

Toronto – Un jour après que l’administration de Mogadiscio a publié une déclaration alléguant que les forces éthiopiennes auraient attaqué trois bases de l’Armée nationale somalienne (SNA) à Doolow, le ministère éthiopien des Affaires étrangères (MFAE) a publié une déclaration en réponse à la situation.
« Cette allégation n’est pas vraie », indique le communiqué. L’Éthiopie considère plutôt l’incident comme un incident perpétré par ce qu’elle appelle des « éléments » dont l’intérêt est de « faire dérailler la normalisation des relations » entre les deux pays.
Le communiqué du MFAE indique que « l’Éthiopie est consternée par la déclaration du ministère des Affaires étrangères du gouvernement fédéral de Somalie… »
Pour l’Éthiopie, dont l’ampleur des dégâts n’a pas été explicitement divulguée par le gouvernement de Mogadiscio, l’attaque est l’œuvre de « tiers ».
« L’incident est provoqué par certains éléments déterminés à faire dérailler la normalisation des relations entre l’Éthiopie et la Somalie. Ces tiers ont l’intention de déstabiliser la Corne de l’Afrique et nuisent constamment à la paix dans la région. Ils ne devraient pas être autorisés à contrecarrer l’engagement des deux pays en faveur de la paix, tel qu’exprimé dans la Déclaration d’Ankara », indique le communiqué du MFAE.
Cependant, il n’a pas été mentionné qui est le « tiers » qui s’efforce de « gâcher » les relations entre les deux pays, censées être sur la voie de la normalisation. Le ministère n’a pas révélé l’ampleur de l’attaque ni le nombre de victimes liées à l’incident, ni aucune mesure visant à enquêter sur l’incident.
D’un autre côté, le récit de la Somalie est légèrement différent de celui de l’Éthiopie. Il ne semble pas considérer l’incident de Doolow comme l’œuvre d’un tiers. Le ministère somalien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a publié le 14 décembre un autre communiqué dans lequel il mettait en avant la rencontre à Addis-Abeba entre le ministre d’État éthiopien aux Affaires étrangères, Mesganu Arega, et son homologue somalien, Ali Mohamed Omar. On y lit notamment : « Le ministre d’État Ali a transmis la protestation et la condamnation de la Somalie à l’égard de la conduite des forces éthiopiennes à Doolow, en Somalie. »
En outre, la dernière déclaration de la Somalie révèle que l’Éthiopie s’est engagée à enquêter sur l’incident. « Son homologue [a reference to Mesganu Arega] a exprimé la volonté du gouvernement éthiopien de lancer une enquête immédiate et a affirmé sa volonté de travailler avec le gouvernement fédéral de Somalie pour prévenir des incidents similaires… », indique le communiqué.
L’Éthiopie et la Somalie ont signé la Déclaration d’Ankara le 11 décembre de cette année, après près d’un an d’hostilité dont la cause immédiate était le mémorandum d’accord signé par la première avec le Somaliland, un État de facto du Nord qui s’est séparé de la Somalie en 1991.
Le ministre somalien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ahmed Moalim Fiqi, était lundi au Caire, où il a rencontré son homologue égyptien, Badr Abdelatty. Ils ont discuté d’une série de questions bilatérales, notamment la sécurité dans la Corne de l’Afrique. En octobre 2024, l’Égypte, l’Érythrée et la Somalie ont signé un accord tripartite. Et en août 2024, l’Égypte et la Somalie ont signé un pacte militaire. L’Égypte est sur le point de déployer 10 000 soldats en Somalie dans le cadre de la force de maintien de la paix de l’Union africaine et dans le cadre d’un accord bilatéral.
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