L’ancien ministre d’État éthiopien Taye Dendea enlevé à la porte de la prison après sa libération

Maria

Taye Dendea a été arrêté quelques jours après que le ministre éthiopien l’a destitué du pouvoir en décembre 2023.

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Taye Dendéa (Photo : SM /file)

Toronto – Taye Dendea, ancien ministre d’État chargé de la Paix, aurait été enlevé par des individus armés portant des masques alors qu’il sortait de la prison. Sa libération, accordée par un tribunal fédéral en début de semaine contre une caution de 20 000 birrs éthiopiens, prend désormais une tournure inquiétante.

Taye a été arrêté en décembre 2023 sur la base d’allégations de complot de coup d’État, quelques jours seulement après avoir publiquement critiqué le Premier ministre Abiy Ahmed. Dans son discours, il a décrit le Premier ministre comme « un homme impitoyable qui joue avec le sang des innocents ». Ajoutant à la controverse entourant sa détention, quelques jours après son arrestation, la famille de Taye a été expulsée des logements gouvernementaux, suscitant des inquiétudes quant à des représailles ciblées.

Le moment de la libération de Taye et de son enlèvement est particulièrement frappant, puisqu’il s’est produit juste un jour après que l’État régional d’Oromia a annoncé un « accord de paix » avec Jal Segni, un haut commandant de l’Armée de libération Oromo (OLA). Cependant, l’accord a été qualifié de farce par une autre faction de l’OLA.

Le gouvernement éthiopien n’a pas encore commenté la disparition de Taye. Au moment de la rédaction de cet article, on ignore où il se trouve.

Parallèlement, les critiques de l’administration ont intensifié leur surveillance du Premier ministre Abiy Ahmed, dont le gouvernement a souvent été qualifié de « gouvernement Oromo » par certains hauts responsables. Cette caractérisation a été rejetée avec véhémence par une faction de l’OLA cette semaine.

Taye Dendea, un nationaliste d’origine oromo, était autrefois un ardent défenseur du gouvernement d’Abiy Ahmed, mais il s’est de plus en plus opposé à sa politique ces dernières années. Son enlèvement présumé a suscité une inquiétude généralisée parmi les Éthiopiens sur les réseaux sociaux, beaucoup craignant qu’il ne subisse le même sort que Bete Urgessa, un éminent nationaliste oromo qui aurait été assassiné dans des circonstances suspectes.

Cette affaire met en lumière les risques auxquels sont confrontés les dissidents politiques en Éthiopie

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