

Toronto – Le ministère somalien des Affaires étrangères a publié vendredi une déclaration concernant la visite de la ministre éthiopienne de la Défense, Aisha Mohammed, à Mogadiscio.
Le ministère a décrit la visite comme « une partie des efforts continus visant à s’appuyer sur les progrès réalisés depuis la signature de la Déclaration d’Ankara le 11 décembre 2024 ». Le ministre éthiopien de la Défense était accompagné, entre autres, du ministre d’État aux Affaires étrangères, Mesganu Arega. Les questions clés lors de la rencontre entre la délégation éthiopienne et le ministre somalien de la Défense étaient : « la stabilité régionale, la finalisation de la composition de la mission AUSSOM et le renforcement des liens bilatéraux », selon le ministère.
La semaine dernière, Ali Omar, ministre d’État somalien chargé des Affaires étrangères, a dirigé une délégation à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, pour suivre la décélération d’Ankara visant à normaliser les relations entre les deux pays. À l’époque, la Somalie avait affirmé que les forces de défense éthiopiennes avaient attaqué les forces somaliennes à Doolow, ce que l’Éthiopie a démenti.
La visite du ministre éthiopien de la Défense en Somalie intervient au moment où Mogadiscio finalise la composition de la mission AUSSOM. L’Éthiopie – un pays qui a joué un rôle important dans la mission de maintien de la paix de l’Union africaine en Somalie – aurait demandé à faire partie de la nouvelle mission de l’UA, AUSSOM.
Selon une mise à jour du ministère éthiopien des Affaires étrangères, lors de la discussion avec son homologue somalienne, Aisha Mohammed « a souligné l’engagement de l’Éthiopie à contribuer à la paix et à la stabilité en Somalie ». L’Éthiopie considère la lutte contre le terrorisme et la garantie de la paix dans la région comme des domaines clés de coopération.
Le communiqué du ministère somalien des Affaires étrangères ne précise pas si l’Éthiopie fait partie de la nouvelle mission de maintien de la paix. Ce qu’il dit, c’est que la Somalie « a exprimé sa volonté d’examiner la demande de l’Éthiopie de fournir des forces à la mission AUSSOM ». Le ministère a également annoncé que la Somalie était en train de finaliser la composition de la mission AUSSOM à travers « des engagements bilatéraux et multilatéraux ».
En termes d’accord bilatéral, la Somalie a signé un accord de défense avec l’Égypte en août 2024. Le gouvernement du président Abdel Fattah El-Sisi envoie 10 000 soldats en Somalie dans le cadre d’une combinaison d’accords multilatéraux et bilatéraux. Cependant, la présence militaire égyptienne n’est pas bien accueillie par certains États régionaux du gouvernement fédéral somalien. Le Puntland et le Jubaland s’y sont farouchement opposés. L’Éthiopie, pour sa part, a déclaré que la présence des troupes égyptiennes en Somalie constitue un problème de sécurité nationale.
L’Éthiopie et la Somalie s’efforcent de rétablir la confiance. Et la Somalie « estime que les principes énoncés dans la décélération [Ankara Declaration] fournir une base solide pour rétablir la confiance et favoriser une coopération positive qui sert les intérêts communs. Reste à savoir si cet effort pourrait prendre racine à la lumière de l’engagement du gouvernement fédéral somalien à inclure l’Égypte dans la mission AUSSOM, que l’Éthiopie considère comme une menace pour la sécurité nationale.
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