« Colonialistes, vous avez perdu » : les Zimbabwéens suscitent un débat au Royaume-Uni

Maria

« Colonialistes, vous avez perdu » : les Zimbabwéens suscitent un débat au Royaume-Uni


Une VIDÉO montrant des Zimbabwéens chantant une chanson de libération en shona dans le métro de Londres a déclenché un débat houleux sur les réseaux sociaux.

On peut voir le groupe chanter ensemble dans un train, la chanson portant un message destiné aux colonialistes.

Le spectacle a attiré l’attention en raison de son cadre, dans lequel les Zimbabwéens chantent sur le colonialisme alors qu’ils sont entourés de passagers à Londres.

La chanson comprend la phrase « maruza imi vapambepfumi », qui porte le sens que les colonialistes ou les exploiteurs ont perdu.

Les chants de libération ont une longue histoire au Zimbabwe, où la musique était utilisée pour exprimer la résistance au régime colonial et célébrer la lutte du pays pour l’indépendance.

Les Zimbabwéens défendent les performances du métro de Londres

La vidéo a divisé l’opinion, certains utilisateurs des réseaux sociaux défendant le groupe et arguant que la chanson devait être comprise dans son contexte historique.

Un commentateur, Farai Keith, a écrit : « C’est simplement une chanson de libération. Les États-Unis ne célèbrent-ils pas l’indépendance ? Les avez-vous déjà condamnés ? »

Un autre utilisateur, Prince RK Mhlanga, a adopté un avis différent, accusant les chanteurs de se comporter comme les personnes qu’ils critiquent.

« C’est tellement surprenant de vous voir vous comporter comme Israël que vous critiquez jour après jour », a-t-il écrit, tout en remettant en question le message de la chanson.

La discussion a également porté sur la question de savoir si les personnes dans la vidéo étaient des musiciens zimbabwéens en visite en Grande-Bretagne.

Tembelani Sibanda a affirmé que les personnes présentées s’étaient rendues au Royaume-Uni et étaient depuis retournées au Zimbabwe, bien que ce détail n’ait pas été vérifié de manière indépendante.

« Les impérialistes se mettent en colère »

D’autres commentateurs ont fait valoir que la réaction à la vidéo reflétait la sensibilité persistante entourant l’histoire coloniale de la Grande-Bretagne en Afrique.

Un utilisateur, Sharp, a écrit : « Ces gars-là sont trop paresseux pour soutenir une conquête de longue durée. Le pays est presque en faillite. Donc, une fois que leurs benos seront épuisés, ils le feront aussi. »

Un autre intervenant, Thalex, a répondu : « La seule chose qui les empêche de devenir notre viande de déjeuner, c’est notre respect de la loi et de l’ordre. »

Ces commentaires eux-mêmes ont généré un débat plus approfondi, certains utilisateurs affirmant que la conversation avait dépassé la vidéo originale pour s’intéresser à des arguments plus larges sur le colonialisme, la migration et la race.

Une réponse particulièrement incendiaire a décrit des Africains utilisant un langage raciste.

Plutôt que de se concentrer sur ce commentaire, la réaction plus large démontre à quelle vitesse la courte vidéo est devenue un point chaud pour les discussions sur le passé colonial de la Grande-Bretagne et la migration africaine moderne.

Le chant de libération des Zimbabwéens dans un cadre très différent

Pour de nombreux Zimbabwéens, les chansons de l’époque de la libération restent une partie importante de la mémoire culturelle du pays.

Le moment et le lieu de la représentation la rendent néanmoins particulièrement frappante.

Une chanson associée à la lutte de libération du Zimbabwe était entonnée au cœur de l’ancienne puissance coloniale, tandis que les voyageurs semblaient poursuivre leur voyage.

La vidéo a donc suscité une conversation bien plus importante que la performance elle-même, avec des utilisateurs des médias sociaux débattant du colonialisme, de l’identité zimbabwéenne, de la migration et de la question de savoir si les chants de libération ont encore leur place dans la Grande-Bretagne moderne.