La Cour suprême a, par une décision à la majorité de 5 contre 2, déclaré inconstitutionnel le système de délégués utilisé par les partis politiques pour élire leurs candidats à la présidentielle et aux législatives et a ordonné à tous les partis politiques de le remplacer par un système qui permet à tous les membres en règle de voter lors de leurs primaires internes.
Cette décision historique exige que les partis politiques mettent en place les mesures nécessaires dans un délai d’un an après le jugement pour garantir que chaque membre éligible du parti puisse participer directement à la sélection des candidats présidentiels et parlementaires.
Cette décision fait suite à une plainte déposée par l’ancien ministre de l’Environnement, de la Science, de la Technologie et de l’Innovation, le professeur Kwabena Frimpong-Boateng, ainsi que le Dr Nyaho Nyaho-Tamakloe et le Dr Christine Amoako-Nuamah. Les plaignants ont fait valoir que le système de délégués prive les membres ordinaires du parti de leurs droits et viole les principes démocratiques garantis par la Constitution du Ghana de 1992.
Dans son jugement, la Cour a estimé que le fait de restreindre la sélection des candidats à un nombre limité de délégués crée un marché électoral étroit, sensible aux politiques monétaires et aux influences indues. Selon la Cour, élargir la participation à tous les membres en règle favoriserait davantage la démocratie constitutionnelle, renforcerait la participation politique et améliorerait la responsabilité au sein des partis politiques.
La Cour a également statué que la Commission électorale a la responsabilité constitutionnelle de veiller à ce que les partis politiques organisent et conduisent leurs affaires internes conformément aux exigences constitutionnelles. Elle a par conséquent accordé toutes les réparations demandées par les demandeurs.
Dans le cadre de ses ordonnances, la Cour a interdit à tous les partis politiques de continuer à sélectionner des candidats présidentiels et parlementaires par le biais du système de délégués. Au lieu de cela, il leur a ordonné d’adopter de nouvelles dispositions d’ici un an qui permettront à tous les membres en règle de voter lors de leurs primaires internes.
Cependant, la Cour a précisé que sa décision n’invaliderait pas les mesures prises dans le cadre du système de délégation précédent avant l’arrêt. Il a statué que toutes les décisions, nominations et autres actions légalement entreprises dans le cadre de l’ancien arrangement resteraient valides et ne seraient pas affectées du seul fait de la nouvelle décision.
L’affaire a été entendue par un panel de sept membres comprenant le juge en chef Paul Baffoe-Bonnie, le juge Gabriel Scott Pwamang, le juge Issifu Omoro Tanko Amadu, le juge Samuel Kwame Adibu-Asiedu, le juge Senyo Dzamefe, le juge Ernest Yao Gaewu et le juge George Kingsley Koomson.
La décision majoritaire a été soutenue par cinq juges, tandis que le juge Samuel Kwame Adibu-Asiedu et le juge Ernest Yao Gaewu étaient dissidents.
Le jugement devrait remodeler considérablement les processus électoraux internes des partis politiques au Ghana en remplaçant le système de délégués de longue date par une approche plus large, un membre, une voix, pour la sélection des candidats présidentiels et parlementaires.






