Note de l’éditeur: les vues dans l’article ne reflètent pas nécessairement les vues de Togolais.info


Par Nama Nekemto
Les récents développements politiques et militaires dans la région du Tigray ont incité le Premier ministre Abiy Ahmed à proposer trois solutions apparemment désespérées, chacune révélant une crise plus profonde de stratégie et de leadership.
Premièrement, ses appels directs et indirects à divers groupes armés, notamment les milices du TPLF et de Fano, pour s’unir contre un ennemi commun, se désespoir de désespoir. Son offre de pouvoir incontrôlé et de la permission implicite d’agir unilatéralement comporte des risques importants de l’escalade du conflit et de la déstabilisation davantage de la région. C’est un pari risqué qui ignore les griefs profondément ancrés et la méfiance entre ces factions. Le potentiel de conséquences involontaires est énorme. Cette approche, plutôt que de favoriser l’unité, risque d’alimenter les tensions existantes et de créer de nouvelles.
Deuxièmement, sa dépendance à l’égard des médias contrôlées par l’État et de la propagande de cyber-cadré représente une réponse autoritaire classique à une stratégie militaire défaillante. Au lieu de traiter les causes sous-jacentes du conflit, le gouvernement opte pour des campagnes de désinformation conçues pour manipuler l’opinion publique. Ces efforts, cependant, ne s’avèrent pas efficaces à long terme, étant donné la prévalence des sources d’informations alternatives et le scepticisme généralisé envers les récits officiels. Cette tactique ne fait qu’approfondir la polarisation politique et éroder la confiance du public.
Enfin, sa suggestion de remettre le contrôle des parties de la région d’Amhara aux forces de Fano en échange d’un soutien contre le TPLF et l’Érythrée présente une volonté inquiétante de sacrifier la stabilité régionale pour des gains tactiques à court terme. Cette stratégie risque encore enflammer les tensions interethniques et saper les efforts de paix déjà fragiles. Les conséquences à long terme d’une telle décision pourraient avoir un impact dévastateur sur la paix et la sécurité régionales.
En conclusion, les trois approches représentent une stratégie fondamentalement erronée. Les actions du Premier ministre semblent être motivées par un besoin désespéré de solutions rapides, plutôt que par une approche considérée et complète de la consolidation de la paix. Sa «diplomatie infantile», telle qu’elle apparaît, de déplacer des alliances et de tirer parti des gains à court terme, il est peu probable que ce soit une stabilité durable dans la région. Les divisions profondément ancrées et la dynamique du pouvoir complexe nécessitent une approche beaucoup plus nuancée et inclusive.
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