«Une nation qui retarde le salaire de ses guérisseurs est déjà malade dans l’âme.»
Dans l’ensemble du Ghana, des centaines d’infirmières et d’autres professionnels de la santé ont enduré près de dix mois sans salaire. En protestation, ils se sont rendus au ministère de la Santé et plus tard au ministère des Finances, plaidant pour ce qui aurait dû être un droit de base. Pourtant, malgré ces difficultés, beaucoup continuent de se présenter au devoir. Ils continuent de guérir, de réconforter et de servir, même lorsqu’ils se voient refuser les moyens de soutenir leur propre vie.
Cette situation va au-delà des retards de salaire. Il reflète une réalité plus profonde et plus troublante: une gouvernance faible et une absence de leadership responsable au sein du système de santé.
Dépression de gouvernance
L’incapacité persistante à payer les agents de santé pendant de longues périodes révèle une grave rupture de coordination entre le ministère de la Santé, le ministère des Finances et le Ghana Health Service. Il expose une bureaucratie qui réagit plutôt que les plans, et qui justifie l’inefficacité au lieu de la réformer.
Dans les systèmes de santé qui fonctionnent bien tels que le National Health Service au Royaume-Uni, le paiement en temps opportun est considéré comme un obligation de diligence et une sauvegarde pour la main-d’œuvre. Un système qui ne peut garantir la sécurité financière de ses employés ne peut prétendre à protéger ses citoyens. L’excellence ne peut pas prospérer parmi les professionnels qui vivent avec anxiété, incertitude et faim.
Le coût humain
Une infirmière qui parcourt des kilomètres au travail chaque matin ou qui ne peut pas payer de loyer parce que son salaire a été retenu, est à la fois un héros et une victime de la négligence de l’État. Beaucoup empruntent de l’argent pour survivre. Certains sauts de repas. D’autres envisagent tranquillement de quitter complètement le pays. Les effets psychologiques sont immenses. Le stress, l’épuisement professionnel et les blessures morales sont désormais courants chez ces travailleurs qui ont choisi de servir malgré les chances.
Ce ne sont pas des nombres sur une feuille de calcul. Ce sont des êtres humains qui détiennent le système de santé fragile du Ghana ainsi que la compassion et la résilience.
Lorsque le moral décède, les systèmes s’effondrent
Chaque année, le Ghana perd des milliers d’infirmières, sages-femmes et médecins de formation dans des pays tels que le Royaume-Uni, le Canada, les États-Unis et plusieurs nations au Moyen-Orient. La décision de migrer ne concerne pas toujours l’argent. Il s’agit également de respect, de stabilité et de dignité professionnelle.
Pendant ce temps, le Ghana continue de former des professionnels de la santé qui finissent par servir d’autres nations. Il s’agit d’un paradoxe douloureux pour un pays qui a encore du mal à répondre à ses propres besoins de santé de base.
Si la gouvernance n’est pas renforcée, le Ghana perdra ses guérisseurs bien avant de guérir les malades.
Le remède systémique
Cette crise nécessite plus que des déclarations et des promesses. Il exige un leadership intentionnel et une réforme pratique. Trois interventions sont particulièrement urgentes.
1. Établir un cadre de leadership de sauvegarde
La gouvernance de la santé doit hiérarchiser le bien-être de la main-d’œuvre et la protection professionnelle. La sauvegarde ne devrait pas se terminer par les soins aux patients. Il doit également inclure le bien-être et la sécurité du personnel.
2. Numériser et intégrer les systèmes de paie
Les ressources humaines, la finance et le service de santé du Ghana doivent être connectés via une seule base de données biométrique vérifiée. Cette intégration supprimera les retards inutiles, réduira les interférences politiques et assurera la responsabilité.
3. Créer un médiateur de la santé de la santé
Un organisme indépendant doit être créé pour enquêter sur les plaintes relatives à la rémunération, au bien-être et à la sécurité au travail. La transparence doit devenir un principe de leadership, et non une réflexion après coup.
Le leadership est le vaccin manquant
La plus grande maladie du secteur de la santé du Ghana n’est pas le paludisme, le choléra ou même le Covid-19. C’est l’apathie du leadership.
Un gouvernement qui néglige le bien-être de ses guérisseurs ne peut pas s’attendre à ce que ses habitants soient en bonne santé. La véritable force d’un système de santé n’est pas mesurée par le nombre d’hôpitaux construits, mais par la façon dont une nation valorise et protège ceux qui gardent le système en vie.
Le leadership éthique commence par la compréhension que les agents de santé ne sont pas des charges financières. Ce sont des actifs vitaux dont le bien-être détermine la santé globale de la nation.
À propos de l’auteur
Christian Aboagye est un praticien en santé mentale et gouverneur du NHS au Greater Manchester Mental Health NHS Foundation Trust. Il poursuit un MSC en leadership avancé en pratique professionnelle à l’Université de Manchester. Il est également le fondateur de Krisem Limited et Krisem News (Royaume-Uni), où il plaide pour le leadership éthique, la santé mentale et la sauvegarde au sein des systèmes de santé.
Pratiquant en santé mentale et gouverneur du NHS, Greater Manchester Mental Health NHS Foundation Trust
Candidat MSC en leadership avancé, Université de Manchester
Fondateur, Krisem Limited et Krisem News (Royaume-Uni)






