Pétition déposée pour empêcher JSC de publier les notes de performance des juges

Maria

Pétition déposée pour empêcher JSC de publier les notes de performance des juges

Un pétitionnaire s’est adressé à la Haute Cour pour tenter d’empêcher la Commission du service judiciaire (JSC) de publier les notes de performance individuelles des juges et des officiers de justice, arguant que cette décision est illégale et constitue une menace pour l’indépendance judiciaire.

Dans une requête constitutionnelle déposée en vertu d’un certificat d’urgence, Duncan Kariuki demande des ordonnances provisoires interdisant à la JSC et à son secrétaire de divulguer les données en attendant l’audience et la décision de l’affaire.

Pourquoi le pétitionnaire souhaite-t-il empêcher JSC de publier les notes de performance des juges ?

Par l’intermédiaire de Gathenji & Co. Advocates, Kariuki fait valoir que la commission a l’intention de publier les données de performance à partir du mercredi 15 juillet, malgré l’absence d’un cadre statutaire régissant la manière dont les informations doivent être collectées, évaluées et rendues publiques.

Il affirme qu’il n’existe aucune réglementation, politique ou instrument juridique autorisant la publication de statistiques individuelles sur la performance judiciaire.

Selon la requête, même si l’évaluation des performances judiciaires est autorisée, elle doit être entreprise strictement dans le cadre établi par la loi sur le service judiciaire et tout règlement pris en vertu de celle-ci.

Le pétitionnaire affirme en outre que la commission a annoncé son intention de divulguer les données lors de la déclaration du candidat retenu pour le poste vacant de juge à la Cour suprême, bien que la question ne figure pas à l’ordre du jour de la commission ni ne soit soutenue par une résolution formelle.

Quelles questions constitutionnelles le pétitionnaire a-t-il soulevées ?

Kariuki affirme que la publication de données sur les performances individuelles sans cadre juridique clair pourrait exposer les juges et les auxiliaires de justice à des pressions extérieures, compromettant ainsi leur indépendance.

Il affirme en outre qu’une telle démarche pourrait détourner l’attention du public de la qualité des décisions judiciaires vers le nombre d’affaires conclues.

La pétition souligne également que les juges et les magistrats ne peuvent pas contrôler tous les facteurs affectant l’avancement des affaires, notamment les ajournements, le manque de personnel, les maladies et autres problèmes administratifs, ce qui fait des chiffres bruts de performance un indicateur peu fiable de leur travail.

À l’appui de son argument, Kariuki cite les instruments internationaux sur l’indépendance judiciaire, notamment les Principes fondamentaux sur l’indépendance du pouvoir judiciaire et la Déclaration de Nauru sur le bien-être judiciaire, affirmant que la publication des données pourrait éroder la confiance du public dans le pouvoir judiciaire et interférer avec une prise de décision impartiale.

Quelles ordonnances le pétitionnaire demande-t-il ?

En plus de demander des ordonnances temporaires stoppant la publication des données de performance, Kariuki souhaite que la Haute Cour certifie que l’affaire soulève des questions constitutionnelles substantielles en vertu de l’article 165(4) de la Constitution.

Il demande que l’affaire soit renvoyée devant une formation composée d’un nombre impair de juges pour décision.