Une délégation de haut niveau du Groupe de la Banque africaine de développement arrive demain au Zimbabwe pour une série de réunions stratégiques sur le projet de barrage et de pipeline Glassblock Bopoma, d’un montant de 100 millions de dollars, alors que le gouvernement intensifie ses efforts pour débloquer des financements à grande échelle pour les infrastructures critiques du Matabeleland.
La mission de cinq jours, qui se déroulera du 11 au 15 mai, devrait se concentrer sur le cadre commercial, technique et environnemental qui sous-tend un projet de plus en plus considéré comme essentiel à la sécurité de l’eau et à la reprise industrielle à long terme de Bulawayo.
Le développement proposé, avancé grâce à un partenariat public-privé dirigé par le Consortium JR Goddard, comprendra la construction d’un barrage de 130 millions de mètres cubes et d’un pipeline de 32 kilomètres reliant le réservoir au système d’eau de Ncema.
Une fois achevé, le projet devrait fournir quotidiennement 68 mégalitres d’eau supplémentaires à Bulawayo, une ville aux prises depuis des décennies avec des pénuries récurrentes qui ont limité la production industrielle, l’expansion urbaine et l’activité commerciale.
La délégation de la BAD sera dirigée par M. Mecuria Assefaw, chef de division de la banque pour la sécurité de l’eau en Afrique australe et orientale, aux côtés de spécialistes environnementaux et sociaux qui devraient évaluer la structure de financement du projet, les exigences de mise en œuvre et le cadre plus large de bancabilité.
Des réunions sont prévues avec des responsables des principaux ministères du gouvernement, de l’Autorité nationale de l’eau du Zimbabwe, de l’Agence d’investissement et de développement du Zimbabwe, du conseil municipal de Bulawayo, des institutions financières locales et des sponsors de projets.
Dans le cadre de l’arrangement proposé, le conseil municipal de Bulawayo devrait agir en tant que collecteur d’eau, tandis que l’Autorité nationale de l’eau du Zimbabwe joue un rôle central de coordination technique et institutionnelle dans le cadre plus large de prestation.
Les discussions entre les parties prenantes devraient se concentrer sur les modalités de financement, les garanties environnementales et sociales, les délais de mise en œuvre et le projet d’accord d’achat d’eau, considéré par les financiers comme un élément essentiel de la viabilité commerciale du projet.

La mission intervient dans un contexte d’intérêt croissant des investisseurs pour le secteur des infrastructures du Zimbabwe, y compris un intérêt financier signalé par la Standard Bank South Africa, alors que les autorités cherchent à attirer les financements privés et de développement vers les infrastructures publiques stratégiques.
Les responsables impliqués dans le processus affirment que le gouvernement a joué un rôle facilitateur dans la coordination des engagements entre les financiers, les promoteurs de projets et les institutions publiques, notamment en ce qui concerne l’alignement réglementaire, les négociations d’achat et les structures de mobilisation des investissements requises pour des projets de cette envergure.
Le projet Glassblock Bopoma devrait également compléter l’initiative en cours du barrage Gwayi-Shangani, qui fait partie d’efforts plus larges visant à stabiliser l’approvisionnement en eau à long terme dans le Matabeleland et à soutenir la croissance industrielle dans la deuxième plus grande ville du Zimbabwe.
Bien que la mission de la BAD représente une étape importante pour le projet, les progrès ultérieurs restent soumis à des processus de diligence raisonnable techniques, environnementaux, juridiques et financiers.






