Le conflit en cours au Soudan a créé de graves problèmes humanitaires, déplaçant plus de 11 millions de personnes, dont 3 millions vers les pays voisins. L’impact économique est profond avec une contraction du produit intérieur brut (PIB) de 20 % en 2023 et de 15 % en 2024, ainsi qu’une inflation galopante et une insécurité alimentaire généralisée. Des secteurs critiques tels que l’agriculture et les services sont paralysés, avec une production alimentaire en chute libre et des prix en forte hausse. Actuellement, les deux tiers de la population n’ont pas accès aux services de santé essentiels. Environ 75 pour cent des établissements de santé dans les zones de conflit ne fonctionnent pas, tandis que les autres sont inondés par l’afflux de personnes en quête de soins. Les épidémies telles que le choléra, le paludisme et la dengue s’aggravent, exacerbées par la perturbation des services et le changement climatique.
Le projet d’assistance sanitaire et de réponse aux urgences au Soudan (SHARE) fournit un financement de 82 millions de dollars pour renforcer les services de santé du Soudan. Cela comprend une subvention de 19,5 millions de dollars à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et une subvention de 62,5 millions de dollars au Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), toutes deux provenant de l’Association internationale de développement (IDA)* de la Banque mondiale.
Le projet SHARE vise à fournir des services de santé et de nutrition en mettant l’accent sur l’engagement communautaire et un continuum de soins, ciblant plus de neuf millions de personnes dans les communautés déplacées et d’accueil. En appliquant les principes du Nexus Humanitaire-Développement (HDN), le projet vise non seulement à répondre aux besoins immédiats, mais aussi à jeter les bases d’un développement durable à moyen et long terme dans les zones fortement touchées par les déplacements et les conflits. En outre, le projet SHARE garantira la préparation du Soudan à faire face aux défis futurs en préservant les fonctions critiques de santé publique, en renforçant la préparation aux situations d’urgence et en améliorant les systèmes de contrôle des maladies.
En parallèle, le projet SUDAN SANAD – Emergency Crisis Response Safety Net Project a reçu 100 millions de dollars pour fournir des filets de sécurité d’urgence aux populations en situation d’insécurité alimentaire. En partenariat avec le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’UNICEF, le projet devrait toucher environ 140 000 ménages, avec un accent particulier sur les ménages en situation d’insécurité alimentaire grave, les ménages dirigés par une femme ou un enfant et ceux dont des membres sont handicapés. Des transferts monétaires inconditionnels seront fournis à environ 110 000 ménages, tandis que des interventions sensibles au capital humain bénéficieront à environ 30 000 ménages. En s’associant avec les communautés locales et en tirant parti des infrastructures existantes, cette initiative vise à apporter une aide immédiate et à contribuer à protéger le capital humain à court terme, tout en contribuant aux systèmes de protection sociale de l’avenir.
La collaboration entre ces projets et d’autres initiatives soutenues par la Banque mondiale au Soudan est étendue, caractérisée par des efforts de conception conjoints, une intégration transparente et une approche complémentaire qui s’appuie sur les succès antérieurs. En tirant parti de ces synergies et en adoptant une approche globale du développement communautaire, les équipes visent à étendre leur portée et à relever les défis systémiques pour garantir des solutions robustes et évolutives avec un impact durable.
« S’appuyant sur plus d’une décennie d’expérience dans des contextes de fragilité, de conflit et de violence (FCV), ces deux projets mettent l’accent sur la flexibilité aux niveaux stratégique et opérationnel pour améliorer la rapidité de prestation des services, la responsabilité, l’engagement des citoyens et les partenariats. La coordination avec les partenaires de développement axés sur des objectifs similaires est cruciale pour obtenir des résultats, les enseignements tirés de pays comme le Yémen, la Somalie et le Soudan du Sud soulignant l’importance des partenariats avec les agences des Nations Unies et d’autres organisations. » dit Yoichiro Ishihara, responsable pays de la Banque mondiale pour le Soudan.
* L’IDA a été créée en 1960 et aide les pays à faible revenu en accordant des subventions et des prêts à taux d’intérêt faibles ou nuls pour des projets et des programmes qui stimulent la croissance économique, réduisent la pauvreté et améliorent la vie des populations. L’IDA est l’une des plus importantes sources d’assistance pour ses 75 pays clients, dont 39 en Afrique. Depuis 1960, l’IDA a fourni 552 milliards de dollars à 115 pays. Les engagements annuels se sont élevés en moyenne à environ 36 milliards de dollars au cours des trois dernières années (exercices 21 à 23), dont environ 75 % sont destinés à l’Afrique. Pour en savoir plus en ligne : IDA.worldbank.org. #IDAworks






