Appel à la prudence adressé au Dr Abiy Ahmed, président de l’ONLF

Maria

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Mohamud A. Ahmed – Cagaweyne (avec l’aimable autorisation de l’auteur)

Par Mohamud A. Ahmed – Cagaweyne

Évitons la tentation de l’hostilité et préservons notre destin collectif

En ces temps critiques, je trouve nécessaire d’adresser un avertissement solennel et passionné à deux éminents architectes de l’avenir de notre nation, le Dr Abiy Ahmed, Premier ministre d’Éthiopie, et le Dr Abdirahman Mahdi Maaday, président du Front national de libération de l’Ogaden (ONLF). Ces dirigeants visionnaires ont changé le cours de l’histoire de la région somalienne, la conduisant vers des progrès et une autodétermination sans précédent. Cependant, comme l’histoire nous le rappelle si souvent, même les dirigeants les plus astucieux peuvent être pris au piège du réseau complexe d’intérêts politiques et de pressions extérieures qui tourbillonnent au sein de la matrice complexe du pouvoir. Alors que notre région arrive à un carrefour périlleux, il est impératif que les deux dirigeants abordent le présent avec prévoyance et retenue, en préservant les acquis durement acquis jusqu’à présent.

Cependant, au milieu des torrents tourbillonnants du dialogue politique, une vérité inattaquable demeure : l’ONLF a toujours honoré son accord de paix avec le gouvernement fédéral – un accord que le Dr Abiy Ahmed a maintenu avec une détermination louable. Cet accord, forgé dans le creuset des conflits passés, constitue un rempart de la paix, un fondement essentiel pour les progrès sans précédent qui ont pris racine dans la région somalienne. Cette terre autrefois fracturée, longtemps alourdie par les chaînes de la marginalisation et du conflit, est devenue un phare de résilience, de réconciliation et de renouveau. Si l’ingérence politique a pu provoquer des tensions occasionnelles, y compris au sein même de l’ONLF, ces perturbations n’ont jamais menacé le fondement même de la paix.

Sous la direction avisée du Premier ministre Abiy Ahmed et du Dr Maaday, la région somalienne ne s’est pas contentée de se remettre de son histoire mouvementée, mais s’est également imposée comme un modèle d’espoir, de résilience et de gouvernance transformatrice. Cette renaissance, dont les implications sont profondes, annonce une nouvelle ère non seulement pour l’Éthiopie mais aussi pour l’ensemble de la Corne de l’Afrique. Leur partenariat, qui témoigne du potentiel illimité d’un leadership visionnaire, transcende les contours typiques de la rivalité politique, incarnant un alignement rare d’objectifs enracinés dans le dialogue, le respect mutuel et un engagement indéfectible en faveur du bien collectif. Il constitue un puissant rappel que même les divisions les plus profondes peuvent être réconciliées lorsque les dirigeants s’élèvent au-dessus des factions pour le bien commun de la nation.

L’histoire nous enseigne cependant que la voie vers un progrès durable est souvent semée d’embûches. Les avancées extraordinaires que nous célébrons aujourd’hui sont de plus en plus menacées par des forces insidieuses qui cherchent à détruire la paix fragile pour laquelle nous avons tant lutté. Ces éléments obscurs, dont beaucoup se font passer pour légitimes dans nos rangs, ont des motivations douteuses. D’autres, plus ouvertement malveillants, ne désirent rien de moins que de voir notre nation engloutie par les flammes. Face à de tels défis internes et externes, nous devons rester vigilants, de peur de permettre à ces acteurs malveillants de détruire les gains durement gagnés qui nous ont conduits à ce tournant historique.

Autrefois adversaires politiques et désormais adversaires politiques dans le paysage en évolution de la région Somali, où l’un dirige le Parti de la prospérité au pouvoir et l’autre est le fer de lance de l’opposition, le Dr Abiy et le Dr Maaday sont confrontés à d’immenses pressions de la part de factions internes et externes qui cherchent à déstabiliser l’équilibre précaire qu’ils ont laborieusement construit. Ces entités, exploitant les griefs historiques et les fissures politiques, s’efforcent de déclencher de nouvelles tensions, capitalisant sur les divisions pour saper la stabilité régionale. L’escalade des frictions entre le Front national de libération de l’Ogaden (ONLF) et le Parti de la prospérité est particulièrement préoccupante, une dynamique qui met en péril les progrès durement gagnés vers la paix, l’autonomie et une gouvernance efficace. Le spectre de la déstabilisation plane de manière inquiétante, jetant un voile non seulement sur la région Somali, mais aussi sur le corridor sud de l’Éthiopie, qui est jusqu’à présent resté à l’abri de la dévastation qui frappe les régions du nord. Si ces forces ne sont pas contrôlées, elles pourraient inverser les progrès de la région vers la paix, la traumatisant à nouveau et la faisant sombrer dans un cycle de conflit et de fragmentation.

Sous l’administration du Dr Abiy, la région Somali a atteint un degré d’autonomie jusque-là considéré comme inaccessible. Alors que les régimes précédents gouvernaient d’une main de fer, réprimant la dissidence par la coercition, les arrestations et les déplacements, la région Somali contemporaine jouit d’une autonomie et d’une nouvelle capacité d’action. La population dispose désormais d’une voix légitime dans son administration, inscrite dans le cadre constitutionnel de l’Éthiopie. Au cours des six dernières années, la région a connu une ère de paix, de développement et de transformation sociale sans précédent. Pourtant, ces progrès durement acquis sont aujourd’hui au bord du gouffre, mis en péril par les machinations de ceux qui cherchent à les démanteler à leurs propres fins.

Les tensions croissantes entre le FNLO et le parti au pouvoir ne sont pas des phénomènes isolés ; elles sont alimentées par des intentions secrètes, tant nationales qu’internationales. Ces acteurs de l’ombre s’efforcent de propager les braises de la discorde vers le sud, semant le chaos et les conflits dans des régions qui jouissaient jusqu’ici d’une relative tranquillité. Leur objectif ultime est d’éroder la stabilité qui a facilité l’épanouissement de la région somalienne, en imitant la destruction infligée au nord. Le Dr Abiy et le Dr Maaday doivent maintenir une vigilance sans faille, résister à l’attrait de la division et au précipice d’un conflit inutile qui pourrait mettre en péril l’accord de paix historique. L’histoire abonde d’exemples de dirigeants qui, dans des moments de vulnérabilité, ont capitulé devant la séduction de la discorde, détruisant ainsi des décennies de progrès en succombant à des tentations éphémères.

La position stratégique de l’Éthiopie dans la Corne de l’Afrique la place au cœur d’une mosaïque géopolitique complexe. Les liens historiques et culturels entre l’Éthiopie et la Somalie, en particulier dans la région de l’Ogaden, sont profonds et durables. Ce lien, qui transcende les démarcations politiques, ne doit pas être rompu par les machinations de ceux qui cherchent à exploiter les différences à des fins personnelles. Le Dr Abiy a souvent évoqué le lien profond qui existe entre le peuple somalien et la région de l’Ogaden. Cette unité non seulement renforce l’Éthiopie, mais sert également de rempart contre les forces de division qui menacent de fragmenter la Corne de l’Afrique.

Malheureusement, de l’autre côté de la frontière, certains acteurs privilégient l’aventurisme téméraire au détriment d’une diplomatie judicieuse. Ces individus, en s’alignant sur des intérêts étrangers, mettent en péril non seulement la paix dans la région somalienne, mais aussi la stabilité de toute la Corne de l’Afrique. Dans cette conjoncture critique, les dirigeants éthiopiens et somaliens doivent transcender leurs griefs personnels et politiques et faire preuve d’un véritable sens de l’État en privilégiant le dialogue et la coopération plutôt que le conflit et le chaos.

La région somalienne ne doit jamais être réduite à un simple instrument au service des ambitions téméraires de quelques acteurs égoïstes. La paix durement gagnée et les progrès remarquables observés au cours des six dernières années ne sont pas le produit d’efforts isolés, mais l’aboutissement d’immenses sacrifices collectifs, du dévouement et de la persévérance de la population et des dirigeants. La récente médiation habile du gouvernement fédéral dans le conflit somalien-afar témoigne de l’efficacité d’un leadership constitutionnel rapide – un leadership qui, lorsqu’il est exercé avec sagacité et précision, peut éviter les crises les plus graves. C’est ce paradigme de gouvernance décisive que le Dr Abiy Ahmed et le Dr Abdirahman Mahdi Maaday doivent désormais adopter avec une vigueur renouvelée, réaffirmant leur engagement à préserver la paix fragile qui a permis à la région de prospérer.

Le sud du pays doit rester un bastion de paix et de stabilité, un symbole de l’unité et de l’harmonie que l’Éthiopie aspire à concrétiser. Toutes les forces malveillantes qui tentent d’attiser les flammes du conflit et de la destruction, tant au Sud qu’au Nord, doivent être résolument contrecarrées, leurs desseins insidieux dévoilés et anéantis. Leur vision sombre, imprégnée de division et de chaos, ne se matérialisera jamais. L’avenir de l’Éthiopie ne doit pas être compromis par ceux qui prospèrent sur la discorde ; il doit plutôt être dirigé vers un destin défini par la solidarité, le progrès et une tranquillité durable.

En conclusion, j’implore le peuple somalien de l’Ogaden de rester vigilant. Méfiez-vous de ceux qui se font passer pour les défenseurs de votre cause mais qui nourrissent des intentions d’enrichissement personnel à vos dépens. Ce sont des loups déguisés en agneaux, qui cherchent à déstabiliser la région sous couvert de gouvernance ou d’opposition. Notre peuple possède la sagesse et la force de caractère nécessaires pour discerner ces tromperies. Restez unis, résolus et toujours vigilants.

Je donne ce conseil au Dr Abiy Ahmed et au Dr Abdirahman Mahdi Maaday : les forces en jeu dans vos sphères d’influence respectives recèlent des risques importants. La poursuite d’ambitions politiques personnelles et étroites en ces temps précaires pourrait engendrer des conséquences dévastatrices. L’heure est venue de faire preuve de fermeté et de vigilance.

Mohamud A. Ahmed – Cagaweyne +251900644648

Note de l’éditeur : les opinions exprimées dans l’article ne reflètent pas nécessairement celles de Togolais.info

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