La Commission éthiopienne des droits de l’homme (EHRC) a déclaré que les règles de droit et les droits civils ont été bafoués en raison du manque de mesures adéquates prises pour tenir les groupes et les individus responsables devant la loi de leurs actes illégaux consistant à expulser des citoyens de leurs zones résidentielles, tuant eux, détruisant des propriétés et causant des dommages physiques.
La Commission a rendu public ici dans son rapport annuel publié vendredi dernier qu’aucune mesure corrective « n’est prise pour les expulsions massives arbitraires ».
L’EHRC a également annoncé que ne pas parvenir à une solution permanente au problème et ignorer les besoins des compatriotes déplacés exposerait les victimes à un nouveau déplacement. La Commission a en outre déclaré que trois années se sont écoulées depuis que la plupart des compatriotes déplacés ont commencé à vivre dans des abris et se sont dispersés au sein de la communauté d’accueil sans trouver de solution permanente.
Le fait que les abris soient situés à proximité de camps militaires montre que la sécurité des personnes déplacées est menacée et que le gouvernement n’a pas répondu à ses attentes et n’a pas été régi par l’accord de Kampala, a déclaré l’EHRC.
La Commission a ainsi révélé que la protection et le soutien pour empêcher le déplacement des personnes ainsi que les lacunes constatées dans le processus de recherche d’une solution durable restent une grande préoccupation.
Outre les mauvais systèmes d’enregistrement et de classement des personnes déplacées, le soutien qui devrait leur être apporté n’est pas assuré correctement et empêche également les personnes déplacées d’exercer leur liberté de mouvement et d’accéder aux services sociaux.
Le communiqué cite les propos du commissaire en chef adjoint de l’EHRC, Rakeb Mesele, selon lesquels 80 % des déplacements en Éthiopie sont causés par des conflits violents. Ainsi, afin de prévenir les déplacements et d’apporter une solution durable au problème, il est nécessaire de résoudre les conflits de manière pacifique et en temps opportun, indique le communiqué.
Bien qu’assurer la protection complète des personnes déplacées nécessite l’attention et la mise en œuvre de toutes les institutions gouvernementales, la Commission a annoncé qu’aucun système coordonné n’a été mis en place pour coordonner et diriger les activités des institutions concernées. La Commission a déclaré que l’absence d’un organisme légalement mandaté pour coordonner ce processus est l’une des principales raisons de l’absence de protection et de soutien aux personnes déplacées.
La Commission a en outre déclaré dans la déclaration que, comme on ne sait pas quelle institution gouvernementale est chargée de superviser et de coordonner les travaux liés à la protection des personnes déplacées, il a été problématique de planifier et d’exécuter les travaux de protection et de soutien dans de manière coordonnée.
Le rapport indique qu’EHRC a supervisé le traitement des droits humains d’environ 350 000 déplacés internes et 18 637 rapatriés dans huit régions, y compris des déplacés internes dans 44 refuges, dans 11 communautés d’accueil, quatre zones où ils ont été rapatriés et dans trois zones où les déplacés internes sont installés de manière permanente.






