Bien que l’industrialisation soit un domaine prioritaire pour le gouvernement actuel, le financement de ce secteur à partir du montant de financement du budget annuel (ABFA) – les revenus pétroliers alloués au budget national – reste très faible.
Cela est surprenant, étant donné que l’industrialisation est un axe majeur de la politique gouvernementale depuis 2017, dans le cadre d’initiatives telles qu’Un district, une usine (1D1F) et Un village, un barrage (1V1D).
L’ABFA, destiné à financer des priorités nationales cruciales, n’a pas répondu aux attentes en matière de soutien à l’industrialisation. Selon le rapport semestriel 2023 du Comité d’intérêt public et de responsabilité (PIAC), entre 2020 et 2022, seuls 57,35 millions de GH₵ sur un total de 9,04 milliards de GH₵ alloués par l’ABFA à quatre domaines prioritaires ont été orientés vers l’industrialisation. Cela se compare mal à d’autres secteurs prioritaires, tels que l’agriculture, qui a reçu 184,21 millions de GH₵, et les infrastructures, qui ont reçu 7,67 milliards de GH₵ pour les routes, les chemins de fer et d’autres projets critiques.
La situation ne s’est pas améliorée en 2023, où seulement 2,35 millions de GH₵ sur les 3,3 milliards de GH₵ alloués à l’ABFA ont été affectés à l’industrialisation. Pire encore, il n’y a aucune provision budgétaire pour l’industrialisation au premier semestre 2024. PIAC a souligné que les décaissements en faveur de ce secteur sont en baisse depuis 2020, remettant en question l’engagement du gouvernement en faveur du programme d’industrialisation.
L’incapacité du ministère des Finances à donner la priorité à l’industrialisation contraste fortement avec les allocations substantielles consacrées au développement des infrastructures. Par exemple, au premier semestre 2024, les routes, les chemins de fer et autres infrastructures critiques ont reçu 2,12 milliards de GH₵, ce qui représente 70,04 % de l’ABFA total pour la période.
La loi sur la gestion des revenus pétroliers (PRMA) exige que la sélection des domaines prioritaires pour l’investissement des revenus pétroliers soit revue tous les trois ans, en tenant compte des besoins de développement national et de la capacité d’absorption de l’économie. PIAC a appelé à un examen approfondi de ce processus pour garantir que l’industrialisation reçoive le financement nécessaire dans les cycles futurs. Alors que de nouveaux domaines prioritaires devraient être annoncés en 2025, le PIAC a souligné l’importance de garantir que l’industrialisation ne soit pas à nouveau négligée dans l’allocation des revenus pétroliers.
À la lumière du sous-financement actuel, PIAC exhorte le ministère des Finances à accorder une véritable priorité à l’industrialisation, avec des décaissements cohérents et adéquats en faveur du secteur, afin de créer des emplois et de stimuler la croissance.






