Des groupes de défense des droits condamnent les allégations d’intimidation de militants communautaires après un témoignage au Parlement sur une mine chinoise

Maria

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QUATRE organisations de la société civile zimbabwéenne ont accusé un haut responsable du gouvernement d’avoir intimidé des militants communautaires après que ceux-ci aient témoigné devant le Parlement sur des allégations d’abus environnementaux et de travail liés à une société minière chinoise dans le district de Buhera.

Dans une déclaration commune publiée vendredi, le Centre pour la gouvernance des ressources naturelles (CNRG), le Zimbabwe Diamond and Allied Workers Union (ZIDAWU), le Centre pour la recherche et le développement de la paix en Afrique (CPRDA) et le Zivai Community Empowerment Trust (ZICET) ont condamné ce qu’ils ont décrit comme des menaces dirigées contre le Buhera Residents Network Trust (BRNT) suite à sa comparution devant la commission du portefeuille du Parlement sur l’environnement, le climat et la faune.

Les organisations ont déclaré que les allégations d’intimidation sont survenues après que BRNT ait fait une présentation orale aux législateurs le 6 juillet détaillant ce qu’elle considère comme les impacts environnementaux, sociaux et sur le travail des opérations minières de Sabi Star, exploitées par Maxi Mind Investments, une société chinoise.

Selon le communiqué, le groupe communautaire a exprimé ses inquiétudes concernant la dégradation présumée de l’environnement, la contamination des sources d’eau, le captage excessif d’eau, les conditions de travail dangereuses, la pollution par la poussière et le déplacement des communautés locales.

« A la suite de la présentation orale du BRNT au Parlement… un haut responsable du gouvernement a publiquement publié une déclaration menaçante à l’encontre de l’organisation et de son représentant. Une telle conduite est inacceptable dans une démocratie constitutionnelle et porte atteinte à l’autorité du Parlement en tant qu’institution créée pour recevoir les preuves des citoyens sans crainte ni faveur », ont déclaré les organisations.

Les groupes ont fait valoir que les allégations présentées au Parlement étaient des questions d’intérêt public nécessitant un examen indépendant plutôt que des différends personnels.

« Il s’agit de questions d’un profond intérêt public. Il ne s’agit pas de griefs personnels. Elles soulèvent des questions concernant le respect des lois du Zimbabwe sur l’environnement, le travail et l’exploitation minière et justifient donc une enquête approfondie et impartiale de la part du Parlement et des institutions de contrôle compétentes », indique le communiqué.

Les organisations ont averti que l’intimidation des témoins qui témoignent devant les commissions parlementaires pourrait affaiblir le rôle de contrôle constitutionnel du Parlement.

« Nous estimons que cette tentative effrontée de discréditer et d’intimider les citoyens qui présentent des preuves devant le Parlement frappe au cœur de l’ordre constitutionnel du Zimbabwe », ont-ils déclaré.

Ils ont cité plusieurs dispositions de la Constitution du Zimbabwe, notamment l’article 119, qui confère au Parlement des responsabilités de contrôle sur les institutions gouvernementales, l’article 67 sur la participation des citoyens à la gouvernance, l’article 62 sur l’accès à l’information et l’article 73, qui garantit le droit à un environnement qui ne soit pas nocif pour la santé ou le bien-être.

La coalition a déclaré que les communautés affectées doivent être libres de signaler leurs préoccupations environnementales et de demander des comptes au Parlement sans crainte de représailles.

Cette déclaration intervient dans un contexte de surveillance croissante des activités minières au Zimbabwe, où les communautés et les groupes environnementaux ont exprimé à plusieurs reprises leurs inquiétudes concernant la pollution, les conditions de travail et les déplacements liés à certains projets miniers à grande échelle, y compris ceux impliquant des investisseurs étrangers.