La déclaration rhétorique d’Abiy « Pas dans un million d’années » fait référence aux interactions entre le Premier ministre et le célèbre journaliste et influenceur éthiopien Abebe Gelaw. La référence est une déclaration catégorique attribuée à Abiy Ahmed selon laquelle l’Amhara ne gouvernera pas l’Éthiopie dans un « million d’années ».
À ma connaissance, Amhara n’a jamais revendiqué le droit et le privilège spécial de diriger l’Éthiopie pendant un « million d’années ». Lutter pour la justice et l’État de droit, rester ferme en faveur d’une égalité effrénée entre les Éthiopiens et faire pression plus fort en faveur d’une véritable démocratie ne revient pas à dire : « À mon tour de manger, de gouverner, de piller », etc.
L’Éthiopie d’aujourd’hui est tragique à plusieurs égards :
i) Trente et un millions d’Éthiopiens (un chiffre en forte augmentation par rapport aux 20 millions identifiés par la Banque mondiale) sont au bord de la famine. Un million de personnes confrontées à la famine à cause de la sécheresse et de la guerre se trouvent dans la région d’Amhara. Des milliers de personnes, dont des enfants, ont péri.
ii) L’Éthiopie abrite 5,1 millions de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDI).
iii) Cinq millions quatre cent mille Éthiopiens tigréens ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence.
iv) Malgré l’Évangile de la prospérité, la pauvreté se propage et s’aggrave en Éthiopie.
v) La petite classe moyenne éthiopienne est incapable de répondre à ses besoins alimentaires quotidiens en raison des pénuries et d’une hyperinflation de plus de 40 pour cent par an.
vi) Les Amhara sont pointés du doigt et empêchés d’entrer à Addis-Abeba. La guerre contre Amhara continue.
vii) Le coût de la reconstruction et de la réhabilitation des régions déchirées par la guerre de l’Afar, de l’Amhara et du Tigré s’élève à 28 milliards de dollars. l’argent que l’Éthiopie n’a pas.
Ci-dessous mon entretien avec Habtamu Assefa de Hibre Radio. Dans cette interview qui a eu lieu aujourd’hui, j’aborde plusieurs questions politiques, notamment la nouvelle revendication par Abiy Ahmed des droits souverains éthiopiens sur la mer Rouge. Je ne conteste pas l’idée selon laquelle l’Éthiopie a besoin d’un accès à la mer. Mais cela ne peut pas être réalisé par la guerre, par des menaces, par des améliorations, etc. Pourquoi ne pas appeler à l’Union des États de la Corne de l’Afrique ?
Commençons par le commencement. Le peuple éthiopien mérite la justice, la paix et la bonne gouvernance. C’est la raison pour laquelle j’exhorte les groupes non-Amhara à former leur propre Fano et à se joindre à la lutte pour la justice et la démocratie. Je félicite ceux qui ont pris l’initiative.
Vidéo : intégrée à la chaîne YouTube Hiber Radio
Photo de couverture : capture d’écran de la vidéo






