Le Pakistan se prépare à des élections historiques à l’Assemblée nationale dans un contexte de bouleversements politiques

Maria

Le Pakistan se prépare à des élections historiques à l’Assemblée nationale dans un contexte de bouleversements politiques

Le 8 février 2024, le Pakistan s’apprête à entreprendre un voyage crucial alors que le pays se dirige vers les urnes pour les élections à l’Assemblée nationale. Avec environ 250 millions de citoyens éligibles pour voter, la formation du nouveau gouvernement est en jeu, en attendant le verdict du peuple lors de cette élection cruciale de la chambre basse du Parlement.

La Commission électorale du Pakistan (ECP) s’est préparée avec diligence pour cette occasion mémorable. Plus de 26 bulletins de vote de base ont été imprimés, garantissant que chacun des 120,8 millions d’électeurs reçoive deux bulletins de vote : un pour les candidats à l’Assemblée nationale et un autre pour les assemblées provinciales. De plus, 5 % supplémentaires des bulletins de vote ont été surimprimés par mesure de précaution contre toute circonstance imprévue, les bulletins de vote réimprimés étant déjà distribués dans tout le pays.

Cependant, le chemin menant à ces élections n’a pas été sans embûches. Des émeutes ont éclaté dans certaines régions du pays, incitant le gouvernement du Baloutchistan à interdire les réunions publiques et les rassemblements électoraux à Quetta pour des raisons de sécurité. En réponse, le gouvernement intérimaire s’est engagé à donner la priorité à la sécurité publique et est pleinement prêt à faire face à tout cas de violence qui pourrait survenir pendant le processus électoral.

Au milieu de ces défis sécuritaires, le paysage démographique de l’électorat dresse un tableau intrigant. Sur les 120,80 millions d’électeurs inscrits, environ 60,80 millions sont des hommes, tandis que les 60,00 millions restants sont des femmes. Il convient de noter qu’une partie importante de l’électorat (les deux tiers) a moins de 30 ans, ce qui met en évidence l’influence considérable de la jeunesse sur le résultat des élections.

En outre, la grande diversité parmi les candidats reflète la nature pluraliste de la scène politique pakistanaise. Plus de 5 000 candidats sont en lice pour 266 sièges, représentant un large éventail de positions idéologiques. Parmi eux se trouvent 4 806 hommes, 312 femmes et deux personnes transgenres, soulignant un engagement en faveur de l’inclusion et de la représentation au sein du processus électoral.

Alors que le Pakistan se prépare aux élections à l’Assemblée nationale prévues le 8 février, le terrain politique du pays semble semé d’embûches, reflétant un ensemble de défis et d’aspirations qui sous-tendent le processus démocratique. Les prochaines élections revêtent une immense importance, non seulement pour la trajectoire politique du pays mais aussi pour son tissu socio-économique, dans un contexte de tensions économiques et de flux politiques.

Au cœur de la compétition électorale se trouvent les principaux partis politiques du Pakistan, chacun exerçant une influence régionale ou locale substantielle tout en étant aux prises avec une myriade de questions et de programmes qui trouvent un écho auprès de leurs électeurs.

À la tête de l’échiquier politique se trouve la Ligue musulmane du Pakistan-Nawaz (PMLN), dirigée par l’énigmatique ancien Premier ministre Nawaz Sharif. Le parcours du PMLN a été caractérisé par un mélange de triomphes et de controverses, le mandat de Sharif étant marqué par des réalisations significatives éclipsées par des allégations de corruption qui ont conduit à sa destitution du pouvoir en 2017. Malgré ces revers, le PMLN, sous la direction du frère cadet de Sharif, Shehbaz Sharif reste une force redoutable dans la politique pakistanaise, bénéficiant d’un public fidèle et présentant un défi de taille à ses adversaires.

À l’opposé, le Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI), fondé par l’emblématique joueur de cricket devenu homme d’État Imran Khan, a accédé au pouvoir lors des élections de 2018, surfant sur une vague de ferveur populiste et de promesses de réformes. Cependant, le mandat de Khan a été entaché d’allégations de corruption et de problèmes de gouvernance, qui ont culminé avec son éviction sans précédent à la suite d’un vote de censure historique. Bien qu’il soit confronté à des obstacles juridiques et qu’il ait été déchu de son symbole électoral, le PTI continue de rallier des soutiens à travers le pays, soulignant sa résilience et son attrait durable.

Le Parti du peuple pakistanais (PPP), dirigé par le descendant de l’illustre dynastie Bhutto, Bilawal Bhutto Zardari, cherche à reconquérir sa domination d’antan, soutenu par son riche héritage et son engagement en faveur des idéaux progressistes. Avec ses racines remontant à l’héritage indomptable de Zulfikar Ali Bhutto et Benazir Bhutto, le PPP s’efforce de trouver un écho auprès des électeurs de tout le Pakistan, annonçant une résurgence de sa fortune politique.

Les dynamiques régionales façonnent davantage le paysage électoral, avec des partis comme le Parti national Awami (ANP) et le Jamaat-e-Islami (JI) affirmant leur influence dans leurs bastions respectifs. Alors que l’ANP défend la cause du nationalisme pachtoune et du progressisme dans le Khyber Pakhtunkhwa, le JI épouse les principes religieux conservateurs, bien qu’avec des degrés variables de succès électoral.

Le Jamiat-e-Ulema Islam (JUI-F), dirigé par Fazal-ur-Rehman, et le parti Pakhtunkhwa Milli Awami (PKMAP) s’efforcent de regagner le terrain perdu et d’affirmer leur influence dans leurs régions respectives, reflétant la complexité de la politique régionale. Au Pakistan.

Au Baloutchistan, le paysage politique est façonné par des partis comme le Parti Baloutchistan Awami (BAP), qui naviguent dans l’équilibre délicat des affiliations et alliances tribales tout en s’efforçant de relever les défis socio-économiques de la région. Pendant ce temps, des partis comme le Parti des travailleurs Awami (AWP) et le Parti Istehkam-e-Pakistan (IPP) proposent des récits alternatifs, prônant respectivement les idéologies de gauche et la modération.

L’émergence de nouveaux venus comme le parti Haqq-e-Khalq (HKP) ajoute une nouvelle dimension à la bataille électorale, signalant un appétit croissant pour diverses voix politiques et idéologies.

Au milieu de cette mosaïque politique dynamique, les candidats indépendants se battent également pour le succès électoral, incarnant un large éventail d’horizons et d’aspirations, avec le potentiel d’influencer le résultat des élections et de façonner la composition de l’Assemblée nationale.

Alors que le Pakistan est à l’aube d’une nouvelle étape électorale, les espoirs sont grands d’une résurgence de la démocratie, malgré les défis économiques et les incertitudes politiques actuels. Les élections du 8 février promettent de tracer une nouvelle voie pour la nation, alors qu’elle affronte les complexités de la gouvernance et s’efforce d’avancer vers un avenir meilleur. Dans les jours à venir, alors que le verdict des élections sera dévoilé, le Pakistan attend avec impatience, anticipant l’aube d’une nouvelle ère dans son parcours démocratique.

Biographie de l’auteur : Tajul Islam, journaliste principal et correspondant spécial du Weekly Blitz, écrit sur un large éventail de questions dans les médias locaux et internationaux. Suivez-le sur X @tajulraj1