Par Fuvi Kluko
L’affaire d’expulsion impliquant l’ancien ministre ghanéen des Finances Ken Ofori-Atta a attiré l’attention nationale sur le juge américain de l’immigration qui préside l’affaire : le juge David A. Gardey du tribunal de l’immigration d’Arlington. Les archives publiques dressent le portrait d’un arbitre chevronné et intransigeant avec l’un des taux de refus d’asile les plus élevés du pays.
Le juge Gardey a rejoint la magistrature de l’immigration en août 2023 après près de trois décennies dans le système judiciaire américain. Diplômé de Yale et de Notre Dame, il a passé 22 ans en tant que procureur fédéral, occupant des postes de direction, notamment celui de chef de la corruption publique, chef du groupe de travail sur les drogues et conseiller spécial du procureur américain du Michigan. Sa longue carrière de procureur suggère une approche du droit stricte et fondée sur des preuves.
Les données TRAC de 2020 à 2025 montrent que Gardey a refusé 81,4 % des cas d’asile qu’il a décidés, bien au-dessus de la moyenne nationale de 58,9 % et de la moyenne du tribunal d’Arlington de 51,5 %. Sa charge de travail est dominée par des candidats d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud, et presque tous ceux qui ont comparu devant lui étaient représentés par un avocat, ce qui signifie que son taux de refus élevé ne peut pas être expliqué par des défendeurs non représentés.
Même si le cas d’Ofori‑Atta ne constitue pas une demande d’asile, le même tempérament judiciaire s’applique. Gardey est connu pour exiger une documentation solide, des témoignages cohérents et des arguments juridiques solides. Son expérience en matière de corruption et de poursuites pour droits civils suggère également qu’il est à l’aise dans le traitement d’affaires politiquement sensibles.
Les données accessibles au public ne prédisent pas les résultats, mais elles indiquent que l’équipe juridique d’Ofori-Atta fait face à un juge méthodique, sceptique et statistiquement beaucoup plus susceptible que ses pairs de se prononcer contre les intimés.
Pour l’heure, tous les regards sont tournés vers Arlington, où le tribunal du juge Gardey déterminera si l’ancien ministre ghanéen reste aux États-Unis ou s’il est expulsé.
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