Projet secrète de l’Égypte et Mogadiscio ….

Maria

Jubaland sous siège _ Somalie Jubaland sous siège _ Somalie

Par Abdirezak Sahane Elmi

Résumé exécutif

Ce rapport d’enquête expose un projet dangereux et en cours visant à déstabiliser l’État membre fédéral du Jubaland, un tampon de sécurité crucial dans le sud de la Somalie. Le plan, élaboré au Caire et mis en œuvre par le biais des plus grands cercles politiques et de renseignement de Mogadishu, menace non seulement le Jubaland mais la stabilité du Kenya, de l’Éthiopie et de la corne plus large de l’Afrique.

Les architectes clés, le président de la Somalie Hassan Sheikh Mohamud, le chef de l’agence nationale des renseignements et de la sécurité (NISA) Mahad Salad, le président égyptien Abdel Fattah El-Sissi, et le chef des renseignements égyptiens, ont forgé un accord bilatéral secret. Financé par l’Égypte en espèces, armes et équipements militaires, le projet vise à:

1. Affaiblissez le leadership de Jubaland et créez un vide de sécurité.

2. Développez l’influence géopolitique de l’Égypte dans la corne pour saper l’Éthiopie dans le différend du Nil.

3. Perturber la sécurité du Kenya et réduire son influence régionale.

La première tentative de déstabiliser Jubaland dans Ras Kamboni, s’est terminée par une défaite humiliante pour les attaquants, mais le complot continue. Le président Ahmed Mohamed Islam (Madobe), un homme d’État respecté et un adversaire inflexible des forces extrémistes, est la principale cible. Sa coopération avec le Kenya et l’Éthiopie dans les efforts de lutte contre le terrorisme menace directement le plan du Caire – Mogadiscio.

À moins que les acteurs régionaux et internationaux n’agissent maintenant, en renforçant les défenses du Jubaland, en confrontant les tactiques de déstabilisation de Mogadiscio et en réduisant l’ingérence secrète de l’Égypte, la corne risque glisser dans une crise multi-front impliquant le terrorisme, l’effondrement de l’État et la catastrophe humanitaire.

1. Introduction: pourquoi le jubaland compte

Jubaland n’est pas simplement un autre État fédéral somalien. Sa position géopolitique, son rôle de sécurité et ses alliances régionales en font une pierre angulaire de stabilité dans la corne de l’Afrique. Bordé par le Kenya au sud-ouest, la région somalienne de l’Éthiopie au nord et l’océan Indien à l’est, le Jubaland contrôle certains des passages frontaliers et des zones côtières les plus stratégiques de la Somalie.

Il sert de zone tampon contre l’infiltration d’al-Shabaab au Kenya et en Éthiopie, tout en facilitant la livraison d’aide humanitaire et le commerce légitime. Son capital, Kismayo, est à la fois un centre commercial et une base logistique vitale pour les opérations de lutte contre le terrorisme.

Au cours de la dernière décennie, le gouvernement du Jubaland, sous le président Ahmed Mohamed Islam, s’est avéré être un partenaire efficace à la fois à la mission de transition de l’Union africaine en Somalie (Atmis) et aux pays voisins pour réduire le contrôle militant et en expansion les zones de sécurité.

Pour le Kenya, la stabilité du Jubaland s’acquitte directement des comtés de Garissa, Wajir et de Mandera des incursions militantes transfrontalières. Pour l’Éthiopie, il aide à sécuriser la région somalienne de l’infiltration extrémiste et de la contrebande d’armes. Perdre la stabilité de Jubaland signifierait exposer ces zones à un accès terroriste ininterrompu.

2. Contexte sur le président Ahmed Mohamed Islam

Ahmed Mohamed Islam, largement connu sous le nom de Madobe, n’est pas seulement une figure politique – il est un leader de première ligne façonné par les décennies de conflit de la Somalie.

• Réglez le leadership: la carrière politique d’Ahmed a commencé au début des années 2000, mais son leadership a été solidifié lors de la lutte pour libérer Kismayo du contrôle extrémiste en 2012.

• Réalisations de la sécurité: Sous sa surveillance, les forces de sécurité du Jubaland ont poussé Al-Shabaab plus loin des principaux centres urbains, perturbant leurs voies de contrebande côtière et frontalière.

• Alliances régionales: Ahmed a cultivé une profonde confiance avec les établissements de sécurité kenyans et éthiopiens, basés sur des opérations de renseignement partagées, des patrouilles conjointes et des grèves coordonnées.

• Crédibilité internationale: Contrairement à de nombreux dirigeants somaliens, Ahmed est reconnu à l’étranger comme un partenaire cohérent et digne de confiance, en particulier sur les mesures de lutte contre le terrorisme et anti-piratage.

Ces qualités, l’intégrité, l’indépendance et la gouvernance efficace font de lui un obstacle aux ambitions de centralisation de Mogadiscio et au programme d’interférence de l’Égypte.

3. Le complot du Caire – Mogadiscio

Plusieurs initiés de sécurité confirment que la déstabilisation du Jubaland fait partie d’une opération délibérément planifiée du Caire – Mogadiscio.

Joueurs clés:

• Hassan Sheikh Mohamud – Président de la Somalie.

• Mahad Salad – Directeur de Nisa, l’appareil de renseignement de la Somalie.

• Abdel Fattah El-Sissi – président de l’Égypte.

• Chef du renseignement égyptien – coordinateur stratégique du projet.

Objectifs:

1. Déstabiliser Jubaland pour discréditer Ahmed Mohamed Islam et démanteler son administration.

2. Développez l’influence du Caire dans le klaxon, en particulier comme effet de levier dans le différend sur l’eau du Nil contre l’Éthiopie.

3. Maisse la sécurité des frontières du Kenya pour réduire l’avantage opérationnel de Nairobi dans la diplomatie régionale et les questions de sécurité.

Financement et logistique:

L’Égypte aurait fourni des injections en espèces directes, des armes avancées et une formation opérationnelle par le biais de canaux secrètes. Le leadership de Mogadiscio a utilisé ces ressources pour armer les milices loyalistes, mener des campagnes de désinformation et provoquer des affrontements armés dans le territoire du Jubaland.

4. La première opération: Ras Kamboni

Le premier test opérationnel de ce plan s’est déroulé à Ras Kamboni, une zone côtière stratégique près de la frontière kenyane. Les forces alignées fédérales ont tenté une offensive surprise pour prendre pied dans le territoire du Jubaland.

Ce qui s’est passé:

• La force offensive était composée d’unités de mogadiscio-loyalistes soutenues par des armes nouvellement acquises et formées avec l’aide égyptienne.

• L’objectif était de provoquer une crise de sécurité qui justifierait l’occupation militaire fédérale.

• Les forces de sécurité de Jubaland, anticipant le déménagement, ont contre-attaqué de manière décisive.

L’opération s’est terminée par une défaite claire pour les alliés de Mogadiscio, avec une perte importante d’équipement et de moral.

Conséquences:

Les planificateurs du Caire, frustrés par le revers, ont exigé une réévaluation urgente. Hassan Sheikh et Mahad Salad se sont rendus en Égypte le mois dernier pour rencontrer directement des responsables du renseignement égyptien. Selon des rapports fiables, l’Égypte a insisté sur le fait que la prochaine tentative doit réussir – «l’échec ne sera pas toléré».

5. Jeu stratégique de l’Égypte dans la corne de l’Afrique

L’intérêt de l’Égypte à déstabiliser le Jubaland ne concerne pas la politique intérieure somalienne, il s’agit de la politique régionale de l’eau et du pouvoir.

La connexion du Nil:

• L’Égypte considère que le grand barrage de la Renaissance éthiopienne de l’Éthiopie (RGO) comme une menace stratégique pour sa sécurité de l’eau.

• Affaiblissement de l’environnement de sécurité de l’Éthiopie, en fomentant l’instabilité dans la région somalienne et le long de ses frontières, sert l’effet de levier de négociation du Caire.

Précédent historique:

L’Égypte a un long record d’engagement secret dans les affaires somaliennes, utilisant un financement politique, une formation militaire et des réseaux idéologiques pour influencer le leadership. L’opération actuelle est simplement la dernière et peut-être la plus dangereuse itération de cette stratégie.

6. Culture politique de division de Hassan Sheikh

Hassan Sheikh Mohamud a sapé à plusieurs reprises le cadre fédéral de la Somalie en faveur du pouvoir centralisé à Mogadiscio. Ses méthodes incluent:

• Affaiblissement des États fédéraux: les affamant des ressources tout en finançant des factions rivales.

• Autonomiser les milices de clan: utiliser la politique d’identité pour créer des groupes armés loyalistes.

• Politisation des forces de sécurité: déploiement de l’armée nationale somalienne non pas contre les terroristes, mais contre les opposants politiques.

La levée de l’embargo sur les armes de l’ONU en 2023 a été une victoire diplomatique pour Mogadiscio, mais une catastrophe dans la pratique. Les armes ont coulé plusieurs fois entre les mains d’al-Shabaab, sapant directement la sécurité du pays.

7. Pourquoi Ahmed Mohamed Islam est ciblé

Le plan du Caire – Mogadiscio identifie Ahmed comme un leader «non conforme» pour trois raisons:

1. Sa lutte sans compromis contre le terrorisme perturbe les réseaux tolérés par certains acteurs politiques.

2. Sa profonde coopération avec le Kenya et l’Éthiopie est un obstacle aux ambitions régionales de l’Égypte.

3. Son intégrité personnelle le fait à l’abri de la politique transactionnelle que Mogadiscio se développe.

8. L’effet domino régional si Jubaland tombe

Si Jubaland est déstabilisé:

• Le Kenya sera confronté à des raids transfrontaliers, des attentats à la bombe et des flux de réfugiés.

• L’Éthiopie verra des armes intensifiées de contrebande et une infiltration extrémiste dans les régions somaliennes et oromia.

• Le commerce régional par le port de Kismayo sera perturbé, aggravant les besoins humanitaires.

9. Complicité et silence internationaux

Alors que l’Égypte et le Mogadiscio poursuivent activement leur plan, les organisations internationales sont restées passives. L’AU, IGAD et les missions de l’ONU n’ont pas répondu à la menace directe du fédéralisme et de la stabilité régionale. Certains États du Golfe, priorisant les alliances avec l’Égypte, ont également regardé dans l’autre sens.

10. Recommandations

1. Sécurité: soutien militaire et du renseignement immédiat au Jubaland du Kenya, en Éthiopie, et des partenaires internationaux de confiance.

2. Diplomatie: condamnation régionale de l’ingérence et de la pression de l’Égypte sur Mogadiscio pour arrêter sa campagne.

3. Responsabilité: conditionnalité à l’aide étrangère à la Somalie liée à la non-ingérence dans les États membres fédéraux.

11. Conclusion: Défendre la ligne de front de la corne

Jubaland est plus qu’un simple État fédéral somalien, c’est la première ligne de défense pour la corne de l’Afrique. Le peuple du Jubaland, sous le président Ahmed Mohamed Islam, a prouvé leur résilience contre les forces extrémistes et la trahison politique.

Si cette opération du Caire – Mogadiscio réussit, les conséquences se répercuteront bien au-delà des frontières de Jubaland, poussant la corne dans un cycle de terrorisme, d’instabilité et de confrontation régionale.

Le choix des acteurs régionaux et internationaux est clair: agir maintenant, ou payer un prix beaucoup plus élevé plus tard.

Par. Abdirezak Sahane Elmi – Auteur, analyste politique régional et ancien responsable du gouvernement éthiopien

Note de l’éditeur: les vues dans l’article ne reflètent pas nécessairement les vues de Togolais.info

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