L’humanité vivra-t-elle en harmonie avec la nature ? Les enjeux n’ont jamais été aussi élevés

Maria

L'humanité vivra-t-elle en harmonie avec la nature ? Les enjeux n'ont jamais été aussi élevés

« La paix avec la nature » ​​était le thème de la 16e Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (COP16), qui a attiré environ 23 000 délégués du monde entier dans la ville sud-américaine de Cali, en Colombie, ces quinze derniers jours.

La conférence a lieu à un moment où la biosphère – cette très fine couche à la surface de la Terre dont dépend tout être vivant – est altérée et détruite et où la biodiversité disparaît plus rapidement qu’à aucun autre moment de l’histoire de l’humanité.

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a lancé un terrible avertissement. « La nature, c’est la vie, et pourtant nous lui menons une guerre. Une guerre où il ne peut y avoir de vainqueur », a-t-il déclaré.

« Ne vous y trompez pas, voilà à quoi ressemble une crise existentielle. Aucun pays, riche ou pauvre, n’est à l’abri des ravages causés par le changement climatique, la perte de biodiversité, la dégradation des terres et la pollution.

« Ces crises environnementales sont étroitement liées. Ils ne connaissent pas de frontières et dévastent les écosystèmes et les moyens de subsistance, menaçant la santé humaine et compromettant le développement durable », a-t-il déclaré.

Pourtant, le thème de la COP16 repose sur la conviction que la nature est résiliente et qu’avec une intervention et des actions urgentes d’ici 2050 au plus tard, il sera possible pour les 8,3 milliards d’habitants de la planète de rétablir une harmonie avec la nature.

Il existe déjà une structure mondiale convenue pour atteindre cet objectif : le Cadre mondial pour la biodiversité Kunming-Montréal, qui a été élaboré au cours de négociations difficiles pendant quatre ans avant d’être adopté par 196 pays signataires participant à la réunion COP15 de la Convention sur la biodiversité au Canada en 2022.

Décrit comme « le nouveau pacte pour l’homme et la nature », ce cadre historique comporte quatre objectifs ambitieux pour 2050 et 23 objectifs concrets à mettre en œuvre d’ici 2030. Il s’agit notamment de : la protection de 30 % des terres, de l’eau et des mers de la planète d’ici 2030 et restaurer 30 % des écosystèmes dégradés – l’objectif dit « 30×30 ». Lorsque l’accord a été signé, seulement 17 % des zones terrestres et 10 % des zones marines étaient officiellement protégées.

Mais le succès de ce cadre mondial repose sur le fait que chaque pays membre élabore ou révise puis met en œuvre ses propres stratégies et plans d’action nationaux pour la biodiversité, et sur la recherche de financements suffisants auprès de sources gouvernementales et non gouvernementales pour soutenir ces initiatives.

Une partie de la motivation et de la planification de la COP16 est de fournir une plate-forme permettant aux pays membres d’expliquer leurs stratégies et plans nationaux, de démontrer les progrès réalisés dans la mise en œuvre et de résoudre les difficultés et les désaccords en suspens, notamment en garantissant un financement suffisant.

Il a été décrit comme « le test décisif » pour savoir si le monde est sur la bonne voie pour atteindre les objectifs de 2030 fixés à Montréal.

« Les enjeux de la COP16 n’ont jamais été aussi élevés. Les discussions reflètent les défis multiformes auxquels notre planète est confrontée. Plus important encore, ils soulignent le besoin urgent d’une action collective », a déclaré le secrétariat de la Convention dans un communiqué.

« La question qui plane sur cette réunion est la suivante : le monde sera-t-il capable de transformer ses engagements en changements concrets ? »