Le Road Accident Fund (RAF) a confirmé que les victimes et les familles touchées par la catastrophe du bus du Limpopo qui a tué et blessé des dizaines de ressortissants zimbabwéens et malawiens ont le droit de déposer une demande d’indemnisation – mais il existe un obstacle juridique qui pourrait déterminer qui sera réellement payé.
En réponse à l’IOL, la RAF a déclaré que même si toutes les victimes du tragique accident des autocars de la DNC près de Makhado ont le droit de demander une indemnisation en vertu de la loi sur le fonds des accidents de la route, tout dédommagement potentiel dépendra du résultat des enquêtes et du statut juridique de chaque demandeur en Afrique du Sud.
« Les victimes et/ou les familles de l’accident de bus de la semaine dernière dans le Limpopo ont le droit de déposer une réclamation conformément à la loi sur le fonds des accidents de la route, (mais) chaque réclamation devra toujours être évaluée selon son propre mérite », a déclaré la RAF à IOL.
« Il n’est pas exact que la RAF soit responsable de tout ou partie des accidents. Avant que la RAF puisse être responsable, il doit être établi que l’accident a été causé de manière illicite. »
Un accident mortel fait des dizaines de morts et de blessés
Le bus, qui reliait Gqeberha (Port Elizabeth) à Harare, a plongé d’un talus près de Makhado (Louis Trichardt) le 12 octobre, tuant plus de 40 personnes et laissant de nombreux passagers grièvement blessés.
Le véhicule était autorisé à transporter 61 passagers, mais les enquêteurs de la Road Traffic Management Corporation (RTMC) ont découvert qu’il transportait plus de 90 personnes, pour la plupart des Zimbabwéens et des Malawiens rentrant chez eux.
Le gouvernement zimbabwéen est depuis intervenu pour aider ses citoyens – en s’engageant à rapatrier les restes des personnes décédées, à couvrir les frais d’hospitalisation des blessés et à se coordonner avec les autorités sud-africaines. Les autorités malawites mènent des efforts similaires pour identifier et aider leurs ressortissants.
RAF : Responsabilité non automatique
L’intervention de la RAF intervient au milieu de spéculations publiques selon lesquelles le fonds serait automatiquement tenu d’indemniser les ressortissants étrangers blessés ou tués sur les routes sud-africaines.
Cependant, la déclaration de l’agence indique clairement que la responsabilité doit d’abord être établie en vertu de l’article 3 de la loi RAF, qui stipule qu’une indemnisation ne peut être versée que pour « la perte ou les dommages causés injustement par la conduite d’un véhicule à moteur ».
Cela signifie que chaque réclamation devra faire l’objet d’une enquête individuelle – notamment qui était en faute, si le conducteur ou la compagnie de bus a été négligent et si le véhicule était légalement en état de rouler.
« En attendant que les réclamations soient déposées auprès de la RAF, nous implorons toutes les personnes concernées de permettre aux autorités compétentes de conclure leurs enquêtes avant que des déclarations ne soient faites sur la responsabilité de la RAF », a déclaré le Fonds à IOL.
La loi sur l’immigration complique les demandes étrangères
La RAF a également introduit une réserve juridique cruciale qui pourrait empêcher certaines victimes – en particulier celles sans papiers valides – de recevoir une indemnisation.
« La RAF, en tant qu’organe d’État, est tenue de se conformer à l’article 42 de la loi sur l’immigration, qui interdit la complicité des étrangers en situation irrégulière », a indiqué le Fonds.
« Lorsque la responsabilité de la RAF est établie, le paiement d’une indemnisation ne doit contrevenir à aucune autre loi telle que la loi sur l’immigration. »
En pratique, cela signifie que même si les ressortissants étrangers ne sont pas exclus du dépôt de plaintes, les migrants sans papiers peuvent se heurter à des obstacles juridiques si leur indemnisation est considérée comme « aidant ou encourageant » une présence illégale dans le pays.
Les experts juridiques affirment que cette clause pourrait devenir un point chaud dans les semaines à venir, alors que les avocats des victimes vérifient si la RAF peut légalement retenir les paiements en fonction du statut d’immigration.
La RAF exprime sa sympathie et promet son aide
Malgré sa prudence juridique, la RAF a présenté ses condoléances aux personnes touchées, affirmant qu’elle « sympathise avec les familles des personnes blessées et décédées dans l’accident » et s’engage à les soutenir tout au long du processus de réclamation.
L’agence a exhorté les survivants et les familles à prendre contact via son centre d’appels (087 820 1111), la ligne WhatsApp (071 605 4707) ou par e-mail. contactcentre@raf.co.za.
Questions plus larges sur les droits des ressortissants étrangers
La tragédie du Limpopo a relancé le débat sur les droits des ressortissants étrangers en Afrique du Sud, notamment en ce qui concerne l’accès aux fonds publics d’indemnisation.
Les groupes anti-immigration ont critiqué l’idée selon laquelle les contribuables sud-africains indemniseraient les non-citoyens, tandis que les défenseurs des droits soutiennent que le mandat de la RAF s’applique à toutes les personnes blessées ou tuées sur les routes sud-africaines, quelle que soit leur nationalité.
L’issue de l’affaire Limpopo pourrait créer un précédent juridique et moral important, mettant à l’épreuve l’intersection du droit de l’immigration, des droits de l’homme et de l’indemnisation publique.
Enquêtes en cours
Les autorités de la Road Traffic Management Corporation et du département des transports du Limpopo poursuivent leur enquête sur l’accident. Les premières conclusions indiquent que la vitesse excessive, la surcharge et le mauvais entretien des véhicules sont probablement des facteurs contributifs.
Pour l’instant, il est conseillé aux survivants et aux familles de rassembler des documents d’identité, des dossiers médicaux et des rapports d’accident pour préparer leurs réclamations – un processus qui pourrait prendre des mois.






