Amidu accuse Mahama d’avoir ordonné la renonciation au TCS à des fins politiques

Maria

Martin Amidu

L’ancien procureur spécial Martin Amidu a accusé le président John Mahama d’avoir ordonné aux responsables gouvernementaux d’approuver une exonération fiscale controversée en faveur de Tata Consultancy Services (TCS), principalement dans le but d’assurer des avantages en matière de relations internationales pour son administration.

Amidu a allégué que Mahama avait ordonné au ministre des Finances Cassiel Ato Forson et à la majorité parlementaire du Congrès national démocratique (NDC) d’approuver la dérogation parce qu’il reconnaissait les avantages diplomatiques et internationaux qui bénéficieraient à son gouvernement dès son entrée en fonction. L’ancien procureur spécial a affirmé que la décision représentait un revirement par rapport à la position d’opposition du NDC alors que le même accord était décrit comme controversé sous l’administration précédente.

Le Parlement a approuvé la dérogation de 10,46 millions de dollars le 18 novembre 2025, accordant au TCS une exonération d’une retenue à la source de 20 %. La dérogation concerne la mise en œuvre par TCS du projet de système intégré d’administration fiscale (ITAS) pour la Ghana Revenue Authority (GRA). Le projet ITAS vise à améliorer la conformité fiscale, à élargir l’assiette fiscale, à réduire les fuites de revenus et à améliorer les recouvrements issus de l’économie numérique.

Selon la déclaration d’Amidu, le NDC s’était auparavant opposé à des exonérations fiscales similaires lorsqu’il était dans l’opposition, mais a changé de cap après avoir remporté les élections de décembre 2024. Il a suggéré que ce changement provenait d’un opportunisme politique plutôt que d’un principe politique. L’ancien procureur a affirmé que le renforcement des relations diplomatiques entre le Ghana et l’Inde, en particulier sous le gouvernement du Premier ministre Narendra Modi, avait motivé cette approbation.

Le ministre des Finances, Ato Forson, a défendu cette approbation lors du débat parlementaire, la décrivant comme une correction d’un addendum problématique signé par Julie Essiam, l’ancienne commissaire générale du GRA. Forson a souligné que son administration avait renégocié l’accord et affirmé avoir obtenu des économies de plus de 9 millions de dollars pour le Ghana.

Amidu a critiqué le manque d’accès du public aux documents clés, notant que le contrat principal et les addenda ne sont toujours pas disponibles sur les sites Web du GRA, du ministère des Finances et du Parlement. Il a remis en question la transparence du processus d’approbation et a appelé à la divulgation complète de tous les accords liés à l’exonération fiscale.

La controverse met en lumière les tensions persistantes concernant la politique fiscale et la responsabilité du gouvernement au Ghana. Le whip en chef de la minorité, Frank Annor Dompreh, a remis en question la crédibilité du NDC lors du débat parlementaire, soulignant que le parti s’était opposé à plus de 40 demandes d’exonération fiscale sous la précédente administration d’Akufo Addo.

La GRA a initialement signé l’accord ITAS avec TCS en mai 2024 après que le processus d’approvisionnement a été annulé et redémarré sur la base d’un fournisseur exclusif suite à une transition à la direction de la GRA. Le Fonds monétaire international (FMI) a désigné la mise en œuvre de l’ITAS comme une référence structurelle clé dans le cadre du programme de facilité élargie de crédit du Ghana, soulignant l’importance du système pour la mobilisation des revenus.

Le président Mahama a été investi pour son deuxième mandat le 7 janvier 2025 après avoir battu le vice-président Mahamudu Bawumia aux élections de décembre 2024. Son administration s’est engagée à donner la priorité à la reprise économique, à la discipline budgétaire et aux mesures anti-corruption suite aux récents défis économiques du Ghana.

Ni le Bureau du Président ni TCS n’ont répondu publiquement aux allégations d’Amidu concernant les motivations derrière l’approbation de l’exonération fiscale.