FANO et un Front panéthiopien pro-démocratie

Maria

Fano-Ethiopia-Amhara

Tesfa ZeMichael

Contrairement au TPLF sectaire qui a mené une guerre pour démanteler l’Éthiopie, FANO est le premier mouvement de résistance qui crée une réelle possibilité de rassemblement de tous les Éthiopiens pro-démocratie pour se débarrasser du régime sanguinaire d’Abiy/PP. Cette opportunité nous oblige à penser à l’avenir et nous évite de nous noyer dans les événements du présent.

Savoir ce qui se passe dans le présent est important, mais si cela n’est pas complété par une réflexion sur le chemin que nous devons suivre dans le futur, nous serons pris au dépourvu. Les conséquences d’un tel manque de préparation sont désastreuses, comme le montrent les événements de 2018.

Il y a des Éthiopiens pro-démocratie dans toutes les régions d’Éthiopie. Ce sont des Éthiopiens qui accordent la primauté à la citoyenneté sans pour autant nier leur origine ethnique. Ils ne voient pas l’ethnicité comme une identité hermétique, mais plutôt comme une identité contingente et fluide. L’histoire éthiopienne en offre de nombreux exemples. Les traversées ethniques, les oscillations et l’hybridité ont lieu en Éthiopie depuis au moins le 13ème siècle, comme le laisse entendre Mohammed Hassen, l’historien oromo.

Les Éthiopiens pro-démocratie ne voient pas l’ethnicité comme une identité fermée et imperméable, mais comme une ligne de communication ouverte avec les autres qui leur permet d’aller au-delà de l’ethnicité et de découvrir leurs besoins, intérêts et aspirations communs en matière de démocratie. Ils rejettent l’identité ethnique définie et verrouillée par l’État (la Constitution de 1995) et considèrent l’ethnicité comme une voie ouverte vers la démocratie.

La marche vers la démocratie change notre compréhension de l’ethnicité mais ne l’abolit pas. Il détache l’ethnicité du panoptique de l’identité ethnique, l’ouvre et en fait un tremplin vers une politique qui valorise la vie de chaque Éthiopien et fait de la liberté, de l’égalité, de la fraternité et de la solidarité les paramètres de la politique éthiopienne. J’appellerai cette ethnie démocratique et je l’opposerai à la démocratie ethnique.

La démocratie ethnique est un système d’oppression connu sous le nom deHerrenvolk démocratie. Il repose sur le fantasme de pureté ethnique et d’intégrité identitaire. Le régime Abiy/PP utilise ses forces de défense et de sécurité et son armée privée, la Oneg Shenepour faire respecter son Herrenvolk ou démocratie ethnique à travers les exclusions ethniques, la séparation ethnique, la territorialisation de l’ethnicité, le nettoyage ethnique et la monopolisation du pouvoir. Nous devons être conscients des preuves selon lesquelles Oneg Shene est l’armée privée d’Abiy/PP qui fonctionne comme la Sturmabteilung ou la division d’assaut d’Abiy/PP Oromummaa plan d’établissement Herrenvolk démocratie en Ethiopie.

Le cœur d’Abiy/PP Herrenvolk ou la démocratie ethnique est la haine des Amhara. La diabolisation des Amhara en tant qu’ennemis de toutes les ethnies, l’attribution aux Amhara de tous les maux passés et présents de l’Éthiopie et l’insinuation constante que si les Amhara disparaissaient, la paix et la prospérité régneraient en Éthiopie sont activement propagées par Abiy lui-même. , ses piliers du PP, son armée privée (Oneg Shene), et ses partisans dans le cyberespace. Nous voyons ici émerger la version Abiy/PP de ce qui s’est passé dans un certain pays européen dans les années 1930.

FANO rejette Herrenvolk ou la démocratie ethnique et soutient l’ethnicité démocratique. Ceci est implicite dans la maxime du FANO : « Les Amharas ne sont libres que lorsque tous les Éthiopiens le sont ». La maxime de FANO offre un horizon démocratique pan-éthiopien dans le sens où l’on pourrait dire : « Les Oromos ne sont libres que lorsque tous les Éthiopiens sont libres », « Les Afars ne sont libres que lorsque tous les Éthiopiens sont libres », « Les Somaliens sont libres ». , seulement lorsque tous les Éthiopiens seront libres », « les Tigréens seront libres, seulement lorsque tous les Éthiopiens seront libres », et ainsi de suite. La maxime fait ainsi de la liberté la rassembleuse des Éthiopiens.

La maxime FANO suggère ainsi qu’il existe, potentiellement ou/et effectivement, des FANO Afar, Oromo, Somali, Tigré, Gurage, Sidama, Gomez, etc. Les éléments d’un front pan-éthiopien pro-démocratie sont déjà là, et les conditions pour sa formation semblent mûres.

FANO est un mouvement de résistance qui épouse les besoins, les intérêts et les aspirations démocratiques des Éthiopiens et se bat pour les faire triompher. Pour assurer le succès de sa lutte, il pourrait explorer les moyens de s’associer aux mouvements pro-démocratie ou aux FANO de toutes les régions éthiopiennes. Un rassemblement d’Éthiopiens pro-démocratie accélérera l’effondrement du régime Abiy/PP. Sans un tel rassemblement des mouvements pro-démocratie éthiopiens, la lutte contre le régime Abiy/PP pourrait être inutilement longue et coûteuse en vies humaines.

En effet, la formation d’un tel mouvement pan-éthiopien pro-démocratie est urgente. Si nous laissons le régime Abiy/PP poursuivre sa démocratie ethnique destructrice « du sang et du sol », la probabilité que l’Éthiopie devienne le deuxième Rwanda et que l’actuel génocide d’Amhara, au ralenti, se transforme en un génocide rapide ne peut être exclue. Une paix et une unité actives en Éthiopie nécessitent la présence d’un mouvement pan-éthiopien actif en faveur de la démocratie.

D’où l’importance pour FANO de tendre la main aux Ethiopiens pro-démocratie de toutes les régions et d’explorer la possibilité de former une organisation pan-éthiopienne pro-démocratie pour sauver l’Éthiopie du régime sanguinaire d’Aby/PP. Puisque la maxime de FANO est l’expression d’un principe politique démocratique, c’est l’incarnation de ce principe dans un mouvement de résistance pan-éthiopien pro-démocratie qui est cruciale et non pas qui sont les personnes qui le dirigent.

Des Éthiopiens compétents, quels qu’ils soient, attachés aux idées et idéaux universels de la démocratie sont ce dont les Éthiopiens ont besoin en tant que dirigeants, et non un leadership fondé sur des précédents, des privilèges, une lignée, une renommée, des diplômes, des prix ou des calculs ethniques. Personnaliser la politique et le pouvoir, c’est tomber dans le piège Abiy/PP de la politique ethnique.

La diaspora était originaire de tous les coins de l’Éthiopie et pourrait ainsi contribuer à l’effort visant à former un front de résistance pan-éthiopien dans le sens évoqué ci-dessus. Ce que pourrait être cette contribution nécessite des délibérations collectives. Quel que soit le résultat de ces délibérations, nous devons garder à l’esprit qu’une idée politique qui ne s’incarne pas dans une organisation, aussi puissante qu’elle semble être, n’est qu’un tigre de papier mouillé.

Si la diaspora réussit à former et à activer un processus qui contribue à l’émergence d’un front pan-éthiopien pro-démocratie, elle ajoutera une brique supplémentaire au mur de résistance que FANO est en train de construire dans son pays.