Un militant de Harare s’est adressé à la Haute Cour pour tenter d’empêcher le gouvernement de projeter de promulguer et de mettre en œuvre des dispositions clés du projet de loi d’amendement n° 3 à la Constitution du Zimbabwe (CAB3), à moins qu’elles ne soient soumises à un référendum national.
Le militant Youngerson Matete a déposé une plainte contre le Parlement du Zimbabwe, le président Emmerson Mnangagwa, le ministre de la Justice Ziyambi Ziyambi, la Commission électorale du Zimbabwe (ZEC) et le procureur général.
Dans sa requête, Matete demande une ordonnance déclaratoire stoppant la promulgation et la mise en œuvre des clauses 4, 9 et 10 du CAB3 à moins qu’elles ne soient d’abord approuvées par les citoyens par référendum.
Les principales propositions incluent l’extension du mandat du président, des députés et des autorités locales de cinq à sept ans. Le projet de loi vise également à abolir les élections présidentielles directes et à les remplacer par un système dans lequel le président est élu par les membres du Parlement.
D’autres réformes proposées incluent le transfert des tâches d’inscription des électeurs de la ZEC au registraire général, la création d’une commission distincte de délimitation électorale du Zimbabwe, l’augmentation du nombre de sénateurs nommés et la dissolution de la Commission du genre en fusionnant ses fonctions dans la Commission des droits de l’homme du Zimbabwe.
Il fait valoir que les amendements proposés relèvent des dispositions constitutionnelles protégées par l’article 328 de la Constitution, qui limite les pouvoirs du Parlement de modifier des clauses bien établies sans l’approbation directe du public.
Entre autres réparations, Matete souhaite que la Haute Cour déclare que toute tentative de mettre en œuvre les dispositions contestées sans référendum serait « inconstitutionnelle, illégale et sans force ni effet ».
Il demande également une ordonnance interdisant au Parlement, au président Mnangagwa et au ministère de la Justice de prendre de nouvelles mesures pour mettre en œuvre les amendements jusqu’à ce qu’un référendum ait été organisé.

Matete souhaite en outre que la ZEC soit chargée d’organiser et de conduire un référendum national si le projet de loi est adopté par le Parlement.
Le CAB3, publié au Journal officiel en février de cette année, propose des changements majeurs au cadre constitutionnel et électoral du Zimbabwe.
Dans sa déclaration sous serment fondatrice, Matete a déclaré que les réformes proposées modifient fondamentalement la structure démocratique du Zimbabwe et ne devraient pas se poursuivre sans la participation directe des électeurs.
« Le projet de loi propose des changements fondamentaux à la structure démocratique du Zimbabwe, notamment en prolongeant les mandats présidentiels et parlementaires de cinq à sept ans et en remplaçant les élections présidentielles directes par un processus de sélection parlementaire », a-t-il déclaré.
Il a en outre soutenu que la Constitution protège les droits des citoyens à participer directement à la gouvernance constitutionnelle.
« Le fait de ne pas soumettre les amendements proposés à un référendum prive illégalement les citoyens du Zimbabwe de leur droit constitutionnel de participer directement à la gouvernance constitutionnelle concernant les dispositions constitutionnelles bien établies », peut-on lire dans l’affidavit.
Matete a également déclaré au tribunal que la suprématie constitutionnelle et la participation démocratique étaient menacées si les amendements étaient adoptés uniquement par le Parlement.
« Je soutiens que si les défendeurs procédaient à la promulgation du projet de loi d’amendement à la Constitution du Zimbabwe (n° 3) sans soumettre au préalable les amendements proposés à un référendum national, cela porterait atteinte à la suprématie constitutionnelle, à la souveraineté du peuple, à la participation démocratique, à l’État de droit et aux garanties procédurales consacrées par l’article 328 », a-t-il soutenu.
Le demandeur a cité les observations présentées par la Conférence des évêques catholiques du Zimbabwe, le Conseil des Églises du Zimbabwe et la Law Society of Zimbabwe, qui soulèvent des inquiétudes quant à la nécessité d’un référendum avant que les amendements puissent entrer en vigueur.
La requête en justice fait suite à un débat croissant sur le CAB3, les responsables du parti au pouvoir et du gouvernement affirmant que le projet de loi ne nécessite pas de référendum, tandis que les critiques soutiennent que les changements proposés pourraient affaiblir considérablement la responsabilité démocratique et les garanties constitutionnelles.
L’affaire déposée par l’intermédiaire du Forum des ONG des droits de l’homme du Zimbabwe, avec l’avocat Wilbert Mandinde agissant pour le demandeur, n’a pas encore été entendue.







