Ethiopie : La route vers l’esclavage

Maria

Ethiopie : La route vers l’esclavage

Par Kebour Ghenna

Il n’est pas exagéré de dire que le 11 décembre 2023 est un jour historique pour l’économie éthiopienne. Pour la première fois de son histoire, l’Éthiopie n’a pas pu payer les intérêts de sa dette, soit un coupon de 33 millions de dollars sur son euro-obligation d’un milliard de dollars, devenant ainsi le troisième pays africain à faire défaut en l’espace de trois ans.

Pratiquement tous les experts – économistes, dirigeants politiques, prêtres et prédicateurs – ont exhorté sans équivoque le gouvernement à honorer son paiement d’intérêts de 33 millions de dollars dans les délais, sans aucune hésitation.

L’opinion des gens : au maximum – au maximum – au lieu d’acheter 15 à 20 missiles, pourquoi ne pas envisager d’allouer une partie de ce budget au remboursement de la dette ?

Pourquoi une telle insistance ?

Car un défaut de paiement de l’euro-obligation nuirait gravement à la crédibilité de l’Éthiopie sur le marché international des capitaux. Le ministre des Finances ne le sait-il pas… Et le gouverneur de la Banque nationale ?

Ces ministres ne devraient-ils pas savoir que les détenteurs d’obligations donneront la priorité à la maximisation maximale de leurs rendements avant qu’un éventuel rééchelonnement de la dette n’ait lieu ? Malheureusement, nos responsables de l’économie et des finances sont les architectes de la misère actuelle de l’Éthiopie. Leurs actions ont non seulement dévasté l’économie du pays, mais ont également terni sa réputation, rendant extrêmement difficile l’obtention de futurs prêts. Nous vivons désormais dans un pays en faillite,

Que se passe-t-il ensuite ?

1. L’acquisition de dette internationale deviendra inaccessible pour nous sur les marchés mondiaux.

2. Une forte dépréciation de la monnaie pourrait conduire à une inflation agressive, pouvant atteindre environ 100 %.

3. De nombreux actifs nationaux (télécommunications, compagnies aériennes, électricité, etc.) pourraient devoir être loués à ces prêteurs.

4. Les entreprises locales seront confrontées à des contraintes de trésorerie, ce qui nécessitera des importations de matières premières en espèces, ce qui aura un impact sur les cycles économiques et réduira l’activité.

5. Pour couvrir les dépenses, le gouvernement pourrait recourir à une augmentation des impôts, imposant ainsi un fardeau financier plus lourd à la population.

6. La crainte des contraintes liées au rapatriement des bénéfices pourrait inciter les sociétés multinationales à abandonner leurs activités en Éthiopie.

7. Il en résultera d’importants licenciements et suppressions d’emplois.

8. À mesure que les prix montent en flèche et que les revenus diminuent, le mécontentement social devrait sensiblement augmenter.

9. Le pays procédera à une restructuration de sa dette selon les conditions des prêteurs.

10. Le gouvernement disposera de moins de fonds pour les programmes sociaux, ce qui signifie que ce seront les pauvres qui souffriront le plus.

En un mot. Les choses vont se gâter !

NDLR : l’article a été publié pour la première fois sur la page facebook personnelle de Kebour Ghenna