LA VÉRITÉ Gênante : LORSQUE NOUS COLONONS NOTRE PROPRE NAVIRE, NOUS NOYONS TOUS Un appel à la responsabilité collective et à l’imputabilité

Maria

Prosper Kay

Par le professeur Douglas Boateng

Dans chaque société, le progrès national dépend de la détermination collective de ses citoyens à préserver, entretenir et développer leurs biens communs. Lorsque les citoyens se retournent contre ce qui est censé les servir, c’est comme percer des trous dans le navire qui les transporte. Si le navire coule, tout le monde à bord ; les citoyens, les dirigeants, les investisseurs et les générations futures vont se noyer. C’est la vérité qui dérange à laquelle nous devons faire face.

Les récentes attaques de voyous contre les institutions de l’État, les travailleurs et les entreprises privées, comme les actes destructeurs perpétrés dans les installations d’Electrochem à Ada, nous rappellent brutalement cette réalité. Ces actes criminels, perpétrés sous couvert d’activisme politique, sont inacceptables et doivent être combattus. Ce ne sont pas des actions politiques ; il s’agit de véritables infractions pénales, et leurs auteurs doivent faire face à toute la rigueur de la loi.

La police, en tant que garante de la justice, doit agir de manière décisive. Les partis politiques ne sont pas des organismes chargés de faire respecter la loi, et s’attendre à ce qu’ils interviennent ne fait que saper l’État de droit. Lorsque les forces de l’ordre n’agissent pas, les citoyens sont encouragés à faire justice eux-mêmes, ce qui conduit à l’instabilité, à l’anarchie et à un gangstérisme incontrôlable.

L’APPEL DU PRÉSIDENT ET LA NÉCESSITÉ DE RESPONSABILITÉ

Comme tous les présidents précédents, la récente déclaration du président Mahama selon laquelle « le Ghana est ouvert aux affaires » reflète son engagement à attirer les investisseurs mondiaux. Cette déclaration était un appel à la collaboration internationale et à la croissance économique, lancé dans l’espoir que les citoyens soutiendraient cette vision en faisant ce qu’il faut.

Le Président est avant tout un citoyen et ne tolère pas les actions qui contredisent cet appel. De tels comportements sapent la confiance nécessaire à l’investissement. Le sabotage n’est pas seulement une trahison de sa vision mais aussi une attaque directe contre les aspirations à long terme du Ghana. Comment une nation peut-elle prétendre être ouverte aux affaires alors que ses citoyens se livrent à des actes qui effraient les investisseurs et nuisent à sa réputation ?

Le leadership ne peut que fixer la direction ; c’est aux gens de suivre le chemin. Lorsque les citoyens ne parviennent pas à protéger leurs propres ressources, ils trahissent l’effort collectif requis pour le progrès national.

LE COÛT DU SABOTAGE POUR LE DÉVELOPPEMENT NATIONAL

Le sabotage de projets nationaux comme Electrochem a des conséquences considérables. Au-delà de la destruction immédiate, de telles actions érodent la confiance des investisseurs et découragent les investissements futurs.

Investisseurs ; tant au niveau local qu’international, on observe de près ces incidents, et le Ghana ne peut pas se permettre d’envoyer de mauvais signaux.

Le Ghana a déjà constaté les effets dévastateurs de l’exploitation minière illégale et incontrôlée, connue sous le nom de galamsey. Au-delà de la destruction de l’environnement, le Galamsey a pollué les rivières, rendant l’eau rare pour des communautés entières. Cette activité illégale sape les efforts miniers légitimes, réduit les revenus du gouvernement et décourage les partenariats internationaux.

De même, en Afrique du Sud, le vol de câbles électriques a relativement paralysé les services essentiels et perturbé les industries. Ces actions ont non seulement coûté des milliards de revenus, mais ont également laissé les communautés sans électricité, bloquant le développement et provoquant une frustration généralisée.

Au Ghana, le vol des voies ferrées est un autre exemple flagrant. Les chemins de fer, essentiels au transport des marchandises et au soutien de la croissance industrielle, ont été sabotés pour des gains à court terme. Ces actes de destruction portent atteinte aux infrastructures nationales, augmentent les coûts de transport et entravent le progrès économique.

Au Nigeria, le delta du Niger constitue un sévère avertissement. Des décennies de vandalisme sur les pipelines, de vols de pétrole et d’attaques militantes ont paralysé l’industrie. Les communautés qui dépendaient des revenus pétroliers pour leurs infrastructures, leur éducation et leurs soins de santé sont désormais confrontées à la stagnation. Des milliards de dollars de revenus ont été perdus à cause de ces actions, laissant le Delta parmi les régions les plus pauvres du pays.

Ces exemples démontrent que lorsque les citoyens sabotent leurs propres ressources, la nation tout entière en paie le prix.

LE PROJET ELECTROCHEM : UN TRÉSOR NATIONAL

L’initiative de production de sel d’Electrochem à Ada a le potentiel de positionner le Ghana comme un leader mondial dans la production de sel, un intrant essentiel pour des industries telles que les produits pharmaceutiques, chimiques et énergétiques. Le projet promet des effets d’entraînement économiques, notamment la création d’emplois, le développement des compétences et l’amélioration des infrastructures dans la région.

Ce qui rend ce projet encore plus important est la participation substantielle du MIIF, qui représente le peuple du Ghana. L’implication du MIIF garantit que les dividendes du succès d’Electrochem reviendront à l’État, soutenant ainsi le programme de développement national. Saboter ce projet n’est pas seulement une attaque contre une entreprise privée ; c’est une attaque contre les aspirations collectives et la prospérité future du Ghana.

En ne protégeant pas ses atouts nationaux, un pays compromet son avenir. Si les citoyens coupent l’arbre qui fournit de l’ombre à tout le monde, ils s’exposent aux dures réalités de l’instabilité et de la pauvreté.

LEÇONS POUR LE GHANA : LES VÉRITÉS Gênantes

Les leçons de ces incidents sont claires. Le sort d’un projet peut façonner l’avenir de toute une économie. En sabotant un projet national comme Electrochem, les auteurs ne nuisent pas seulement à une entreprise ; ils mettent en péril la stabilité économique du Ghana.

Les projets nationaux sont comme des arbres dont l’ombre profite à tous. Lorsqu’ils sont détruits, c’est toute la communauté qui souffre. La protection de ces projets garantit que les générations futures hériteront d’une économie prospère plutôt que d’une économie en proie à la pauvreté et à l’instabilité.

L’avidité et l’envie sont souvent au cœur de ce type de sabotage, mais elles finissent par détruire ce que l’unité construit. Une nation ne peut prospérer que lorsque ses citoyens donnent la priorité au gain collectif plutôt qu’aux intérêts individuels.

UN APPEL À LA RESPONSABILITÉ COLLECTIVE

Le projet Electrochem d’Ada, avec son vaste potentiel, doit être considéré comme un trésor national. Bien qu’il ait été lancé par une entité privée, la participation importante du MIIF en fait un bien partagé, détenu par le peuple ghanéen. Il représente ce qui peut être réalisé lorsque les secteurs public et privé collaborent pour le bien commun.

Il s’agit d’un signal d’alarme pour toutes les parties prenantes ; le gouvernement, les dirigeants locaux et les citoyens à travailler ensemble pour protéger les ressources du Ghana. La mentalité doit changer de « Que puis-je gagner ? » à « Que pouvons-nous construire ensemble ? Le progrès survient lorsque le gain collectif passe avant l’intérêt personnel.

LA VOIE À SUIVRE : PROTÉGER LES PROJETS ET LES ACTIFS NATIONAUX.

La police doit agir rapidement contre les responsables d’actes de sabotage. La justice doit être rendue, non seulement pour punir les fautifs, mais aussi pour dissuader de futurs actes contraires à la loi. En tant que nation, le Ghana doit démontrer qu’il valorise ses ressources et qu’il ne tolérera pas leur destruction.

Pour ceux qui se livrent au sabotage, le message est clair : vous ne faites pas de mal à une entreprise ou à un individu ; vous faites du mal au Ghana. Vous refusez les opportunités d’emploi, réduisez le potentiel de développement communautaire et menacez la stabilité économique du pays.

CONCLUSION : UN AVERTISSEMENT ET UN APPEL À L’ACTION

Saboter les biens et les projets nationaux, c’est comme couper la branche sur laquelle nous sommes tous assis : cela met tout le monde en danger. Le chemin du Ghana vers une transformation économique inclusive ne sera pas facile, mais il est réalisable si nous protégeons et entretenons des projets comme Electrochem.

Les exemples d’instabilité, de violence et d’anarchie ailleurs nous rappellent que ne pas agir de manière décisive peut entraîner des dommages irréparables. Le Ghana doit dépasser les divisions mesquines et l’avidité individuelle pour donner la priorité au bien collectif.

N’oublions pas que lorsque nous construisons ensemble, nous prospérons ensemble. Lorsque nous protégeons nos actifs et nos projets nationaux, nous garantissons un avenir meilleur aux générations à venir. Le choix nous appartient : coulerons-nous le navire ou le dirigerons-nous vers la prospérité et l’espoir ?

Le choix nous appartient simplement.