Le Conseil traditionnel de Mamprugu critique le gouvernement pour l’arrestation et le retrait de Bawku Naaba

Maria

Alhqji Seidu

Le Conseil traditionnel de Mamprugu a fermement condamné le retrait du Bawku Naaba, Naa Sheriga Alhaji Seidu Abagre, de Bawku, qualifiant cette action d’illégale, d’inconstitutionnelle et de profondément troublante.

Dans une déclaration publiée le 26 décembre 2025, le Nayiri, suzerain et roi du Mamprugu, a accusé le gouvernement du Ghana de procéder à des arrestations aveugles, à des intimidations et à un harcèlement de citoyens mamprusi respectueux de la loi sous prétexte de faire respecter un processus de médiation sur le conflit de Bawku.

Le communiqué décrit le retrait du Bawku Naaba comme l’évolution la plus inquiétante, alléguant que l’opération a entraîné la mort de deux citoyens innocents de Mamprusi et fait plusieurs autres blessés. Selon le Conseil traditionnel de Mamprugu, l’action a été menée malgré ce qu’il appelle « l’inconstitutionnalité évidente et l’infirmité juridique » de l’opération.

Le Nayiri a également condamné l’arrestation d’un membre exécutif de l’Association de la jeunesse de Mamprugu, Alhaji Inusah Abdul-Majeed Badigamsira, qui aurait été arrêté vers 2 heures du matin le 23 décembre. Le conseil a déclaré que son arrestation était uniquement due au partage d’un document rédigé par Martin Amidu sur le processus de médiation, alors que l’auteur lui-même n’a pas été interrogé, une situation que le conseil a qualifiée de justice sélective.

Le communiqué avertit que de telles actions, menées sous le couvert de l’obscurité, violent les libertés constitutionnelles, attisent les tensions et sapent les efforts de paix. Il a souligné que la répression ne peut être confondue avec une médiation et que la force ne peut pas remplacer la justice.

Selon le Conseil traditionnel de Mamprugu, le recours aux arrestations arbitraires, à l’intimidation, aux assassinats et au déploiement des forces de sécurité de l’État est non seulement illégal, mais dangereusement contre-productif, renforçant la peur et la méfiance au sein des communautés déjà touchées par des conflits de longue date.

Le conseil a en outre rappelé au gouvernement que l’arrestation, la détention ou l’expulsion des Bawku Naaba constituent une violation directe de la Constitution de 1992. Il a insisté sur le fait que le statut de chef de Naa Sheriga Alhaji Seidu Abagre reste intact et ne peut être éteint ou diminué par une arrestation ou une action de l’État.

La constitution, a noté le conseil, garantit l’institution de la chefferie et interdit à toute personne ou autorité de conférer, de retirer ou de modifier la reconnaissance d’un chef en dehors des coutumes et traditions de la région concernée.

Le Conseil traditionnel de Mamprugu s’est dit particulièrement troublé par l’explication du gouvernement selon laquelle cette mesure avait été prise sur la base des recommandations du rapport de médiation d’Otumfuo Osei Tutu II sur l’affaire Bawku, insistant sur le fait que cette justification ne prévaut pas sur le droit constitutionnel et coutumier.

La déclaration se termine par un appel à la retenue, au respect de l’État de droit et à un véritable dialogue, avertissant que la poursuite des actions brutales risque d’aggraver les tensions plutôt que d’apporter une paix durable à Bawku et aux communautés environnantes.