Premier ministre éthiopien : couper les deux piliers

Maria

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed _ orthodoxe Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed _ orthodoxe
Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed

Par Tewodros Gezhagn

L’Éthiopie, longtemps saluée pour son identité audacieuse et son héritage culturel profondément enraciné, est témoin d’un démantèlement systématique de ses piliers fondateurs : le peuple Amhara et l’Église orthodoxe éthiopienne. Sous la direction de l’actuel Premier ministre Abiy Ahmed, des actions délibérées érodent ces deux entités historiquement importantes, laissant la nation divisée et vulnérable. La mission semble calculée : affaiblir les forces qui ont soutenu l’unité, la force et la résilience de l’Éthiopie pendant des siècles.

L’affaiblissement délibéré du peuple Amhara et de l’Église orthodoxe éthiopienne

Au cœur de cette mission se trouve un effort concerté visant à diminuer l’influence du peuple Amhara et de l’Église orthodoxe éthiopienne. Ces deux entités ont historiquement façonné l’identité de l’Éthiopie, préservant sa souveraineté et servant de symboles d’unité. Cependant, les politiques et le discours du premier ministre semblent viser à briser leur influence sociétale. En marginalisant systématiquement les Amhara et l’Église orthodoxe, il démantèle les institutions mêmes qui garantissaient autrefois la stabilité et le respect international de l’Éthiopie. De nombreux prédicateurs protestants de l’Évangile ont insulté et parlé en public de la division de l’Église orthodoxe. L’un des prédicateurs a reçu 25 000 euros et une médaille d’or pour la mission en cours.

Armer les récits de haine et la fausse propagande

La militarisation du discours et de la propagande haineuse est devenue une caractéristique de l’administration du premier ministre. S’appuyant sur les faux récits propagés par l’Oromo Liberation Front (OLF) et le Tigray People Liberation Front (TPLF), le gouvernement a présenté les Amhara comme des oppresseurs, alimentant le ressentiment et la division entre les groupes ethniques éthiopiens. Cette stratégie délibérée non seulement isole les Amhara, mais perpétue également un cycle d’animosité qui affaiblit la cohésion interne de la nation. Les discours de haine de la part de personnalités proches de l’État exacerbent ces divisions, créant un environnement de méfiance et d’hostilité. Abiy lui-même a déclaré publiquement qu’il y a beaucoup de gens qui détestent les Oromo vivant dans la capitale, de telles conclusions grossières font partie de ses armes.

Consolider le pouvoir grâce au favoritisme religieux et politique

Un aspect flagrant de cette mission est la concentration disproportionnée du pouvoir entre les mains des dirigeants protestants. Des rapports indiquent que plus de 90 % des postes clés du gouvernement, y compris à la Chambre des représentants du peuple et dans d’autres organes influents, sont occupés par des protestants. Ce favoritisme délibéré porte atteinte à l’Église orthodoxe éthiopienne, pierre angulaire de l’identité spirituelle et culturelle du pays depuis des millénaires. En mettant l’Église orthodoxe à l’écart, l’administration affaiblit stratégiquement sa capacité à mobiliser et à unifier la population.

Exclusion et marginalisation des Amhara dans la représentation nationale

La marginalisation du peuple Amhara va au-delà de la rhétorique et se manifeste par une exclusion tangible de la représentation nationale. Les rôles clés à la Chambre des représentants du peuple et dans d’autres institutions critiques sont systématiquement retirés aux dirigeants amhara. Cette exclusion réduit au silence la voix des Amhara dans la prise de décision nationale, réduisant encore davantage leur influence et leur capacité à défendre les intérêts de leur communauté. Cette mise à l’écart systématique a rendu les Amhara de plus en plus vulnérables aux injustices politiques et sociales. Les arrestations sans motif sont devenues une sombre réalité pour de nombreux Amharas. Aucun Amhara n’est à l’abri de la marginalisation, souvent étiquetée par des accusations taillées sur mesure destinées à justifier sa persécution. De nombreux Amharas que je connais ont été emmenés en prison et leur sort reste inconnu. Je suis un témoin vivant, chanceux d’avoir survécu, mais profondément conscient des dures réalités auxquelles mon peuple est confronté.

Érosion de l’unité historique et de l’identité de l’Éthiopie

La conséquence à long terme de ces actions est l’érosion de l’unité et de l’identité historiques de l’Éthiopie. L’affaiblissement de l’Église orthodoxe éthiopienne et du peuple Amhara démantèle les fondements culturels et historiques qui ont longtemps fait la force de l’Éthiopie. Sans ces piliers, la nation devient de plus en plus fragmentée, susceptible à la fois de discorde interne et d’exploitation externe. Le ciblage délibéré de ces deux « arbres » mine non seulement la résilience de l’Éthiopie, mais met également en péril son avenir en tant qu’État unifié et indépendant.

En conclusion, la mission calculée du Premier ministre éthiopien visant à affaiblir le peuple Amhara et l’Église orthodoxe éthiopienne constitue une grave menace pour l’unité et l’identité de la nation. En favorisant la division par la propagande, en consolidant le pouvoir par le favoritisme et en marginalisant les groupes clés, il démantèle les fondations qui soutiennent l’Éthiopie depuis des siècles. Si ces tendances se poursuivent, l’Éthiopie risque de perdre le caractère audacieux et résilient qui l’a définie tout au long de son histoire. C’est un moment critique pour les Éthiopiens de reconnaître et de relever ces défis afin de sauvegarder l’avenir de leur nation.

Note de l’éditeur : les opinions exprimées dans l’article ne reflètent pas nécessairement celles de Togolais.info

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