LE Mouvement constitutionnel du Zimbabwe (ZICOMO), l’une des organisations luttant contre les tentatives du président Emmerson Mnangagwa de conserver le pouvoir au-delà de ses deux mandats constitutionnels, l’a accusé d’essayer d’acheter la loyauté des législateurs.
La déclaration de ZICOMO fait suite à un don de 3,6 millions de dollars américains aux 360 députés et sénateurs par le magnat Wicknell Chivayo.
Chivayo, qui a annoncé que le don était destiné au développement communautaire et à l’achèvement de projets bloqués, aurait suivi les ordres de Mnangagwa dans le cadre d’une stratégie visant à garantir la loyauté des députés si le projet de loi d’amendement constitutionnel numéro 3 (CAB3) devait passer par les deux chambres.
« ZICOMO condamne avec véhémence la récente Notice sur l’indépendance qui a émergé d’une publication troublante sur les réseaux sociaux de Chivayo, un entrepreneur connu et allié de Mnangagwa », peut-on lire dans son communiqué.
« L’annonce par Chivayo d’un soi-disant « don » de 10 000 dollars américains à chacun des 360 parlementaires et sénateurs n’est pas un acte de générosité ; il s’agit d’une stratégie délibérée et bien calculée orchestrée par Mnangagwa par l’intermédiaire de ses mandataires, visant carrément à acheter la loyauté des législateurs.
« Cette manipulation arrive à un moment critique alors que le projet de loi d’amendement constitutionnel n° 3 est sur le point d’être présenté au Parlement, au milieu des conclusions controversées des consultations publiques.
« Ce soi-disant don illustre de manière frappante la corruption et la mauvaise gouvernance endémiques qui affligent l’administration actuelle. »
Le CAB3 modifiera le deuxième mandat de Mnangagwa et lui accordera deux années supplémentaires au pouvoir.

Outre la prolongation du mandat de Mnangagwa, cela modifiera également la manière dont le président est élu. Les Zimbabwéens ordinaires ne pourront plus voter pour le président alors que les parlementaires auront tous pouvoirs pour le faire, une situation qui a été critiquée par de nombreuses organisations de la société civile (OSC), des personnalités politiques de l’opposition et des membres de la diaspora qui estiment que cela les priverait de leurs droits.
ZICOMO ajoute : « Cet argent n’est pas une caisse noire personnelle ; c’est de l’argent public confié au gouvernement pour le bon fonctionnement de la société.
« Cette utilisation abusive flagrante des fonds des contribuables équivaut à de la corruption et porte gravement atteinte aux fondements éthiques de la gouvernance, érodant la confiance des électeurs. En tant que citoyens engagés du Zimbabwe, nous appelons nos honorables députés à préserver leur intégrité et à rester fidèles à leurs promesses envers leurs électeurs.
« En outre, les tactiques honteuses consistant à recourir à des incitations financières et à des cadeaux somptueux, notamment des véhicules, pour s’assurer la loyauté dans une quête malavisée de dynasties politiques sont fondamentalement erronées.
« L’histoire nous enseigne que la richesse et le pouvoir ne peuvent pas supprimer la volonté de liberté, comme Ian Smith l’a appris lorsqu’il a finalement été vaincu par des combattants acharnés de la liberté. »







