Note de l’éditeur : les opinions exprimées dans l’article ne reflètent pas nécessairement celles de Togolais.info

Par Yesheregna Medhanit
La défaite de Kamala Harris marque un coup dur pour le lobby sioniste et un bilan puissant pour le Parti démocrate. Alors que d’autres facteurs, tels que l’incertitude économique, les préoccupations croissantes en matière de sécurité, le mécontentement à l’égard de la réforme des soins de santé et la frustration croissante du public face à l’inflation et à l’immigration, ont également contribué à la défaite de Harris, la loyauté servile de l’administration envers le lobby sioniste a eu un impact significatif. Cette perte est moins due à la victoire de Trump qu’à l’échec de Harris, conséquence du soutien indéfectible de l’administration aux actions à Gaza, qui s’alignaient sur les intérêts du lobby sioniste. Biden et Harris pensaient que s’opposer à ce lobby risquait de perdre les élections. Pour éviter ce risque, ils ont estimé qu’il était essentiel de l’apaiser, compte tenu de son influence sur les médias, la finance et les réseaux de donateurs.
Poussée par ces craintes politiques, l’administration Biden a non seulement ignoré les demandes de sa propre base, qui a vivement protesté contre le génocide à Gaza, mais a également soutenu activement la campagne de l’armée israélienne. Ils ont financé et armé l’armée israélienne, fournissant une couverture diplomatique sur la scène mondiale tout en aidant à réprimer la dissidence dans leur pays, tout cela avec la conviction que garder le lobby israélien de leur côté était nécessaire pour leur réélection.
Lorsque Biden s’est retiré et que Harris a pris le relais, elle a poursuivi ces mêmes politiques sans hésitation, sans jamais se distancier du soutien de l’administration aux opérations militaires israéliennes à Gaza. Pendant ce temps, le Parti démocrate a tenté d’orienter le débat national vers des questions d’identité telles que les droits des femmes, les droits LGBTQ+ et les questions de minorités, dans l’espoir d’apaiser sa base avec des victoires culturelles. Pourtant, leur soutien indéfectible aux actions de l’armée israélienne est resté constant.
En fin de compte, la base du Parti démocrate a démontré que le pouvoir politique ne réside pas uniquement dans les lobbies, les donateurs ou l’influence des médias : il appartient au peuple lui-même. Cette prise de conscience a marqué un tournant, remettant en question la croyance en l’invincibilité des stratégies politiques soutenues par les lobbys.
La victoire de Donald Trump ne signifie pas la fin des violences en cours à Gaza, tout comme un vote pour Harris n’aurait pas garanti qu’elles cesseraient. Les résultats des élections ont plutôt servi de rappel brutal à Biden, Harris et à leurs alliés : ils ne pouvaient pas continuer à subvenir aux besoins du lobby sioniste aux dépens de leur base. Malgré leur loyauté inébranlable envers le lobby, ils ont été vaincus, prouvant que l’allégeance à des intérêts puissants ne garantit pas la survie politique.
Biden, Harris et le Parti démocrate ont sacrifié leurs principes, leur intégrité et, sans doute, leur âme pour assurer la sécurité électorale. Ils ont agi par crainte de représailles du lobby, perdant ainsi le lien avec ceux qui les soutenaient autrefois. Mais ce choix ne leur a pas seulement coûté politiquement ; cela les a laissés humiliés, vaincus par un adversaire considéré par beaucoup comme un démagogue inarticulé – un candidat qui avait lui-même fait face à de nombreux défis juridiques et éthiques. Leurs compromis moraux ont permis l’émergence d’une telle figure.
S’ils avaient pris position pour la justice, qu’ils aient gagné ou perdu, on aurait pu se souvenir d’eux avec plus de respect et de dignité aux yeux de l’histoire. Il aurait pu s’agir de dirigeants qui donnaient la priorité à l’humanité plutôt qu’au pouvoir, s’opposant aux actions de l’armée israélienne, qui ont touché des milliers d’innocents à Gaza. Au lieu de cela, on se souviendra probablement d’eux comme de dirigeants qui ont laissé souffrir plus de cent mille enfants à Gaza, pour ensuite affronter en retour une défaite humiliante.
Cette perte montre clairement que répondre aux besoins des puissants au détriment des valeurs fondamentales peut entraîner non seulement un échec politique, mais aussi une perte bien plus profonde de l’héritage et de l’intégrité. Ce scénario illustre les dangers de sacrifier ses principes au profit d’intérêts à court terme ou d’un gain électoral perçu. En choisissant d’apaiser de puissants lobbies au lieu de rester fidèles à leurs valeurs, l’administration Biden, Harris et le Parti démocrate ont non seulement compromis leur intégrité, mais ont également aliéné la base même qui les soutenait autrefois. La poursuite du pouvoir aux dépens de la moralité les a rendus vulnérables à la défaite politique. Les principes ne sont pas simplement un luxe ; ils constituent le fondement d’une crédibilité à long terme.
En Éthiopie, même si les lobbies traditionnels n’existent pas, les intérêts oligarchiques ethnocentriques donnent systématiquement la priorité à leurs propres programmes plutôt qu’aux besoins de la majorité. Cela a dévasté l’économie, la sécurité et l’intégrité du pays. La conduite de la guerre est devenue imprudente et profondément préoccupante, rendant la paix non seulement difficile, mais apparemment inaccessible. Les efforts en faveur de la paix sont souvent manipulés pour servir des intérêts étroits et égoïstes, approfondissant encore davantage les divisions et faisant obstacle à une véritable réconciliation. L’incapacité à donner la priorité au bien commun plutôt qu’au pouvoir des factions est un rappel brutal des dangers qu’il y a à sacrifier des principes pour un gain temporaire.
Surtout, la défaite de Harris illustre que dans une véritable démocratie, le pouvoir du peuple l’emporte sur l’influence des lobbies. Il souligne la force durable de la démocratie sur la ploutocratie, rappelant aux dirigeants que même s’ils peuvent gagner des batailles immédiates en servant des intérêts puissants, ils perdent inévitablement la guerre pour la confiance, le respect et la véritable légitimité politique lorsqu’ils abandonnent les personnes qu’ils servent.
Note de l’éditeur : les opinions exprimées dans l’article ne reflètent pas nécessairement celles de Togolais.info
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