Clarification analytique : Distinguer les doubles chaînes d’approvisionnement en or du Ghana et les implications pour l’évaluation des pertes par le FMI

Maria

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Abstrait

Au milieu du discours public concernant les pertes financières signalées par la Banque du Ghana (BoG), une distinction opérationnelle cruciale dans sa stratégie pour l’or est souvent négligée. Cette analyse précise que la BoG gère deux chaînes d’approvisionnement en or fonctionnellement distinctes : une pour la génération immédiate de devises (forex) et une autre pour l’accumulation de réserves à long terme. Ne pas appliquer une telle ventilation risque de surestimer les pertes opérationnelles tout en sous-estimant la solidité du bilan. Il postule qu’une évaluation complète de la position totale en or de la BoG – y compris des gains non réalisés significatifs sur ses réserves monétaires – pourrait modifier considérablement l’interprétation des pertes déclarées. La note conclut en se demandant si le chiffre de perte déclaré par le Fonds monétaire international (FMI), de 214 millions de dollars américains, expliquait cette structure bifurquée grâce à une comptabilité métallurgique rigoureuse.

  1. Introduction

Les récentes analyses de la performance financière de la Bank of Ghana ont mis l’accent sur les pertes liées à ses activités de négoce d’or. Cependant, ces discussions amalgament souvent deux courants opérationnels distincts avec des objectifs, des participants et des traitements comptables différents. Cet amalgame risque de conduire à une conclusion incomplète ou trompeuse sur l’impact financier global de la stratégie or de la banque centrale.

  1. Le modèle de double chaîne d’approvisionnement

Les opérations aurifères de la Banque du Ghana sont segmentées stratégiquement :

  • Volet A : Liquidité Forex et intervention sur le marché
  • Source : Achats d’or doré non raffiné auprès des mineurs artisanaux et à petite échelle (ASM).
  • Intermédiaire : acquis via le Ghana Gold Board (GoldBod).
  • Destination et objectif : Cet or est exclu des réserves monétaires officielles. Il est négocié sur les marchés internationaux pour un chiffre d’affaires rapide, avec les objectifs explicites de :
  1. Renforcer les réserves de change du pays.
  2. Fournir des devises aux sociétés importatrices de pétrole et aux banques commerciales pour atténuer les pressions du marché.
  • Modèle financier : fonctionne sur des marges commerciales à court terme et à volume élevé.
  • Volet B : Accumulation de réserve officielle
  • Source : Achats d’or raffiné et certifié auprès des grandes sociétés minières (LSM).
  • Norme : L’or est affiné et poinçonné par des raffineries accréditées par la London Bullion Market Association (LBMA), garantissant ainsi une qualité de qualité investissement.
  • Destination et objectif : Cet or est directement ajouté aux réserves d’or officielles du Ghana, qui s’élèvent actuellement à environ 40 tonnes. Cela sert de réserve de valeur à long terme et d’actif monétaire stratégique.

Les deux flux ci-dessus, comme indiqué ci-dessus, sont fonctionnels et ne servent pas simplement à la ségrégation des sources d’approvisionnement.

  1. Réévaluation financière du portefeuille de réserve

Une vision globale des activités aurifères de la BoG doit tenir compte de la valeur du flux B. Au moment de l’analyse :

  • La valeur de marché des 40 tonnes d’or de réserve est d’environ 6,1 milliards de dollars américains, sur la base d’un prix mondial de l’or de 4 530 dollars américains l’once et d’une prime de vente typique.
  • La valeur comptable de cette réserve, en supposant un coût d’acquisition moyen prudent de 1 600 $ US/once, est d’environ 2,06 milliards $ US.
  • Cela implique un gain de détention non réalisé d’environ 200 %, représentant une solidité financière latente qui pourrait être utilisée pour des interventions sur le marché des changes ou d’autres obligations de la banque centrale.

Les gains non réalisés ne financent pas les budgets mais améliorent l’adéquation des réserves, la capacité de swap et la solidité des garanties.

  1. Enquête critique sur l’évaluation du FMI

La conclusion du FMI selon laquelle une perte de 214 millions de dollars attribuée aux activités aurifères de la BoG soulève une question méthodologique fondamentale : l’évaluation était-elle basée sur une comptabilité métallurgique complète ?

Dans ce contexte, la comptabilité métallurgique impliquerait un audit de la chaîne complète qui :

  1. Sépare physiquement et financièrement les flux d’or de l’ASM (flux A) et du LSM (flux B).
  2. Suit indépendamment les coûts de transformation, de raffinement et de transaction pour chaque flux.
  3. Comptabilise à la fois les pertes/gains réalisés sur le trading (flux A) et les gains non réalisés provenant de la réévaluation des réserves (flux B).

Si le chiffre des pertes du FMI concernait uniquement les pertes commerciales du flux A (or ASM contre forex) sans tenir compte du gain substantiel intégré dans le flux B (réserves officielles), alors le récit public ne reflète qu’un fragment de la position consolidée en or de la Banque centrale. Cette distinction n’est pas seulement académique mais est essentielle à une évaluation équitable de l’impact financier net de la politique.

  1. Conclusion

La Banque du Ghana applique une stratégie aurifère sophistiquée à deux piliers. Un pilier est un outil de change tactique, tandis que l’autre est une réserve financière stratégique. Une analyse significative nécessite cette désagrégation. Par conséquent, tout verdict faisant autorité sur les pertes – y compris celui du FMI – doit être examiné à la lumière de la méthodologie utilisée. La question reste ouverte et cruciale de savoir si un cadre comptable métallurgique complet a été appliqué pour atteindre le chiffre de perte conclu, ou si l’évaluation était basée sur une vision incomplète du système à double voie de la BoG.

Henri Osei

(Directeur de la recherche)

Chambre des négociants en lingots du Ghana