Selon le CREA, 6 200 des décès supplémentaires seraient dus à une exposition aux particules, 3 500 à une exposition au dioxyde d’azote et 5 700 à une exposition au dioxyde de soufre.
Pollution et changement climatique. Photo : Pixabay.com
JOHANNESBOURG — Plus de 15 000 personnes pourraient mourir d’ici 2050 à cause de conditions liées à la pollution atmosphérique si l’Afrique du Sud, dépendante du charbon, retarde le déclassement de ses centrales électriques au-delà de 2030, a déclaré mardi un groupe de réflexion.
Une nouvelle étude réalisée par une organisation à but non lucratif basée à Helsinki, le Centre de recherche sur l’énergie et l’air pur (CREA), a révélé que retarder le démantèlement des centrales électriques au charbon d’Afrique du Sud au-delà de 2030 « entraînerait un excès de 15 300 décès liés à la pollution atmosphérique » entre 2023 et 2050.
Ce retard pourrait également coûter plus de 18 milliards de dollars à l’économie du pays.
Plus tôt cette année, le ministre de l’électricité du pays, Kgosientsho Ramokgopa, a annoncé son intention de reprogrammer le déclassement de certaines centrales électriques du pays et a suggéré d’en remettre d’autres.
« Les émissions de polluants atmosphériques dues à l’exploitation prolongée des centrales auraient un impact majeur sur la santé publique en Afrique du Sud », a indiqué le centre de recherche dans l’étude.
Selon le CREA, 6 200 des décès supplémentaires seraient dus à une exposition aux particules, 3 500 à une exposition au dioxyde d’azote et 5 700 à une exposition au dioxyde de soufre.
Certaines des maladies dont pourraient souffrir les personnes exposées comprennent l’asthme, les bébés prématurés et présentant une insuffisance pondérale, la dépression, la pneumonie, la bronchite et la démence, a indiqué l’ONG.
Actuellement, une seule des centrales électriques du poids lourd africain a été mise hors service. Même si elle n’est pas encore complètement déclassée, sa fermeture a permis d’éviter 220 décès, selon l’étude.
L’Afrique du Sud reste l’un des 12 plus grands pollueurs au monde et le septième producteur de charbon.
« L’Afrique du Sud compte un certain nombre de points chauds de pollution atmosphérique où la qualité de l’air ne répond pas aux normes nationales de qualité de l’air, sans parler des directives sanitaires de l’OMS », indique-t-il.
Le charbon est le fondement de l’économie sud-africaine, employant près de 100 000 personnes et représentant 80 % de la production d’électricité.
Mais le pays est confronté à une crise électrique avec des coupures programmées qui durent jusqu’à 12 heures par jour, ce qui a déclenché un nouveau débat sur la transition vers une énergie plus propre.
La transition a été entravée par des luttes intestines au sein du gouvernement, qui bénéficie depuis longtemps du soutien des syndicats représentant les travailleurs des mines.
En juin, le ministre de l’Energie Gwede Mantashe, qui a par le passé exprimé ouvertement son soutien au lobby du charbon, a été accusé d’avoir snobé un accord d’un milliard de dollars sur l’hydrogène vert lancé en partenariat avec les Pays-Bas et le Danemark.
« Le déclassement rapide des centrales électriques au charbon vieillissantes réduirait les coûts totaux d’exploitation et de maintenance », a déclaré l’ACI.






