Alarme sur un retour potentiel des pannes de courant en raison des dettes des producteurs indépendants d’électricité

Maria

Dumsor

Alors que la pression s’accroît sur le gouvernement pour qu’il règle ses dettes envers les producteurs d’électricité indépendants (IPP), les inquiétudes grandissent quant à une éventuelle résurgence d’une alimentation électrique erratique, communément appelée « dumsor ».

Cette situation urgente, qui exige une attention immédiate, est aggravée par le retard dans le décaissement des fonds malgré le récent déblocage de la troisième tranche d’aide du Fonds monétaire international (FMI).

La situation a laissé les producteurs indépendants d’électricité dans une situation désastreuse, qui peinent à gérer leurs opérations dans un contexte d’incertitude en matière de paiement. La dette impayée des producteurs indépendants d’électricité a atteint le montant stupéfiant de 1,4 milliard de dollars, ce qui affecte considérablement leur capacité à s’approvisionner en carburant, à entretenir leur équipement et à faire face à d’autres coûts opérationnels. Elikplim Kwabla Apetorgbor, directeur général de la Chambre des producteurs indépendants d’électricité, a exprimé sa profonde frustration face à l’inaction du gouvernement, un sentiment que beaucoup peuvent comprendre.

« Le retard continu dans le versement des fonds du FMI aux IPP devient de plus en plus frustrant », a déclaré Apetorgbor. « Il y a quelques semaines, le ministre des Finances a annoncé que les fonds étaient disponibles, mais rien n’a été fait pour les débloquer. Ce retard affecte nos activités commerciales et met la pression sur nos prêteurs. »

L’analyste énergétique Richmond Rockson, s’exprimant sur Hot Edition sur 3FM, a fait écho à ces préoccupations. Il a souligné le caractère urgent de la situation, soulignant que les 43 millions de dollars actuellement dus aux producteurs indépendants d’électricité ne représentent qu’une fraction de la dette totale.

Rockson a averti que l’inaction du gouvernement pourrait potentiellement paralyser la production et l’approvisionnement en électricité, entraînant des pannes de courant généralisées et des répercussions économiques importantes, une situation qui pourrait avoir de graves conséquences pour l’économie du pays.

Les contrats avec les producteurs indépendants sont souvent des accords à long terme, généralement d’une durée de 20 à 25 ans, qui impliquent des investissements importants de la part des producteurs. Le non-respect des obligations de paiement perturbe les opérations en cours et compromet les investissements futurs dans le secteur.

Selon les données de la Commission de l’énergie, la capacité installée actuelle du Ghana est d’environ 5 083 MW, dont 60 % proviennent des producteurs indépendants d’électricité. Toutefois, en raison des inefficacités opérationnelles et des contraintes financières, seuls 60 à 70 % de cette capacité sont disponibles de manière fiable à un moment donné.

Edward Bawa, membre de la commission parlementaire de l’énergie, a critiqué le gouvernement pour ce qu’il a décrit comme des priorités mal placées. Il a attribué le retard dans les paiements à un manque d’attention portée aux questions énergétiques urgentes, un sentiment qui trouve un écho chez beaucoup.

Bawa a noté que « le gouvernement semble plus intéressé par les gains politiques à court terme que par la résolution des problèmes fondamentaux du secteur de l’énergie ». Cette critique suggère que l’accent mis par le gouvernement sur les gains politiques à court terme pourrait conduire à des décisions qui ne sont pas dans le meilleur intérêt du secteur de l’énergie, ce qui pourrait aggraver les problèmes de dette et le risque de coupures de courant.

En réponse aux inquiétudes croissantes, le ministre des Finances, le Dr Mohammed Amin Adam, a assuré au public lors d’une réunion publique à Accra qu’il n’y avait aucun risque imminent d’approvisionnement électrique irrégulier.

Il a plutôt suggéré au gouvernement d’envisager de réduire les tarifs de l’électricité pour alléger la pression financière sur les consommateurs. Cependant, les analystes estiment que de telles mesures offrent un soulagement temporaire sans résoudre les problèmes sous-jacents de la dette.

Un examen plus approfondi de la santé financière des IPP révèle un secteur soumis à de fortes pressions. Nombre de ces entreprises ont recours à des emprunts à court terme coûteux pour maintenir leurs activités, avec des taux d’intérêt dépassant souvent 20 %.

Le coût cumulé du service de la dette érode encore davantage leur rentabilité et leur efficacité opérationnelle. Les experts du secteur préviennent que sans un cadre financier durable, le secteur pourrait être confronté à une faillite en cascade, entraînant des pannes de courant généralisées et des répercussions économiques importantes.

La crise actuelle met également en lumière les défis plus vastes auxquels le secteur énergétique ghanéen est confronté. Malgré des investissements substantiels dans les infrastructures, le secteur reste en proie à des inefficacités, à des incertitudes réglementaires et à une mauvaise gestion financière.

Une approche globale, comprenant des réformes politiques, une surveillance réglementaire améliorée et une gestion financière renforcée, est essentielle pour garantir la stabilité et la fiabilité à long terme de l’approvisionnement en électricité.

Alors que le Ghana doit relever ces défis complexes, le rôle des producteurs indépendants d’électricité (IPP) demeure essentiel. Assurer des paiements ponctuels et favoriser un environnement propice à l’investissement seront essentiels pour éviter une éventuelle crise énergétique et soutenir la croissance économique.