Les concessionnaires d’Abossey Okai menacent de faire grève contre l’augmentation de la TVA

Maria

Taxe sur la valeur ajoutée (TVA)

L’Association des revendeurs de pièces de rechange Abossey Okai a mis en garde contre une éventuelle grève d’une semaine si le gouvernement ne réexamine pas de toute urgence le nouveau régime de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) en vertu de la loi de 2025 sur la taxe sur la valeur ajoutée (loi 1151).

Dans un communiqué de presse daté du samedi 8 février 2026 et signé par son responsable de la communication, Takyi Addo, l’Association a déclaré que le taux de TVA actuel de 20 % nuit aux prix, à la compétitivité et à la conformité dans le secteur des pièces de rechange. Le taux effectif de TVA sur les pièces détachées est passé d’environ 4 pour cent sous le régime fiscal précédent à 20 pour cent sous le nouveau régime.

L’Association a expliqué qu’un article précédemment vendu pour 500 GH¢ attirait 20 GH¢ de TVA dans le cadre de l’ancien système, ce qui portait le prix total à 520 GH¢. Sous le nouveau régime, le même article est désormais taxé à 100 GH¢, ce qui porte le prix final à 600 GH¢. Cela représente un fardeau supplémentaire de 80 GH¢ pour les consommateurs pour le même produit, à un moment où de nombreux Ghanéens sont aux prises avec le coût de la vie élevé.

Selon les concessionnaires, les entreprises assujetties à la TVA ont enregistré une baisse moyenne de leurs ventes d’environ 15 pour cent depuis la mise en œuvre du nouveau régime fiscal. Cette forte baisse a eu un impact négatif sur les moyens de subsistance, a réduit la conformité et a contraint de nombreux clients à transférer leurs achats vers des vendeurs informels et non conformes, note le communiqué.

Le groupe a averti que cette tendance compromet en fin de compte la mobilisation des recettes publiques et menace la durabilité des entreprises légitimes au sein de l’enclave commerciale d’Abossey Okai et au-delà. Les concessionnaires ont appelé la Ghana Revenue Authority (GRA) à retirer de toute urgence l’augmentation de 20 pour cent de la TVA et à ouvrir des discussions avec les parties prenantes pour développer un cadre fiscal plus pratique et plus favorable aux entreprises.

Comme alternative, l’Association propose un régime de TVA simplifié adapté au secteur des pièces détachées. Il estime qu’un tel système pourrait augmenter la collecte des recettes d’au moins 10 pour cent grâce à une meilleure conformité et formalisation, réduire l’évasion fiscale, élargir le filet fiscal et restaurer une concurrence équitable au sein du marché.

Les concessionnaires préconisent un taux de TVA compris entre 5 et 8 pour cent, qui, selon eux, alignerait le Ghana sur ses concurrents régionaux et améliorerait la compétitivité des entreprises locales de pièces de rechange. Ils ont également proposé l’introduction d’un régime de TVA simplifié spécifique au secteur, avec un taux forfaitaire d’environ 3 pour cent, appliqué uniformément, que les marchandises soient importées directement ou d’origine locale.

Tout en exprimant son soutien aux efforts du gouvernement visant à élargir l’assiette fiscale et à renforcer la mobilisation des recettes, l’Association a fait valoir que le taux de 20 pour cent est trop élevé pour le commerce des pièces détachées, qui fonctionne généralement avec de faibles marges bénéficiaires. Les concessionnaires estiment qu’un taux réduit rétablirait l’équité, encouragerait l’observation volontaire, protégerait les emplois et, en fin de compte, augmenterait les recettes publiques en réduisant les fuites fiscales.

L’Association a déclaré qu’elle restait ouverte au dialogue avec les autorités, mais a averti que le fait de ne pas revoir la structure de la TVA pourrait déclencher une grève d’une semaine. La grève proposée impliquerait la fermeture de tous les magasins de pièces détachées dans la zone commerciale d’Abossey Okai, ce qui pourrait perturber les services de réparation et d’entretien des véhicules dans la région du Grand Accra.

La Loi sur la taxe sur la valeur ajoutée de 2025 (Loi 1151) a été adoptée par le Parlement dans le cadre des mesures de mobilisation des recettes du gouvernement visant à accroître la mobilisation des ressources intérieures et à réduire la dépendance à l’égard des emprunts extérieurs. La législation a introduit plusieurs changements au régime de TVA, notamment des ajustements des taux et des mécanismes de conformité.

Abossey Okai, situé dans la région métropolitaine d’Accra, est le plus grand marché de pièces détachées automobiles du Ghana, au service des mécaniciens, des propriétaires de véhicules et des entreprises à travers le pays. Le marché emploie des milliers de commerçants et soutient une partie importante de l’industrie de la réparation automobile au Ghana.

La GRA n’a pas encore publié de réponse officielle à la déclaration de l’association ni à la menace d’action revendicative. L’autorité fiscale est mandatée par la loi pour administrer et faire appliquer la législation fiscale, y compris la collecte de la TVA et le contrôle de la conformité dans tous les secteurs de l’économie.

Ce n’est pas la première fois que les revendeurs de pièces détachées d’Abossey Okai se heurtent au fisc. En octobre 2023, l’Association s’est lancée dans une grève d’occupation contre l’exercice de conformité et de police manuelle de la GRA, qu’elle a décrit comme intimidant et irrespectueux. Cette grève a été suspendue après que le GRA ait retiré son personnel des magasins à la suite de négociations.

Le différend actuel survient dans le cadre d’efforts plus larges du gouvernement visant à augmenter les recettes fiscales et à améliorer la conformité dans le secteur informel. Le ministère des Finances a fixé des objectifs de revenus ambitieux pour 2026 dans le cadre du programme de relance économique du Ghana soutenu par le Fonds monétaire international (FMI).

Les analystes du secteur ont noté que le secteur des pièces détachées automobiles est particulièrement sensible aux changements fiscaux en raison de la concurrence intense des commerçants formels et informels, ainsi que de la concurrence des pays voisins où les régimes fiscaux peuvent être plus favorables.

Les dirigeants de l’Association ont appelé le gouvernement à reconnaître les caractéristiques uniques du commerce des pièces de rechange et à adopter une approche fiscale qui équilibre les objectifs de revenus avec les réalités de l’environnement des affaires. Ils ont souligné que des taux d’imposition punitifs pourraient pousser davantage d’entreprises vers le secteur informel, réduisant ainsi les recettes publiques au lieu de les augmenter.