

Par: Habte M.
Dans le paysage médiatique politique et étroitement contrôlé de l’Éthiopie, je me suis retrouvé obligé de regarder un récit promu par les médias dirigés par le gouvernement, l’un créé pour influencer l’opinion publique. La vérité est que l’ancien EPRDF et le Parti de la prospérité actuel (PP), ont longtemps armé des récits de médias pour obscurcir leurs crimes. Aujourd’hui (ou ce soir, en Éthiopie), un documentaire a été diffusé – ostensiblement sur Birtukan Temesgen – soulevant des questions urgentes: est-ce encore une autre distraction orchestrée par PP, une tentative désespérée de blanchir son image pendant que l’Amhara continue de supporter le génocide?
Quelle est donc la véritable intention derrière ce documentaire? Est-ce une tentative de présenter PP comme un gouvernement responsable, avec Abiy décrit comme un leader compatissant qui se soucie vraiment de ses citoyens? Ou est-ce simplement un effort pour discréditer la réalité vécue du peuple Amhara, détournant l’attention des atrocités brutales auxquelles ils continuent de faire face en Éthiopie?
Bien que les détails et les affirmations du documentaire ne soient pas clairs, le problème plus large est beaucoup plus urgent: la réalité indéniable de ce qui arrive au peuple Amhara sous la direction du PP. Je ne me concentre pas ici sur les détails du cas de Birtukan, mais plutôt sur les faits indéniables qui ne peuvent pas être ignorés – la guerre systématique et génocidaire est menée contre la population d’Amhara.
La réalité du génocide
L’un des faits les plus alarmants et les plus reconnus est le génocide continu et le nettoyage ethnique systématique du peuple Amhara. Ce n’est pas une théorie du complot ou une affirmation non fondée – c’est une réalité indéniable, tissée dans la vie quotidienne de la population d’Amhara, que ce soit dans la région elle-même ou dans d’autres parties de l’Éthiopie. Nous ne pouvons pas effacer les souvenirs récents de centaines de meurtres ciblés, de viols et de déplacement généralisé des civils d’Amhara, en particulier dans les régions où les tensions ethniques sont élevées. Ces atrocités ne sont pas des incidents isolés; Ils font partie d’un effort plus large et coordonné pour effacer la communauté d’Amhara.
N’est-il pas de notoriété publique que les meurtres de masse des civils innocents d’Amhara par les forces gouvernementales se produisent? N’y a-t-il pas de nombreux rapports de viols de gangs par des soldats du gouvernement? Il y a quelques jours à peine, les médias mondiaux comme la BBC ont signalé des attaques de drones contre des civils dans leurs maisons et leurs églises, entraînant la destruction de villages entiers et le déplacement des familles. Ce ne sont pas de simples rumeurs ou ouï-dire; Ils sont soutenus par des témoignages de survivants, des organisations de défense des droits de l’homme comme Amnesty International et Human Rights Watch, ainsi que par des chiens de garde internationaux. Pourtant, malgré les preuves écrasantes, le gouvernement continue de nier ou de ne pas signaler l’existence de ces atrocités.
Le parti de la prospérité (PP) n’a-t-il pas activement miné l’Église orthodoxe éthiopienne Tewahedo (EOTC), qui est intrinsèquement liée au peuple Amhara, en restreignant le mouvement des dirigeants de l’église et même en les interdisant d’entrer dans certaines régions? Il y a à peine un an, l’église et ses fidèles pleuraient avec solidarité avec le Saint-Synode, portant des vêtements noirs pour marquer la grave injustice. Il y a seulement quelques mois que le secrétaire général de l’église s’est vu refuser l’accès aux régions où ses conseils spirituels et son soutien étaient nécessaires de toute urgence pour les communautés dévastées.
Des milliers de gens d’Amhara – des universitaires, des politiciens et des militants – sont détenus sans procédure régulière. Des personnalités éminentes telles que Christian Tadele et Yohannes Boyalew languissent dans la prison de Kilinto, privées de leurs droits politiques et soumises au même type d’injustice qui est devenue une norme tragique pour le peuple Amhara sous ce régime. Le gouvernement peut-il vraiment nier l’existence d’une répression politique, surtout lorsque ces personnes sont réduites au silence simplement pour avoir dénoncé les injustices systémiques auxquelles ils sont confrontés?
Nettoyage ethnique et déplacement forcé
Il y a eu des rapports généralisés sur les forces gouvernementales qui ont commet des crimes de guerre massifs et de la violence ethnique contre le peuple Amhara, en particulier dans la région d’Oromia. Dans des domaines tels que Wellega, Arsi et d’autres parties, les communautés d’Amhara ont été attaquées, leurs maisons ont mis le feu et leurs moyens de subsistance détruits. Ces agressions ciblées sont souvent décrites comme un nettoyage ethnique, et l’échec du gouvernement à protéger ces communautés vulnérables soulève de sérieuses préoccupations concernant ses véritables intentions.
Des incidents récents ont vu des moines et des chrétiens dans des endroits comme Bebrezeit (Bishoftu) et Shirka massacré de manière brutale et inhumaine. Cette violence, destinée aux civils sans défense, souligne l’échec du gouvernement à maintenir sa responsabilité de protéger tous ses citoyens, en particulier ceux du groupe ethnique d’Amhara. La réalité de ces attaques est marquante et indéniable, mais le gouvernement continue de promouvoir un récit qui obscurcit ces faits et changements de reproche ailleurs.
Chercher la vérité
Alors que les médias contrôlés par le gouvernement continuent de pousser leur version des événements, il est crucial de séparer les faits de la fiction. La preuve du génocide, de la répression politique et de la violence ethnique contre le peuple Amhara est irréfutable – c’est la réalité quotidienne de la vie pour d’innombrables personnes. La question n’est pas de savoir si ces atrocités se produisent, mais plutôt combien de temps le monde continuera à fermer les yeux sur la souffrance du peuple Amhara.
La vérité ne peut pas être cachée pour toujours. À mesure que de plus en plus de voix augmentent, le gouvernement sera contraint de faire face aux conséquences de ses actions. Jusqu’à ce moment, il est essentiel de se solidariser avec le peuple Amhara et de continuer à lutter pour la justice, la paix et la responsabilité en Éthiopie.
Note de l’éditeur: les vues dans l’article ne reflètent pas nécessairement les vues de Togolais.info
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