La police ghanéenne a arrêté et placé en détention William Yerenkyi, fondateur et dirigeant de l’Alliance pour la restauration des droits civils (ARCR), en raison d’événements liés à une manifestation prévue contre la corruption et les allégations de mauvaise conduite des institutions publiques.
M. Yerenkyi a été placé en garde à vue le 13 novembre 2024, après avoir été convoqué au commissariat central d’Accra.
Selon le secrétaire de l’ARCR, Mubarak Ibrahim, le militant a été appelé pour récupérer une lettre mais a été accusé d’avoir menacé un agent du Département des enquêtes criminelles (CID) lors d’une altercation au commissariat.
Chronologie des protestations et des arrestations
L’ARCR avait annoncé une manifestation de cinq jours, l’Opération Crime Scene Invasion, du 7 au 11 novembre 2024, ciblant des allégations de corruption, de manquement au devoir et d’application sélective de la loi sur le droit à l’information.
Cependant, la police ghanéenne a déposé une requête pour empêcher la manifestation, invoquant des problèmes de sécurité et sa proximité avec des lieux sensibles tels que Jubilee House, le siège de la présidence du Ghana.
Malgré les actions de la police, les dirigeants de l’ARCR ont persévéré, s’engageant auprès des autorités pour modifier leurs plans. Le 13 novembre 2024, Yerenkyi s’est rendu au commissariat de police conformément à une convocation mais a été arrêté à la suite d’une altercation avec l’agent du CID.
« Ils ont affirmé qu’il était venu au commissariat pour s’en prendre au policier, même s’il n’était pas armé », a déclaré Moubarak Ibrahim. « Ce n’est qu’une autre tactique pour nous intimider et faire dérailler notre cause. »
Allégations policières et actions en justice
La police ghanéenne a affirmé que les actions de Yerenkyi au commissariat constituaient une menace pour la vie de l’agent du CID. De plus, dans des dossiers déposés devant le tribunal pour bloquer la manifestation, la police a fait valoir que la manifestation représentait un risque pour la sécurité publique et mettrait à rude épreuve les ressources pendant les célébrations de la Journée nationale des agriculteurs.
L’inspecteur en chef Richard Asamoah, représentant la police, a fait valoir que l’itinéraire proposé pour la manifestation, y compris des arrêts au siège de la Commission du droit à l’information et au siège de la police nationale, traversait des zones de haute sécurité, justifiant ainsi son interdiction en vertu de la loi sur l’ordre public de 1994 (loi 491).
La Haute Cour d’Accra devrait prochainement se prononcer sur la question.
Réponse de l’ARCR
L’ARCR maintient que la manifestation prévue est légale et nécessaire pour dénoncer la corruption systémique et plaider en faveur de la justice. Ils ont critiqué les actions de la police, affirmant qu’elles portent atteinte aux libertés démocratiques.
« Notre manifestation vise à souligner le manque de responsabilité des institutions chargées de faire respecter la loi », a expliqué Moubarak Ibrahim.
« Nous refusons de nous laisser réduire au silence par des intimidations ou des accusations sans fondement. »
Caution accordée
Après 48 heures de détention, Yerenkyi a été libéré sous caution sous caution. Ses avocats ont signalé leur intention de contester les accusations et de demander réparation pour ce qu’ils qualifient de détention illégale.
Cet incident souligne les tensions persistantes entre les groupes de la société civile et les forces de l’ordre au Ghana, notamment en ce qui concerne le droit de manifester et la liberté d’expression.
Les analystes suggèrent que l’issue de cette affaire pourrait créer un précédent pour équilibrer les préoccupations de sécurité avec les droits constitutionnels lors de futures manifestations.
L’ARCR s’est engagé à poursuivre son plaidoyer, Yerenkyi déclarant : « Notre détermination à lutter contre la corruption et à exiger des comptes reste inébranlable ».






