes (en fait, nous ne nous attendons pas à ce qu’il fasse cela). Pourquoi a-t-il proposé cet ordre du jour à ce moment précis ? Que signifie le « donnant-donnant » ?
Disons que l’Éthiopie prend le port. Qu’est-ce que ça donne en retour ? Y a-t-il des discussions ou des négociations entre les deux pays sur la question du « donnant-donnant » ? Si de tels pourparlers ont lieu (je ne le pense pas), quelles sont les mesures proposées par l’autre partie (érythréenne) ? Qu’est-ce que « votre gouvernement » a proposé de donner ? Vous ai-je entendu dire « Ethiopian Air Lines » ?
Vérifier






