Par Ztruth
Introduction
Les organisations de défense des droits humains, notamment Amnesty International, Human Rights Watch et des organismes internationaux comme les Nations Unies, prétendent défendre la justice, l’impartialité et la protection des opprimés. Pourtant, lorsqu’il s’agit du génocide du peuple Amhara en Éthiopie – l’une des persécutions ethniques les plus flagrantes et les plus prolongées de l’ère moderne – leur réponse a été étonnamment discrète. Cette divergence flagrante dans l’attention et l’action mondiales – surtout lorsqu’on la compare à la mobilisation autour de la guerre en Ukraine et du conflit de Gaza – révèle un double standard inconfortable et dangereux dans l’approche de la communauté internationale en matière de droits de l’homme.
Le génocide non reconnu du peuple Amhara
Depuis plus de trois décennies, la communauté Amhara en Éthiopie a été systématiquement ciblée, persécutée et décimée. Entre 1991 et 2007, plus de 2,4 millions d’Amharas ont disparu, leur sort étant largement ignoré par les organisations internationales. Au cours des six dernières années, le génocide a atteint des niveaux encore plus catastrophiques, avec plus d’un million d’Amharas tués et d’innombrables autres victimes d’atrocités indescriptibles.
• Attaques ciblées de drones et d’artillerie: Des zones civiles, des écoles, des hôpitaux et des maisons ont été bombardées dans un effort délibéré visant à détruire la communauté Amhara. Ces frappes ne sont pas des dommages collatéraux : elles font partie d’une stratégie calculée d’extermination.
• Déplacement massif: Plus de 3,5 millions d’Amharas ont été déplacés d’Oromia par les forces gouvernementales et le Parti de la prospérité Oromo, et 500 000 autres personnes ont été déplacées d’Addis-Abeba et des régions environnantes. Leurs maisons ont été démolies et leurs propriétés pillées.
• Destruction des moyens de subsistance: Les agriculteurs ont vu leurs récoltes brûlées, leur bétail abattu et leurs maisons rasées. Les dégâts causés au secteur agricole ne sont pas seulement une crise humanitaire ; c’est une attaque existentielle contre la survie de la communauté Amhara.
• Aide humanitaire refusée: Malgré l’ampleur des dégâts, l’aide humanitaire aux régions d’Amhara reste insuffisante, mal coordonnée et retardée. Il n’y a aucune précipitation pour fournir de l’aide, aucun effort international coordonné pour soulager leurs souffrances.


Les chiffres sont stupéfiants. Pourtant, l’absence de réponse internationale a été choquante. Comment est-il possible qu’une telle ampleur de souffrance soit passée pratiquement inaperçue auprès de la communauté mondiale, surtout si on la compare à d’autres crises en cours ?
Un double standard : pourquoi l’Ukraine et Gaza, mais pas l’Amhara ?
Le contraste entre l’attention accordée à l’Ukraine et à Gaza et le silence flagrant sur le génocide d’Amhara ne pourrait être plus frappant. La guerre en Ukraine a dominé l’actualité internationale depuis son début, les dirigeants du monde se précipitant pour fournir de l’aide, imposer des sanctions et envoyer un soutien militaire. Le conflit de Gaza fait également l’objet d’une vague de plaidoyer et d’interventions humanitaires, avec d’innombrables manifestations mondiales appelant à mettre fin aux souffrances des Palestiniens.
Mais qu’en est-il du génocide d’Amhara ?
1. Biais des médias et du plaidoyer: Les médias et les organisations de défense des droits de l’homme ont consacré une large couverture aux conflits qui correspondent à des intérêts géopolitiques plus larges ou qui reçoivent un large soutien du public. L’importance géopolitique de l’Ukraine pour l’Occident et le soutien international à Gaza ont placé ces crises au cœur du discours mondial. Pendant ce temps, le génocide du peuple Amhara – malgré son ampleur et sa brutalité – reste largement invisible, avec peu ou pas de couverture dans les médias internationaux.
2. Aide humanitaire: L’aide internationale afflue en Ukraine et à Gaza, les gouvernements et les organisations humanitaires se démenant pour fournir des fournitures, des soins médicaux et un soutien financier. En revanche, les régions d’Amhara se voient refuser une telle intervention urgente. Même lorsque l’aide est envoyée, elle est souvent retardée, inadéquate ou détournée des populations les plus touchées, laissant des millions de personnes sans l’aide dont elles ont désespérément besoin.
3. Favorisisme géopolitique: L’Éthiopie est un partenaire clé pour les puissances mondiales, en particulier dans la Corne de l’Afrique, ce qui aboutit souvent à des calculs politiques qui l’emportent sur les considérations liées aux droits de l’homme. La réticence à demander des comptes aux autorités éthiopiennes pour le génocide reflète un intérêt géopolitique plus large à maintenir la stabilité dans la région, même au détriment de milliers de vies innocentes.
4. L’ONU et l’inaction internationale: Même si les Nations Unies ont imposé des sanctions à la Russie et abordé la situation à Gaza par des résolutions, elles ont été visiblement
silencieux sur le génocide en cours en Éthiopie. L’incapacité de l’ONU à intervenir, à demander des comptes à l’Éthiopie ou même à émettre des déclarations fermes sur la crise d’Amhara est emblématique d’un échec systémique plus profond de la gouvernance mondiale : un échec à donner la priorité aux droits humains lorsque les intérêts des États puissants sont en jeu.
Pourquoi la communauté internationale ignore-t-elle la crise d’Amhara ?
L’inaction des organisations de défense des droits de l’homme et des organismes mondiaux peut se résumer à deux raisons principales :
1. Intérêts politiques et économiques: L’Éthiopie, en tant qu’acteur clé de la géopolitique africaine, joue un rôle essentiel dans la lutte mondiale contre le terrorisme, le contrôle des migrations et la stabilité régionale. Cette importance stratégique a protégé son gouvernement de tout contrôle international, alors même qu’il commet un génocide contre son propre peuple.
2. Biais ethniques et régionaux: Le génocide d’Amhara ne s’inscrit pas parfaitement dans le récit mondial qui motive souvent les réponses internationales. Cela n’implique pas de puissances étrangères et ne correspond pas non plus aux intérêts politiques des grands pays occidentaux. Ce manque d’alignement a permis aux organismes internationaux de négliger les souffrances du peuple Amhara, perpétuant ainsi un cycle de négligence.
Un appel à une action mondiale : les vies d’Amhara comptent aussi
Le moment est venu pour la communauté internationale de faire face à son hypocrisie et d’agir au nom du peuple Amhara avec la même urgence et la même passion dont elle a fait preuve pour l’Ukraine et Gaza. Le génocide qui se déroule en Éthiopie n’est pas moins horrible, non moins digne d’attention et mérite non moins une intervention.
Le génocide d’Amhara n’est pas un problème « local » ou « isolé » : c’est une crise mondiale des droits humains qui exige une action immédiate :
1. Aide humanitaire immédiate: Les organisations internationales doivent fournir une aide humanitaire rapide et directe aux régions d’Amhara, en veillant à ce qu’elle atteigne les personnes les plus touchées par la violence, les déplacements et la destruction.
2. Responsabilité des auteurs: Il doit y avoir une pression mondiale pour tenir le gouvernement éthiopien et ses affiliés responsables du génocide. Des tribunaux pour crimes de guerre doivent être créés pour enquêter et poursuivre en justice les responsables d’attaques contre des civils et de perpétuation de ce cycle de violence.
3. Plaidoyer international et couverture médiatique: Les médias mondiaux doivent accorder au génocide d’Amhara l’attention qu’il mérite. Les organisations de défense des droits humains devraient amplifier la voix des victimes d’Amhara et veiller à ce que leurs souffrances ne soient pas enfouies sous le poids des préoccupations géopolitiques.
4. Mettre fin à l’apathie géopolitique: Les gouvernements du monde entier doivent abandonner le double standard et donner la priorité à la protection des droits de l’homme plutôt qu’aux intérêts politiques et économiques. Cela nécessite un changement fondamental dans la manière dont les organisations internationales abordent les questions de droits de l’homme à l’échelle mondiale.
Conclusion : la justice pour les Amhara est attendue depuis longtemps
Le génocide du peuple Amhara en Éthiopie est un exemple clair de la façon dont la communauté internationale choisit de manière sélective le moment où elle doit agir sur les questions liées aux droits de l’homme. Alors que le monde se mobilise pour soutenir l’Ukraine et Gaza, nous ne pouvons ignorer les souffrances de millions de personnes en Éthiopie. Le peuple Amhara, comme tous les autres, mérite justice, aide humanitaire et la fin de ses persécutions.
Ne pas agir n’est pas seulement une abdication de la responsabilité morale : c’est une trahison des principes mêmes que les organisations de défense des droits humains et la communauté mondiale prétendent défendre. Le monde doit prendre conscience de la crise en Éthiopie, amplifier la voix des Amhara et prendre des mesures pour mettre fin à ce génocide en cours avant qu’il ne soit trop tard.
Le moment est venu d’agir. Le monde ne peut pas se permettre un autre génocide oublié.
Note de l’éditeur : les opinions exprimées dans l’article ne reflètent pas nécessairement celles de Togolais.info
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