L’Éthiopie a légalisé la torture sous Abiy Ahmed

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AFP

Par: Habte H.

Selon toutes les normes internationales, la torture est illégale. C’est l’un des rares actes si universellement condamnés qu’il est interdit dans presque tous les systèmes juridiques. La Convention des Nations Unies contre la torture (UNCAT) – que l’Éthiopie a ratifiée – le rend clairement sans équivoque: personne ne sera soumis à une torture ou à un traitement ou à une punition cruelle, inhumaine ou dégradante.

Pourtant, aujourd’hui, l’Éthiopie sous Abiy Ahmed est une exception effrayante – non seulement parce que la torture est répandue et tolérée, mais parce qu’elle a maintenant été effectivement légalisée par la loi. La brutalité n’est plus cachée. Il n’est plus refusé. Ce qui est encore plus alarmant, c’est le silence assourdissant de la communauté internationale.

Torture, par un autre nom

La torture en Éthiopie ne se présente pas toujours sous la forme de poings de sang ou de câbles électriques. Parfois, il est déguisé en unisation solitaire prolongée, des disparitions forcées, des exécutions simulées ou des aveux contraints. Il porte les uniformes de la police fédérale, des renseignements militaires ou des forces spéciales régionales.

L’année dernière, un jeune étudiant universitaire de Bahir Dar a été arrêté pour avoir prétendument publié du contenu «séditieux» sur Facebook. Il a été emmené sans mandat, a détenu un inconnue pendant plus de 40 jours et battu jusqu’à ce qu’il ait avoué les crimes qu’il n’a pas commis. Sa mère a dit, «Ils n’ont pas seulement cassé son corps. Ils ont cassé son esprit.»

Ce cas de l’étudiant n’est pas unique – il fait partie d’un modèle inquiétant. Les journalistes, les opposants politiques, les manifestants pacifiques et même les travailleurs humanitaires ont signalé des abus horribles: électrocution, violence sexuelle, suffocation et tourment psychologique.

Légaliser la torture – par la loi, pas seulement dans la pratique

Ce n’est plus seulement l’impunité. Le régime d’Abiy Ahmed a désormais codifié la torture en droit. La législation récente accorde des pouvoirs radicaux aux forces de sécurité sous le couvert du maintien de la sécurité nationale et de l’ordre public – des pouvoirs qui permettent explicitement les pratiques reconnues à l’échelle mondiale comme une torture.

Ce n’est pas le résultat d’une ambiguïté juridique. Il s’agit d’un acte calculé et délibéré – une approbation formelle de la brutalité sanctionnée par l’État. En consacrant de telles pratiques en droit, l’Éthiopie a franchi une ligne, peu d’autres gouvernements ont osé dans les temps modernes. La torture n’est plus seulement tolérée – elle est désirnie.

Et pourtant, la réponse mondiale? Silence assourdissant. Pas un seul pouvoir majeur, un donneur international ou un organisme régional n’a condamné publiquement cette loi. Le monde, semble-t-il, a décidé que les vies éthiopiennes – et les droits – sont négociables.

Où se trouve la communauté internationale?

Où sont les voix qui ont condamné la torture à Guantanamo, au Myanmar ou au Bélarus? Où sont les déclarations des Nations Unies, de l’Union africaine ou des gouvernements occidentaux qui prétendaient autrefois défendre la dignité humaine? L’Éthiopie reçoit des milliards d’aide étrangère chaque année – mais peu ou pas de ces donateurs ont exigé la responsabilité de la torture sanctionnée par l’État. Ce silence n’est pas une neutralité. C’est une complicité. Il envoie un message clair aux régimes autoritaires partout: vous pouvez torturer vos propres citoyens – tant que vous contrôlez le récit.

Un appel à l’indignation

Il n’était plus possible de faire semblant. Le régime d’Abiy avait fait l’impensable – il avait une torture normalisée. Ce qui était autrefois chuchoté dans la peur était maintenant pratiqué avec confiance, vêtu de l’autorité de la loi. Et ce sont les Éthiopiens ordinaires – mères, étudiants, agriculteurs, enseignants – indépendamment de l’ethnicité ou de la croyance politique, qui portaient les cicatrices.

Le monde, semblait-il, se contentait de déclarations vagues et d’expressions creux de préoccupation. Mais le dialogue vide n’a pas pu arrêter le saignement. Ce dont l’Éthiopie avait besoin – ce que son peuple méritait – était une réelle action: des enquêtes indépendantes pour découvrir la vérité, des sanctions qui ciblent ceux qui orchestrent la douleur, la justice et les réparations pour ceux qui l’avaient enduré.

Parce que lorsqu’un gouvernement écrit la torture en droit et que la communauté internationale choisit le silence, les dommages s’étendent bien au-delà des frontières nationales. Ce ne sont pas seulement les victimes qui souffrent – c’est le tissu même de notre humanité partagée qui commence à se déchirer.

Note de l’éditeur: les vues dans l’article ne reflètent pas nécessairement les vues de Togolais.info

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