Le gouvernement d’Abiy Ahmed aurait arrêté des réfugiés érythréens

Maria

Eritrean refugees in Ethiopia

Les Érythréens en Éthiopie feraient l’objet d’arrestations arbitraires. Les organisations de défense des droits de l’homme ont confirmé qu’elles recevaient des plaintes concernant les arrestations arbitraires d’Érythréens.

Dans un rapport publié mardi, Ethio FM a cité plusieurs organisations de défense des droits humains déclarant avoir reçu ces plaintes.

Mebrih Berhane, juriste et directeur adjoint de Human Rights First Ethiopie, a informé la source d’information que des réfugiés érythréens en Ethiopie se rendent au bureau pour signaler des arrestations illégales et arbitraires, apparemment fondées sur des motifs présumés de « présence illégale ».

Comme le rapporte Ethio FM, Mebrih estime que le problème pourrait être lié à la fin de l’Administration du Service des Affaires des Réfugiés et des Retournés. La destruction et la fermeture de quatre camps de réfugiés érythréens dans la région du Tigré en Éthiopie en raison du conflit entre le gouvernement fédéral et l’administration d’Abiy Ahmed pourraient être une autre raison possible, selon Mebrih. Les rapports indiquaient qu’il y avait plus de 100 000 réfugiés érythréens dans ces camps avant la guerre.

Le système d’enregistrement des réfugiés n’est plus disponible et les Érythréens pourraient avoir été contraints de rester dans le pays sans « autorisation », a-t-on noté. Mebrih a souligné que les droits des réfugiés à vivre en Éthiopie en tant que réfugiés doivent être respectés et que ceux qui sont arrêtés doivent être libérés ou obligés de comparaître devant le tribunal.

La Commission éthiopienne des droits de l’homme a confirmé qu’elle recevait des plaintes répétées. Cependant, Engudai Meskele, directrice de la Division des droits des réfugiés et des personnes déplacées localement, a mentionné qu’une enquête est en cours et qu’elle n’a pas d’informations complètes à divulguer. Elle a ajouté que les conclusions de l’enquête seraient bientôt publiées.

Certains suggèrent que le harcèlement des réfugiés érythréens, dont beaucoup résident désormais dans la capitale Addis-Abeba, est politiquement motivé à la suite des retombées entre le gouvernement érythréen et l’administration du Premier ministre Abiy Ahmed. Les tensions entre les deux pays se sont intensifiées après des mois de rumeurs suite à l’accord de Pretoria entre le gouvernement d’Abiy Ahmed et le Front populaire de libération du Tigré (TPLF). La fracture est apparue au grand jour lorsqu’Abiy Ahmed a revendiqué l’autorité sur la mer Rouge en novembre 2024.

Outre les Érythréens, l’administration d’Abiy Ahmed a récemment arrêté plus de 7 000 Éthiopiens dans la capitale Addis-Abeba.

Dans le même temps, le service éthiopien de l’immigration et de la citoyenneté a annoncé mercredi qu’il appelait les étrangers vivant illégalement en Éthiopie à s’enregistrer avant le 8 février de cette année. Ethio FM 108 a cité Mastewal Geda, directeur de la communication, disant que ceux dont les visas ou les permis de séjour ont expiré, ainsi que ceux qui travaillent dans le pays sans enregistrement approprié, sont tenus de le faire. Le processus d’inscription est prévu pour avoir lieu au siège social.